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Le peuple palestinien plus que jamais mobilisé pour la défense d’Al-Qods

L’entrée en vigueur du cessez-le-feu ne signifie malheureusement pas la fin des souffrances du peuple palestinien. En effet, 72 heures après l’arrêt de l’agression israélienne contre Gaza, les Palestiniens des territoires occupés, et tout particulièrement à Al-Qods, font face à une répression féroce. Cette répression vise à mettre fin au soulèvement pacifique du peuple palestinien, qui cherche à stopper les expulsions des familles palestiniennes du quartier de Cheikh Jarrah et à prévenir la prise d’assaut de la mosquée Al Aqsa par les groupes de colons extrémistes, des groupes qui agissent, faut-il le rappeler, avec la complicité des forces de l’ordre de l’occupant. 

Il ne faut pas oublier que la dernière agression en date contre Gaza fut déclenchée officiellement en réponse aux tirs de missiles de la résistance palestinienne, et que ces tirs avaient eu lieu en réponse à la violence qui s’est abattue sur les Palestiniens qui s’opposaient pacifiquement, depuis le début du Ramadan, aux tentatives d’expulsion qui visaient plusieurs familles palestiniennes au profit de colons juifs. Ces expulsions, qui furent le détonateur du conflit, sont toujours d’actualité dans le cadre du projet de judaïsation de Jérusalem-est. C’est ce qui explique que malgré le cessez-le-feu à Gaza, le peuple palestinien continue son soulèvement à Al-Qods et dans les autres territoires occupés, dans ce qui s’apparente de fait à une nouvelle intifada. L’occupant israélien continue de répondre par la seule méthode qu’il connaisse : la répression. Aux milliers de blessés enregistrés durant ces deux dernières semaines, il faut ajouter les dizaines de blessés et d’arrestations comptabilisées depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. 

Si le soulèvement actuel du peuple palestinien en défense d’Al-Qods s’explique notamment par la charge symbolique de cette ville sainte, il ne faut pas oublier que la mobilisation, en vue d’empêcher la judaïsation et l’annexion pure et simple de Jérusalem-est, cristallise aujourd’hui le combat du peuple palestinien en vue d’en finir avec la colonisation qui constitue, faut-il le rappeler, le principal obstacle à la paix dans la région.

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C’est pourquoi l’élan de solidarité internationale qui s’est exprimé récemment contre l’agression israélienne contre Gaza doit absolument continuer aujourd’hui, en vue d’accompagner la nouvelle intifada palestinienne qui constitue, à n’en pas douter, la seule voie permettant au peuple palestinien de recouvrer ses droits nationaux inaliénables et sa terre spoliée.

Le soulèvement du peuple palestinien à Al-Qods et dans les autres territoires occupés mérite d’autant plus le soutien de toutes les forces éprises de liberté de par le monde qu’il est obligé de faire face à des manœuvres politiques et diplomatiques scélérates, de la part des mêmes puissances qui ont donné le feu vert à l’occupant israélien de pratiquer sa politique de colonisation et d’expulsion, et de mener sa guerre d’agression contre Gaza. En effet, les manœuvres diplomatiques américaines qui appellent soi-disant à reconstruire Gaza, mais qui se concentrent dans les faits sur les pressions exercées sur l’Autorité palestinienne et les autres alliés arabes (Egypte, Qatar, Jordanie), en vue d’isoler et de désarmer la résistance palestinienne pour préparer le terrain à un processus de négociation biaisé. Un processus, qui ne saurait déboucher sur une  paix juste et durable, dans la mesure où il s’agira une fois de plus d’un processus fondé sur la négation des droits nationaux légitimes du peuple palestinien.

Les avant-gardes du peuple palestinien semblent conscientes de tous ces enjeux et semblent désormais parier sur l’intifada du peuple palestinien pour rappeler à leurs dirigeants respectifs, toutes tendances confondues, que l’heure n’est plus aux compromissions ni aux divisions secondaires qui ne servent pas la cause palestinienne. 

