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La donation de 5 000 € de l’évêque d’Auch pour reconstruire la mosquée locale sous le feu des critiques

Tout à sa joie de faire le bien autour de lui, l’évêque d’Auch, Mgr Maurice Gardés, n’a pas fait que des heureux au sein de son diocèse du Gers… Mû par la seule grandeur d’âme de la charité chrétienne, ce haut dignitaire religieux catholique n’avait certes pas anticipé le feu nourri de critiques internes que déclencherait la généreuse donation de 5 000 € consentie à la mosquée locale, dévastée par des flammes criminelles à la consternation générale, dans la nuit du 21 au 22  août dernier, afin de contribuer à sa reconstruction.

La mosquée d’Auch avant l’incendie criminel

« La charité ne connaît pas de frontières », se plaisait à répéter ce dernier, persuadé du bien-fondé de ce beau geste financier consolidant les liens interreligieux dans une ville sans tensions particulières, où il fait plutôt bon vivre. Comment imaginer, dès lors, que cet élan de solidarité venant tout droit du cœur pour faire rempart contre la haine susciterait stupeur et reproches parmi ses paroissiens ? Pour nombre d’entre eux en effet, il est inconcevable que l’argent du denier du culte profite à d’autres causes qu’aux oeuvres de l’Eglise.

Les graves dégâts causés par un acte islamophobe intolérable en France

Incomprise de tous, la générosité manifestée par le diocèse du Gers se voulait être pourtant de bon augure, parée de vertus et de bienfaits, sous un ciel où s’amoncellent les nuages noirs de l’intolérance. “Ce don est une manière de montrer notre solidarité envers la communauté musulmane, que nous côtoyons, mais aussi de condamner fermement cet acte criminel”, a expliqué le Père Christian Delarbre, vicaire général, se croyant porteur d’une grande et bonne nouvelle. 

“Ce geste a une portée symbolique : montrer qu’on est choqués, comme croyants, de voir qu’on s’attaque à un lieu de culte. L’islam est une religion avec laquelle nous souhaitons construire une société juste et fraternelle», a-t-il insisté, en annonçant par ailleurs le don de 12 000 € remis à l’Œuvre d’Orient « pour les chrétiens persécutés ».

Reprochant au diocèse du Gers d’avoir joint le geste à la parole, Annie Laurent, spécialiste de l’islam, aurait nettement préféré que l’on s’en tienne localement à l’expression de la compassion et de la solidarité émise par la Conférence des évêques de France, qui a condamné “avec fermeté cet acte lâche et absurde” et renouvelé son “entier soutien à la communauté musulmane“, plutôt que de mettre la main à la poche, et en l’occurrence de puiser dans la caisse de l’Eglise… “Il aurait été plus juste de s’en tenir à des paroles de sympathie envers les musulmans, c’est important, car ils sont nos frères en humanité”, a-t-elle martelé.

Quand un geste aussi simple, pur et noble que venir en aide à son prochain soulève moult questions dans une France à l’esprit décidément bien torturé dès qu’il s’agit d’islam, cela donne les interrogations, source de crispations, posées par cette experte de la deuxième religion de France, parmi lesquelles on retiendra : “Si l’Église finance la reconstruction d’une mosquée, il y a un risque d’entretenir la confusion, le relativisme. Car le message coranique est orienté à discréditer les grands mystères chrétiens de l’Incarnation, de la Trinité, de la Rédemption, de la résurrection de Jésus, etc. ”.

 

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