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Le film dédié au Prophète, présenté en avant-première au Festival international de Téhéran

Plus de cinq ans après avoir couché sur le papier la trame de son récit extraordinaire, et donné le clap du début de tournage à sa trilogie ambitieuse, et ce à l’abri des regards indiscrets, curieux ou réprobateurs, Majid Majidi, le célèbre réalisateur iranien, a enfin révélé le fruit de son travail dédié à un homme d’exception, le Prophète Muhammad (saws), sur la grande scène du festival international du film de Fajr, à Téhéran.

Projetée dimanche lors de la cérémonie d’ouverture, la première partie du biopic événement « Muhammad, le Messager de Dieu », dont le budget conséquent (30 millions de dollars), à l’aune d’une œuvre qui se veut magistrale, en fait pour l’heure le deuxième film le plus onéreux consacré au grand homme de l’islam – le premier « Le Message » ayant été réalisé par Moustapha Akkad en 1976 – a pris une longueur d’avance sur le projet similaire du Qatar, soutenu par le producteur américain du "Seigneur des Anneaux", Barrie Ostborne, qui, lui, s’annonce pharaonique s’il l’on en juge par son coût à couper le souffle : 1 milliard de dollars !

Unique, incomparable et inviolable, la vie du Prophète ainsi mise en lumière sur grand écran, et parrainée par la République d’Iran qui a récemment condamné avec force le dernier numéro de Charlie Hebdo, ne pouvait décemment pas être mise en compétition, et c’est pour mieux préserver sa dignité que le film grandiose qui l’a mise en scène a été présenté en avant-première, en dehors de toute course triviale à des palmes qui lui auraient fait injure.

Derrière sa caméra très inspirée par la prime jeunesse de la figure vénérée de l’islam, Majid Majidi s’est attaché à remonter le temps jusqu’à la naissance de Muhammad, faisant revivre ses douze premières années cruciales, en veillant à ne pas montrer son visage à l’écran, grâce à un jeu de lumière qui magnifie sa non représentation. Ce premier volet filmique se conclut en apothéose, sur la rencontre en Syrie, historique et particulièrement troublante, entre le jeune garçon de 10 à 12 ans qu’est alors Muhammad, et Bahira, le moine chrétien arabe, qui va discerner en lui le futur Prophète, et lui prédire qu'il sera le « dernier Prophète ».

Alors que le film peut compter sur un soutien de poids en la personne de l'ayatollah Ali Khamenei, lequel, en octobre 2012, avait dérogé à son agenda officiel pour se rendre sur les lieux du tournage, au cœur de la ville sainte de Qom, où des répliques géantes de La Mecque et de Médine transposaient les visiteurs au sixième siècle, son auteur, Majid Majidi, fourbit ses arguments au fil des conférences de presse, afin de parer à toutes critiques, d’où qu’elles viennent, à l’approche d’une grande sortie internationale prévue en mars prochain.

Assurant avoir consulté des savants chiites et sunnites avant de se lancer dans cette aventure exaltante mais aussi périlleuse, le cinéaste iranien, soucieux de revaloriser l’image de l’islam dans le monde en la présentant avec la droiture et la grandeur qui la caractérisent, a expliqué récemment son parti pris scénaristique : "Nous avons choisi une période de la vie du Prophète au sujet de laquelle il n’existe aucune différence majeure d’interprétation entre les différents chercheurs et les groupes chiites et sunnites", soulignant: "Nous avons fait ce film en vue de favoriser l’unité du monde musulman."

Une gageure pour l’artiste et pour l’Iranien qu’il est tout à la fois ? Un défi de taille, ça oui indéniablement, mais rien ne l’aurait fait renoncer, pas même les coups de semonce réitérés en provenance d'Egypte, depuis la prestigieuse Université Al-Azhar, dont les hauts dignitaires, craignant de voir l’image du Prophète altérée, n’ont cessé d’enjoindre l’Iran à ne pas diffuser le film dans les salles obscures. "Je suis au courant de leurs préoccupations, nous avons nos propres sensibilités religieuses, mais je me demande pourquoi ils critiquent avant de l’avoir vu de leurs propres yeux", a déploré dernièrement Majid Majidi, qui ne demande qu’à être jugé sur pièces, en Orient comme en Occident.

 

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