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Les pays de l’Organisation de la Coopération Islamique demandent des lois contre la “haine religieuse”

Brandie frénétiquement au-dessus de toutes les transgressions, dénigrements et incitations à la haine de l’islam, la liberté d’expression est une bannière flamboyante qui n’en finit plus d’être souillée par l’islamophobie, habilement déguisée en légitime critique ou raillerie de la religion.

Instrument de l’hypocrisie ambiante, le parfum toxique exhalé par cette liberté essentielle a récemment vicié l’air comme jamais, provoquant  une onde de choc planétaire, notamment au sein de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), qui exhorte à en user dorénavant avec un sens aigu de la «responsabilité ».

Le brûlot filmique anti-islam a été l’étincelle qui a fait exploser la poudrière de la manipulation des esprits, révélant la face la plus sombre de la liberté d’opinion. Très inquiets, les ministres des Affaires étrangères des 57 pays musulmans, membres de l’OCI, sont montés au créneau, en réclamant des lois contre l'incitation à la "haine religieuse",  selon un communiqué publié en marge de l'Assemblée générale de l’ONU à New York.

Ils ont lancé un vibrant appel aux gouvernements de par le monde afin de  "prendre toutes les mesures nécessaires, y compris par la loi, contre les actes qui incitent à la haine religieuse, à la discrimination et à la violence" fondées sur la religion. Ils ont dénoncé avec force  "l'intolérance, la discrimination, les stéréotypes négatifs, la stigmatisation, la haine religieuse et la violence contre les musulmans ainsi que le dénigrement de leur religion". Un brasier incandescent, destructeur et mortifère, ravivé dangereusement par le film infâme réalisé par des semeurs de chaos et les caricatures du prophète nées sous le crayon ordurier et vénal de Charlie Hebdo.

"Ces actes islamophobes contreviennent à la liberté de culte et de croyance garantie par les textes internationaux sur les droits de l'homme et ont gravement offensé" les musulmans dans le monde, selon le communiqué. "Nous reconnaissons l'importance de la liberté d'expression mais nous soulignons aussi qu'il faut s'assurer que cette liberté soit exercée par tous avec responsabilité", ont signé d'une seule main les ministres.

"L'augmentation inquiétante des actes qui diffament les religions, et donc les gens qui adhèrent à ces religions, a désormais des implications graves pour la paix et la sécurité internationales", a estimé, pour sa part, le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, dans un discours devant l'Assemblée. "Il est temps de considérer le dénigrement de toutes les religions et de leurs disciples comme un crime haineux et de prendre des mesures qui s'imposent", a-t-il déclaré.

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