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Le sauvetage de l’Europe vaut bien toutes les chinoiseries !

Que de chinoiseries au sommet de l’Europe, aurait-on pu s’exclamer devant le ballet frénétique des réunions de la dernière chance, sans savoir que l’on aurait vu juste !Car de cellules de crise en conciles sous haute tension, l’Europe, acculée par ses errements financiers, vient d’abattre sa dernière carte, qui, loin d’être un atout maître, pourrait dissimuler les chaînes de son futur assujettissement.

Le nouveau sauveur appelé au chevet de l’Europe exsangue est la toute-puissante Chine, que l’on imagine flattée dans son orgueil de voir les financiers occidentaux requérir ainsi sa contribution substantielle, telle une bouée de secours lancée à l’Union européenne en plein naufrage des dettes souveraines.

L’Empire du Milieu, qui est assis sur un douillet matelas de plus 3 000 milliards de dollars de réserve de change, n’avait pas attendu qu’on sollicite sa prodigalité pour poser des jalons en Grèce, en signant un contrat de concession à 3,3 milliards d’euros dans le port du Pirée, et ne fera vraisemblablement pas faux bond à l’Union européenne, d’autant plus que des contreparties sont à la clé…

Si la forme et le montant d’une intervention chinoise en Europe restent flous,la deuxième puissance mondiale est disposée à investir davantage en Europe à la condition d’être reconnue comme économie de marché, une requête de longue date mais restée lettre morte, qui abolirait les barrières tarifaires mises sur la route commerciale de ses produits.

Le Premier ministre chinois Wen Jiabao ne s’est pas privé d’un petit coup de semonce, au moment de réaffirmer le soutien de son pays dit émergent, mais à la manière d’une vague déferlante qui a chamboulé l’ordre mondial : « J’espère que les dirigeants des principaux pays européens envisageront avec courage leur relation à la Chine », a-t-il déclaré, avant de les inciter à prendre leurs responsabilités et à mettre de l’ordre chez eux par « des politiques efficaces et responsables ». A bon entendeur… !

Plus que jamais, on réalise combien l’indignation de nos dirigeants se mesure à l’aune de la realpolitik, et combien leur ingérence moralisatrice s’érige en devoir uniquement quand elle sert certains intérêts… Où est-elle passée la fameuse dictature chinoise, qu’il convenait pour Angela Merkel de boycotter, lors de la séance d’ouverture des Jeux Olympiques en 2008, cette dernière n’ayant pas eu de mots assez forts en 2007, lors de sa tournée en Asie, pour dénoncer « l’état dramatique des droits de l’Homme » ?

Qu’est-il devenu ce régime de la Terreur qui emprisonne son prix nobel de la Paix, l’intellectuel Liu Xiaobo, alors que Nicolas Sarkozy, dans un effet de manche grandiloquent, endossait en 2007 sa robe d’avocat des grandes causes : « Je serai le président des droits de l’Homme » clamait-il, juste après avoir promis d’être « le président du pouvoir d’achat » ?

Victime de l’Euro des technocrates et de sa gabegie, le sauvetage de l’Europe, aux allures de reddition, vaut bien toutes les chinoiseries, et au diable la morale ! Et comme se plaisait à persifler Coluche : ” Un technocrate, c’est un mec, tu lui donnes le désert, cinq ans après il achète du sable ailleurs !”

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