Le «pro-consul » du Languedoc-Roussillon, feu l’indétrônable Georges Frêche, fut longtemps la plus piquante épine dans la roseraie du PS, bien démuni face à ce trublion omnipotent, souverain d’un fief tout acquis au socialisme, mais à la faconde raciste aussi intarissable qu’inacceptable.
Harkis, musulmans, ainsi que ses administrés sans distinction, "ces cons, auprès de qui je fais campagne et je ramasse des voix en masse", tous ont étéla cible de ses injures désinhibées, qui n’avaient cure de heurter les sensibilités, tant son clientélisme lui assurait un "règne à vie"…
L’imposante stature du stentor de la politique a quitté la scène de la vie fin 2010, et c’est aujourd’hui que le Sénat a voté à l’unanimité – hormis les communistes qui se sont abstenus – une proposition de loi présentée par l’UMP, par l’intermédiaire du sénateur de l’Hérault Raymond Couderc, pénalisant la diffamation et l'injure envers les Harkis.
La dimension politicienne de cette loi qui tombe à pic, à quelques encablures de la présidentielle, n’échappera à personne, même si sa portée est salutaire.
"Le texte est indispensable pour éviter que ne se reproduise l'impensable : les propos tenus par un élu de la République n'ont pas été condamnés", a souligné la rapporteure UMP Sophie Joissans dans une allusion à peine voilée à la saillie verbale de Georges Frêche, qui avait comparé les harkis à des "sous-hommes" en 2006.
On aurait aimé que la communauté musulmane de France soit également reconnue victime des déclarations publiques ignominieuses de l’empereur de Montpellier, qui ne fut jamais à court d’analogies ordurières à son encontre : "Analphabètes", "fanatiques", "primates", "nazis", "interdiction du port du foulard", "tunnel entre Montpellier et Ouerzazate", entre autres formules chocs… Dans ce louable combat législatif, même mû par un électoralisme invétéré, c’est l’expression politique de la haine à l’égard de l’ensemble de la communauté nationale qui devrait être réduite au silence.
Afin de fournir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations relatives à l'appareil. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou des identifiants uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.