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Les musulmans de Lorette rompent le jeûne devant leur mairie, blessés par “l’interdiction de rassemblement” municipale

Il ne fallait pas s’attendre à ce que le maire de la commune de Lorette, dans la Loire, exprime le moindre regret pour avoir déclenché une controverse éminemment préjudiciable à l’occasion du Ramadan, dont il préfère sous-estimer la nature offensante envers ses administrés musulmans en évoquant une « tempête dans un verre d’eau », et peu importe si l’illégalité de son arrêté municipal a été confirmée par un avocat !

« Le ramadan doit se faire sans bruit » et « La République doit se vivre à visage découvert », telles sont les deux accroches choc qui ont été exposées à la vue de tous et à l’effarement de la communauté musulmane locale, à la veille de la célébration du mois béni, sur des affiches lumineuses détournées allègrement de leur usage traditionnel, préalablement à la publication d’un arrêté municipal punitif qui en a choqué plus d’un : « Interdiction de rassemblement sur la place publique ».

Insensible à l’incompréhension et au profond ressentiment dont il est la cause, l’édile Gérard Tardy campe sans surprise sur ses positions, au grand dam de Omar Belbouab, président du Conseil théologique musulman de la Loire, qui  a souligné combien  "la communauté musulmane se sent heurtée". "Le moyen utilisé par le maire pour faire passer son message est disproportionné. Nous aurions préféré le voir et discuter avec les associations plutôt que d'afficher de tels propos", a-t-il vivement déploré.

Bravant l’interdit municipal qui leur a été imposé sans la moindre concertation par le premier magistrat de la cité, lequel est affilié au mouvement « Debout la France » de Nicolas Dupont-Aignan, plusieurs dizaines de musulmans ont décidé de rompre le jeûne près de l’Hôtel de Ville, à l’image de Sonia qui a fait part de son indignation à la presse locale : « Cet arrêté a fait peur à pas mal de monde, et pourtant, ce texte est illégal, on a demandé à un avocat ».

Alors que des agents de police sont rapidement arrivés sur place mais sans intervenir, celle-ci a insisté : « Le ramadan véhicule des valeurs d'humanité, de justice, de paix, de fraternité », tandis que Bouchra, membre de la coordination contre le racisme et l’islamophobie (CRI), précisait :  « Après le coucher du soleil, comme on a été très calmes, sans nourriture, on se rattrape un petit peu, un peu excités pour certains, plus en paix pour d'autres ».

« Les cloches font aussi du bruit quand elles sonnent !», s’est exclamé un habitant de Lorette, dénommé Carmelo, en proclamant une vérité qui heurtera bien des oreilles, tout en sonnant les cloches à l’élu de proximité par excellence dont il désapprouve la stigmatisation qui ne dit pas son nom d'une frange de la population, toujours la même…

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