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L’appel à la prière résonne à Iqaluit, depuis la mosquée la plus au nord du Canada

Depuis deux ans, la voix mélodieuse de Ahmad Abdoul résonne à Iqaluit, la cité phare du Nunavut, le plus vaste des territoires canadiens, appelant les fidèles à la prière de midi dans une contrée qui, pour être recouverte d’un blanc manteau pendant huit mois de l’année, s’avère bien moins frileuse que les nôtres envers les modulations nuancées de l’Adhan.
Dans ce paysage enneigé, où émergent des bancs de neige et des icebergs au bord de l’océan Arctique, est sortie de terre, en 2016, la mosquée la plus au nord du pays de l’érable, sans susciter les sempiternelles polémiques passionnelles qui embrasent les esprits de nos régions, en théorie, moins glaciales…
A Iqaluit, cette ville paisible, sans bruit et sans bouchons, il est facile de rompre la glace avec la population non musulmane, pour le plus grand bonheur de Ahmad Abdoul qui ne regrette rien de sa vie antérieure passée dans le sud, à Montréal.

« J’étais venu ici, juste pour essayer d’y vivre quelques mois. Et puis les mois ont passé… et aujourd’hui, ça fait deux ans », explique-t-il, irradiant de sérénité, même s’il doit cumuler deux emplois pour assurer la subsistance de sa famille. « J’ai besoin de deux jobs ici. Je travaille à la prison fédérale et je suis également chauffeur de taxi à temps partiel. Mais la qualité de vie et les relations humaines y sont incomparables », souligne-t-il, en esquissant un large sourire.
Côtoyant le clocher de l’imposante et très originale église anglicane, construite en forme d’igloo, la mosquée bleu-turquoise d’Iqaluit, typique de l’architecture locale et flanquée d’un petit minaret blanc qui s’élève vers le firmament, laisse ses portes grandes ouvertes aux habitants de toutes origines et confessions, qu’ils soient Inuits, non-autochtones, métis, chrétiens ou pas, à l’image de Jason, un habitué des lieux.
« Les musulmans sont très actifs dans notre communauté et sont appréciés de tous. Ils donnent beaucoup aux banques alimentaires de la ville et aident plusieurs personnes dans le besoin », a-t-il déclaré au journal de Montréal au sortir de la messe, en se réjouissant de la qualité des échanges interreligieux qui se sont tissés au fil des ans, sur la passerelle consolidée du vivre-ensemble.
Une satisfaction que partage pleinement Sidakha Ali, le premier musulman à avoir posé ses bagages à Iqaluit il y a plus de 20 ans, après avoir quitté son Pakistan natal. « Les gens ici sont très accueillants. Ils nous font sentir que nous sommes chez nous », a confié, plein de gratitude, celui qui, bien qu’étranger à cette terre et y ayant vécu esseulé pendant plusieurs années, y a reçu un accueil des plus fraternels dès son arrivée.
Entouré désormais de plus d’une centaine de ses coreligionnaires, celui-ci éprouve un plaisir renouvelé quand s’élève la voix claire de Ahmad Abdoul, le muezzin de la petite mosquée qui se dresse au nord du 63e parallèle, là où il n’y a pas de minaret de la discorde.
 
 

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