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La mobilisation populaire sur le terrain ne signifie pas que la lutte sur le front diplomatique est moindre. Les dirigeants de la résistance palestinienne sont pleinement engagés sur ce front, en vue de mettre en échec les projets visant à redonner une seconde vie à l’ « Accord du siècle » qui a sans doute été fragilisé par les derniers développements du conflit, mais l’Administration Biden tarde à rendre public son acte de décès. La résistance palestinienne saura exploiter toutes les opportunités diplomatiques qui se présentent dans le cadre de l’évolution contradictoire d’un ordre régional en mutation. Outre le soutien intéressé des puissances régionales comme l’Iran, la Turquie et le Qatar, la résistance palestinienne a su exploiter, comme il se doit, le repositionnement diplomatique d’un acteur régional de premier plan, à savoir l’Egypte, qui a enfin compris que la « normalisation » arabo-israélienne visait également à porter atteinte à ses intérêts stratégiques vitaux, comme l’illustrent les projets israélo-émiratis en vue de construire des voies commerciales alternatives et un nouveau gazoduc reliant directement les ports du Golfe à l’Europe, en passant par Israël, contournant ainsi le canal de Suez.

Mais pour relever les défis tant politiques que diplomatiques auxquels il est confronté dans cette étape décisive, le peuple palestinien a besoin plus que jamais de préserver son unité nationale, par-dessus les différences idéologiques et politiques qui distinguent les diverses composantes de la résistance palestinienne. Les Américains, qui continuent de classer le Hamas comme une organisation « terroriste », n’ont qu’un seul but : diviser et affaiblir la résistance palestinienne, et pousser le Hamas à reconnaître l’Etat d’Israël sans contrepartie substantielle. Mais les Américains seront bien obligés, tôt ou tard, de réviser leur copie, tant les tendances géopolitiques à l’œuvre dans la région vont dans ce sens. De son côté, l’Europe, par la bouche d’Angela Merkel, vient de reconnaître que le Hamas fait partie de la solution et qu’il faut bien envisager de négocier « indirectement » avec lui, ce qui dénote une petite évolution à mettre à l’actif de la résistance palestinienne, dont la détermination a fini par faire redécouvrir aux Européens le sens perdu de la réalité. 

Bien entendu, Américains, Israéliens, Européens et Arabes continuent à s’accrocher à l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, tant elle leur paraît le seul gage pour imposer un ordre géopolitique scélérat contre la volonté de tous les peuples de la région, à commencer par le peuple palestinien. Mais quand on a vu comment les Palestiniens de Cisjordanie ont communié avec la résistance armée de Gaza, dès les premières minutes qui ont suivi la proclamation du cessez-le-feu, qui peut encore parier longtemps sur l’Autorité de Ramallah ? Les militants du Fatah, eux-mêmes, n’ont pas hésité à saluer leurs frères du Hamas et demander la réconciliation et l’entente nationale. Ce ne sont pas des appels idéalistes à l’union qui imposeront ce choix stratégique. Ce sont les rudes exigences d’une lutte qui est obligée de faire face à un ennemi grisé par l’impunité internationale que lui assure ses alliés américains. Au demeurant, ce n’est pas le Hamas qui est à l’origine du discrédit qui frappe aujourd’hui l’Autorité de Ramallah. C’est le mépris de l’occupant israélien lui-même, qui a fini par dévoiler au grand jour combien la servilité est toujours mal récompensée par les puissants de ce monde. C’est pourquoi, si elle ne veut pas finir dans les poubelles de l’Histoire, l’Autorité palestinienne sera tôt ou tard appelée à répondre aux appels émanant de la jeunesse palestinienne, en se conformant notamment à la volonté populaire dans tout processus de négociation futur, et en s’appuyant sur la résistance palestinienne au lieu de lui tourner le dos.

Quelles que soient les formes et les modalités qui permettront d’atteindre pacifiquement et démocratiquement cet objectif, l’important est que les Palestiniens sachent éviter tous les pièges tendus en vue de les diviser et continuer leur marche unitaire et irrépressible vers la libération, sur tous les fronts, social , politique et diplomatique. Pour cela, ils ont une boussole magnifique. Elle s’appelle Al Qods !  

 

 

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