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Les fervents opposants anti-mosquée font fermer la première mosquée de Tahiti

En fait de colliers de fleurs de Tiaré et de chants traditionnels au son du ukulélé, ce sont plutôt des poings levés et des slogans hostiles qui, en octobre dernier, ont accueilli l’annonce de l’ouverture de la première mosquée de Tahiti, brisant le mythe de la légendaire hospitalité de la Polynésie française que l’on croyait imperméable au blizzard islamophobe soufflant depuis la métropole.

Inoxydable, l’immense chaîne de l’intolérance religieuse formée par les détracteurs de l’islam abolit toutes les frontières, propageant son animosité rageuse par-delà les océans, jusqu’à Papeete, où les mêmes cris de ralliement anti-islam, les mêmes menaces de mort, en l’occurrence à l’encontre de l’imam Hishan el-Barkani, les mêmes manifestations bruyantes qui électrisent la France et l’Europe ont produit les mêmes effets néfastes : la fermeture du lieu de culte, trois jours après son inauguration qui a eu lieu lors de la célébration de l’Aïd-el Adha, privant ainsi les 500 musulmans de l’archipel de conditions dignes de recueillement.

Cédant à la pression, les autorités de la capitale tahitienne ont argué du prétexte fallacieux mais qui est d'usage en pareil cas, à Papeete comme à Paris, pour éviter de rendre des comptes : des locaux non conformes aux normes sécuritaires, comme le rapporte le site des Dômes et des Minarets.

On aurait pu croire que la capitulation de la mairie et les portes closes du lieu de culte musulman auraient suffit à faire regagner leurs pénates aux plus remontés des anti-mosquée. Que nenni ! Lundi dernier, ils étaient près de 400 polynésiens à déambuler de nouveau dans les rues, scandant leur opposition à l’ouverture, déjà très contrariée, de la mosquée locale, aux cris de « Non à la mosquée ! » accompagnée de sa variante : « Non à l’islam, non à l’imam ! », ou encore plus subtilement « La charia, faut pas charrier ! », « Touche pas à mon cochon », « Beurk burqa »…  Autant d'amabilités d'une grande finesse qui ont une résonance familière à nos oreilles, sous la baguette nerveuse d’un chef d’orchestre que l’on croirait tout droit arrivé de l’Hexagone !

Romain Bonnard, pour ne pas le nommer, est intarissable dès lors qu’il s’agit de justifier son aversion pour l’islam, s’inspirant de l’exemple métropolitain pour reprendre à son compte une rhétorique nauséabonde et importer la stigmatisation des musulmans. "Il s'agit de dire non à l'islamisme radical et d'informer le public de ce que l'islam et les excès de cette religion sont vraiment. Ce qui nous préoccupe le plus, c’est de voir ce qui se passe en France, l’insécurité générée à cause de cette religion et ceux qui la pratiquent", s’époumone l’agitateur de Papeete, fier de marcher sur les pas de ses homologues du pays des Lumières, dont le populisme est un flambeau qui n'éclaire que les ténèbres. 

    

 

 

 

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