in

Les acteurs du film anti-islam disent avoir été abusés, tandis que Sam Bacile est introuvable

L’effet de souffle de la puissante déflagration provoquée par le film anti-islam atteint aujourd'hui ceux par qui la galaxie arabe s’est embrasée, mais également les acteurs, dévastés, qui réalisent qu’ils ont été mêlés à leur insu à une œuvre pernicieuse de déstabilisation du monde, dans laquelle les Musulmans, quoi qu'ils fassent, avaient d’office le mauvais rôle.

Sous sa casquette de cinéaste qui sent le soufre, le dénommé Sam Bacile, israélo-américain, est introuvable depuis le décès de l’ambassadeur américain qui officiait en Libye. C'est tellement plus pratique comme ça ! Il aurait déserté la Californie pour se cacher loin de son domicile, selon les dires d’un de ses collaborateurs, quelque part, là où les incidences dramatiques de son long métrage ne hanteront pas ses pensées et ses nuits…

Derrière ce sinistre personnage qui s'est mis au vert, d’autres comparses sont impliqués, dont un copte pas très recommandable, Nakoula Basseley Nakoula, vivant dans la banlieue de Los Angeles, et qui n’est autre que le responsable de la société de production du film. Mercredi soir, les médias américains faisaient état de son casier judiciaire plus très vierge, et de ses démêlés avec la justice. Documents à l'appui, l'AFP a confirmé que ce triste sire a été condamné à 21 mois de prison en 2010 pour escroquerie bancaire.

Alors que le consultant du film, Steve Klein, tentait à tous les micros de tirer une petite larme aux Américains, en affirmant que son ami, le fugitif  Sam Bacile "est  bouleversé par le meurtre de l’ambassadeur", tout en assurant ne pas savoir où ce dernier se terre, l’équipe du film laissait éclater sa colère dans les colonnes du Los Angeles Times.

"Tous les acteurs et toute l'équipe sont bouleversés et ont l’impression d’avoir été exploités par le producteur", ont-ils écrit d'une seul main. "Nous sommes à 100% contre ce film et avons été grossièrement trompés sur ses intentions et objectifs.(…) Nous sommes choqués par les réécritures radicales du scénario et les mensonges proférés à toutes les personnes impliquées", ont-ils ajouté, avant de confier: "Nous sommes profondément attristés par les tragédies" survenues en Libye et en Egypte.

L’actrice Cindy Lee Garcia, qui interprète une femme dont la fille est proposée en mariage au Prophète, a déclaré qu’elle ignorait que le film fût une propagande anti-musulmane, précisant que des dialogues avaient été doublés après le tournage. Selon elle, "il n’y avait rien sur Mahomet ou les musulmans" dans le film qu’elle a tourné. Le doublage est parfaitement visible sur les 14 minutes du film diffusées sur internet, où des mots sont grossièrement insérés au beau milieu de séquences.

C’est un euphémisme que de dire que notre monde bouillonnant est assis sur un volcan, dont l’éruption menace constamment au gré des soubresauts de la géo-politique. Alors qui se cache vraiment derrière les auteurs de ce scénario catastrophe, ont-ils été la caméra armée d'influents commanditaires, ou ont-ils agi seuls en amateurs inconscients, mais bel et bien aveuglés par leur haine viscérale de l’islam et des musulmans ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Alain Soral égratigne Tariq Ramadan

La réforme du calendrier musulman: les termes du débat (1/3)