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La vente aux enchères consacrée à des objets de torture de l’Algérie coloniale annulée

Une vente aux enchères qui vend son âme au diable, à l’approche de la célébration du Cinquantenaire de l’Indépendance de l’Algérie, ce serait le comble de l’abjection, et pourtant elle a bien failli avoir lieu, sous les ors de l’hôtel parisien Salomon de Rothschild.

Sous un titre littéraire « Peines et châtiments d’autrefois» se dissimulait un évènement dépourvu de tout lyrisme, mais empreint d’un mercantilisme cynique, qui s’apprêtait, le 3 avril, à exposer et à monnayer des instruments de torture, exhumés du douloureux passé algérien.

Ne craignant pas de faire ressurgir le spectre du bourreau français de sinistre mémoire, Fernand Meyssonnier, auteur de plus de 200 exécutions en Algérie de 1947 à 1958, la manifestation devait  céder aux plus offrants une panoplie qui a du sang dans ses rouages – guillotine, écrase-mains, entraves, cordes d’exécution, etc., plus de 350 objets de sévices allaient être offerts à tous les regards, afin d’attiser les plus viles convoitises.

Si  tous les nostalgiques des châtiments d’un autre âge, et de l’Algérie coloniale, exultaient à l’idée de se repaître de cet étalage d’engins de mort, la levée de boucliers de différentes personnalités et associations des droits de l’Homme, contre la tenue d’une telle opération, aura mis fin, avant qu'il ne commence, au triste spectacle de leur réjouissance.La vente aux enchères des salons feutrés du parisianisme, dont l’ignominie ravivait un passéisme encore très présent, a fait long feu.

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