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Le sort judiciaire de Saïf al-Islam Kadhafi cristallise les tensions en Libye

Amnistie ou pas amnistie concernant Saïf al-Islam Kadhafi ? Telle est la question qui fâche actuellement en Libye, donnant lieu à des joutes oratoires enflammées entre le gouvernement d’union nationale, reconnu par la communauté internationale, qui depuis Tripoli martèle son refus de gracier le dauphin de feu Mouammar Kadhafi, lynché à mort à Syrte en octobre 2011, et le Parlement installé à Tobrouk, ennemi juré du Premier ministre Fayez el-Sarraj.

A quelle sauce sera donc mangé celui qui faisait figure d’héritier pressenti du défunt guide libyen, victime de la barbarie de la loi du Talion, à l’heure où s’écharpent par déclarations contradictoires interposées les deux autorités antagonistes de son pays ?

Echappera-t-il ou non à la condamnation à mort qui tomba sur lui comme un couperet à Tripoli, en juillet 2015, pour son rôle dans la répression meurtrière contre la révolte de 2011, alors même qu’il se trouve à Zenten, la région placée sous le contrôle du Parlement de Tobrouk, non plus derrière les barreaux, mais réfugié dans un lieu sûr, selon les dires controversés de ses avocats et du colonel Ajmi Al Otairi, chef de la brigade qui le détenait ?

Ajoutant à la confusion générale, les assertions de ce haut gradé, aujourd'hui en Tunisie, sont démenties catégoriquement par les autorités de Zenten qui ont assuré, vendredi dernier, que Saïf al-Islam est toujours leur prisonnier.

C’est peu dire que le sort du fils de Kadhadi cristallise les tensions jusqu’à déclencher les hostilités en haut lieu, les récents propos tenus par le chef de brigade Aboubakr Al Seddiq, chargé de sa surveillance, plaidant pour que la loi d’amnistie nationale puisse s'appliquer à son cas précis, ayant mis les nerfs à vif du gouvernement d’union nationale qui a aussitôt riposté en les condamnant fermement.

« Ces déclarations donnent l'impression qu'il est possible à tout auteur de crimes commis sous le régime déchu ou après son renversement, d'échapper à la sanction », a répliqué le gouvernement de Tripoli, assénant qu’il ne peut y avoir « de prescription pour les crimes contre l'humanité » dont doit répondre l'accusé. Et de poursuivre en enfonçant le clou : « Il n’y aura pas d’amnistie pour les crimes contre l’humanité ».

La réponse du camp rival de Zenten a pris la forme d’un document officiel signé conjointement par le conseil municipal, le conseil militaire révolutionnaire et le conseil social, affirmant que l’accusé « est toujours en prison » et « ne sera pas libéré quelles que soient les déclarations qu’on a pu entendre ». Son sort, précise le texte, « sera traité selon la loi » afin de respecter « les droits du peuple comme ceux de l’accusé lui-même ».

Quel dénouement judiciaire ressortira-t-il de ce dialogue de sourd ? Bien malin qui pourrait le dire…

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