Kebchi Solidarity redonne sens à l'Aïd al-Adha en alliant sacrifice, éthique et solidarité envers les plus démunis.
Pourquoi lire cet article :
- Découvrez comment Kebchi Solidarity transforme le rituel du sacrifice en un acte de partage et de solidarité.
- Comprenez l'importance de l'éthique et de la transparence dans les pratiques de l'Aïd al-Adha.
Derrière Kebchi Solidarity, il y a une idée simple : redonner au sacrifice de l’Aïd al-Adha son vrai sens. Celui du don, du lien avec Dieu et du partage avec les plus pauvres. Fondée par Younès. , ingénieur de métier et imam engagé en région parisienne, l’association propose une alternative éthique, claire et profondément ancrée dans la tradition spirituelle.
Redonner du sens au sacrifice. Voilà ce qui anime Kebchi Solidarity, une association fondée par Younès, ingénieur et imam en région parisienne. Dans un contexte où l’Aïd al-Adha perd parfois de sa profondeur, Kebchi propose une alternative à la fois spirituelle, éthique et solidaire.
Offrir un cadre clair, conforme et accessible
Chaque année, les musulmans d’Europe font face aux mêmes obstacles : peu d’abattoirs agréés, conditions sanitaires complexes, offres commerciales souvent opaques, et un sentiment croissant de déconnexion avec le sens de l’Aïd.
Face à cela, Kebchi Solidarity, offre deux possibilités : commander un mouton pour une livraison en France, conforme aux normes religieuses et sanitaires, ou confier son sacrifice à l’association pour qu’il soit réalisé en Afrique, au profit des plus pauvres.
« Ce que nous voulons, c’est permettre aux musulmans de vivre pleinement le rituel du sacrifice, tout en ravivant l’esprit du sacrifice d’Ibrahim, fait de don sincère et d’attachement à Dieu », explique Younès.
À Madagascar, une solidarité concrète
L’action de Kebchi Solidarity, prend tout son sens là où les besoins sont les plus criants. À Madagascar notamment, les distributions de viande sont attendues avec ferveur. Pour beaucoup, c’est l’unique occasion de l’année de manger de la viande.
« Il y a des villages où les gens mangent de la viande une fois par an, quand nous la leur apportons. Certains marchent deux jours pour venir. Nous avons vu des scènes d’émeutes tant la faim est forte », témoigne-t-il.

Transparence et rigueur : des engagements assumés
Pour gagner la confiance des donateurs, Kebchi Solidarity, mise sur la clarté. Chaque sacrifice donne lieu à une vidéo personnalisée, à des photos des distributions, à des données précises de traçabilité. Tout est fait pour sortir d’une logique floue, souvent critiquée dans ce domaine.
« Nous avons fait le choix d’un modèle non lucratif inspiré du waqf », précise Younès « Aucun des membres fondateurs ne perçoit de salaire. Tous les bénéfices sont réinvestis. Nous avons aussi fait le choix de ne jamais exploiter la misère humaine pour faire du marketing. »
En plus du sacrifice, Kebchi Solidarity, mène sur place de nombreux projets : construction de puits, reboisement, parrainage d’orphelins, aide alimentaire…
Une ambition pour la France : former, structurer, transmettre
Kebchi Solidarity, porte aussi une vision à long terme. L’association milite pour la création d’abattoirs temporaires rattachés aux mosquées, afin de rendre possible un Aïd à la fois festif, encadré et fidèle à l’éthique islamique.
« L’objectif, c’est que les musulmans puissent célébrer leur Aïd dans la joie, la sérénité et le respect de l’éthique islamique », affirme Younès « L’État ne nous empêche pas de pratiquer notre religion, il demande simplement que l’on respecte certaines règles. Et cela, l’islam l’exige aussi : bien-être animal, hygiène, responsabilité. C’est même ce que nous a enseigné le Prophète ﷺ », poursuit-il.
Loin des caricatures, Kebchi Solidarity, défend une pratique ancrée dans la tradition abrahamique et en phase avec les exigences sanitaires et éthiques contemporaines.
« Ce que la loi demande, l’islam l’a déjà prescrit. Notre cap : former, sensibiliser, implanter des abattoirs temporaires et faire de l’Aïd une fête communautaire, visible et porteuse de sens. »
Un retour au sens face à la logique commerciale
Dans un environnement saturé de publicités et de campagnes “express”, Kebchi Solidarity, rappelle que le sacrifice n’est pas une simple formalité religieuse.
« On ne sacrifie pas pour se débarrasser d’une obligation. On sacrifie pour se rapprocher de Dieu, pour partager, pour réconcilier. Ce jour doit rester spécial, même pour nos enfants », insiste Younès.
Kebchi Solidarity, invite ainsi à vivre pleinement ce moment : choisir son mouton avec soin, y mettre l’intention, comprendre le geste, et quand c’est possible, y assister.
Une spiritualité vivante, ouverte sur le monde
Pour Kebchi Solidarity, l’Aïd ne s’arrête pas aux rites. Il est l’occasion d’incarner une foi tournée vers les autres, et non repliée sur elle-même.
« Le Prophète ﷺ était aimé même de ses ennemis. Il transformait la société autour de lui par sa bonté. C’est cela, notre idéal », confie Younès.
Distribuer de la viande, offrir un gâteau à ses voisins, parrainer un orphelin ou financer un puits… autant de gestes simples qui redonnent vie à l’esprit du sacrifice.
Une réponse attendue par la jeunesse
Cette vision séduit particulièrement les jeunes générations, souvent en quête de sens et de cohérence entre leur foi et leur engagement.
« Les jeunes ne veulent plus simplement “faire leur Aïd” par automatisme. Ils veulent comprendre, s’impliquer, agir. Nous leur donnons les moyens d’être acteurs de leur spiritualité et de leur solidarité », souligne Younès.



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