Le plan de Trump pour Gaza suscite des inquiétudes quant à l'expulsion des Palestiniens et à la création d'une station balnéaire.
Pourquoi lire cet article :
- Comprendre les implications du projet de Trump sur la population palestinienne.
- Analyser les réactions internationales face à cette proposition controversée.
Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou ne pouvait pas cacher son euphorie devant un Donald Trump qui allait au-devant des désirs les plus fous de l’extrême-droite suprémaciste israélienne.
Vider Gaza de ses habitants pour construire une grande station balnéaire
Trump n’a pas hésité à proposer de vider Gaza de sa population et de construire sur cette bande côtière ce qu’il a appelé la Riviera du Moyen Orient.
« Il pourrait s’agir de sites nombreux ou ce pourrait être un grand site. Mais les gens pourraient vivre dans le confort et la paix, et on va s’assurer que quelque chose de spectaculaire soit fait » a affirmé le président américain.
Mais c’est qui les « gens » dont parle Trump et qui vont avoir la chance de profiter des délices de ce nouveau paradis sur terre ? Des « gens du monde entier », en d’autres termes des riches à la recherche d’un joli coin au soleil. Mais les Palestiniens ne sont pas prévus au programme puisque Trump a décidé pour eux qu’il vaut mieux qu’ils quittent l’enclave.
Pour partir où ? Trump ne l’a pas précisé. Il y a une semaine, il avait suggéré que l’Egypte et la Jordanie devraient accueillir une partie de ces Palestiniens forcés à l’exode. Mais devant le refus de ces deux pays, Trump ne désespère pas de les voir changer d’avis et a affirmé que dans le cas contraire, d’autres pays, qu’il n’a pas nommés, accepteront d’accueillir les Palestiniens.
Après avoir vidé Gaza de sa population, Trump compte mettre la main sur l’enclave pour y réaliser son projet d’un grand site touristique qu’il promet « meilleur que Monaco ». On ne sait pas si c’est le président de la plus grande puissance mondiale ou c’est l’ancien magnat de l’immobilier qui parle. Il y a environ un an, son gendre et conseiller, Jared Kushner, avait tenu un discours similaire et n’a pas caché son désir de transformer Gaza en station balnéaire.
Trump ne pouvait pas être plus clair : « Les Etats-Unis vont prendre le contrôle de la bande de Gaza ». Et pour bien préciser la nature privative du projet il n’a pas hésité à parler d’une « situation de propriété sur le long terme »
« Nous la posséderons et serons responsables du démantèlement de toutes les bombes dangereuses qui n’ont pas explosé et de toutes les armes » en vue d’« aplanir la zone et se débarrasser des bâtiments détruits » pour reconstruire à la place ce qui sera le nouveau Monaco du Moyen Orient, ouvert à tous les riches du monde sauf aux Palestiniens.
Les réactions régionales et internationales
L’Arabie saoudite sur laquelle Trump et Netanyahou comptent visiblement pour jeter les bases de leur « nouveau Moyen Orient » ne semble pas enthousiaste à l’idée de participer à un plan aussi fou qui ne saurait être sans conséquences sur sa propre stabilité interne.
Dans sa réaction à chaud aux déclarations de Trump, le ministère saoudien des affaires étrangères a tenu a tenu à prendre ses distances avec ce plan : « Le ministère des affaires étrangères affirme que la position du royaume d’Arabie saoudite sur la création d’un Etat palestinien est une position ferme et inébranlable. » « Le royaume d’Arabie saoudite répète également sa déclaration antérieure de rejet absolu de toute atteinte aux droits légitimes du peuple palestinien, que ce soit par le biais de politiques de colonisation israéliennes, de l’annexion de terres palestiniennes ou de tentatives de déplacer le peuple palestinien de ses terres, précise le communiqué.
« La déclaration de Trump sur Gaza est inacceptable », a déclaré de son côté le ministre des affaires étrangères turc, Hakan Fidan alors que son homologue égyptien, Badr Abd Elatti a appelé à accélérer la reconstruction de Gaza sans déplacer ses habitants.
La Chine, la Russie, la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne ont officiellement exprimé leur opposition à tout plan de déplacement forcé des populations de Gaza et ont réitéré leur position en faveur de la solution de deux Etats.
Mais que feront ces puissances concrètement pour faire avorter le plan de Trump et jusqu’où iront-elles dans leur opposition aux Etats-Unis si ces derniers décidaient de faire passer en force leur sinistre projet ?
Le plus à craindre est qu’en l’absence de consensus international autour de son plan, Trump se venge en donnant le feu vert au gouvernement israélien en vue de finir son entreprise génocidaire à Gaza et plus tard en Cisjordanie.
La seconde étape du cessez-le-feu à Gaza risque de ne jamais voir le jour à la grande satisfaction des faucons de l’extrême-droite israélienne qui ne cache pas sa volonté de reprendre la guerre au plus vite.
Si une telle perspective funeste venait à se dessiner, la communauté internationale restera-t-elle aussi impuissante que lors des 15 mois de guerre que Gaza a du subir dans la solitude totale ?
La guerre économique livrée au monde entier, le chantage exercé sur l’Ukraine sommée de mettre en garantie ses terres rares, et les menaces d’intervention militaire brandies par Trump contre le Groeland et Panama, vont-elles enfin pousser les autres puissances à fixer une limite au locataire de la Maison-Blanche ?
Amertume et colère des Palestiniens
On imagine à peine l’amertume et la colère des Palestiniens de Gaza qui n’ont pas fini de panser les blessures et les traumatismes de 15 mois d’une guerre dévastatrice. Les propos de Trump viennent conforter les intentions du gouvernement israélien et de ses alliés de l’extrême-droite suprémaciste juive qui ne désespère pas de chasser les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza de leur terre pour réaliser le rêve du Grand Israël.
Les propos de Trump augurent malheureusement de jours sombres pour les Palestiniens aussi bien de Gaza que de Cisjordanie dont un tiers est en voie d’annexion pure et simple avec en perspective – là également – l’expulsion massive de plusieurs centaines de milliers d’habitants.
La seule consolation qui reste aux Palestiniens est paradoxalement le fait que le plan de Trump est tellement fou et excessif qu’il risque pour cette raison de butter sur des réalités démographiques, politiques et diplomatiques incompressibles.
Dans l’état actuel des choses, on voit mal comment réaliser l’exode de près de 2 millions de Palestiniens de Gaza, sans compter ceux qui seront expulsés de Cisjordanie, sans un usage démesuré de la force militaire et sans le risque de perpétrer un génocide effroyable dont on ne peut prévoir les conséquences déstabilisatrices sur l’ensemble de la région.
Que peuvent faire les Palestiniens ?
Les Palestiniens dont les responsables ont réaffirmé leur détermination à s’accrocher – coûte que coûte- à leur terre et à leur droit à l’établissement d’un Etat indépendant, ne peuvent hélas compter avant tout que sur eux-mêmes.
Le défi lancé par le président américain est peut=être un mal pour un bien. Le rapport des forces est tel malheureusement que ni le courage ni la bravoure des combattants palestiniens ne sauraient peser efficacement dans la balance qui devrait décider de l’issue des batailles dont dépend la survie de tout un peuple.
Que vont faire les Palestiniens face au risque réel d’une nouvelle nakba, peut-être plus décisive que celle de 1948 ? Auront-ils le temps et la force de réviser le modèle de libération qui a consisté jusqu’ici à privilégier la lutte armée d’une minorité active soutenue par le peuple qui risque de ne pas à la hauteur des défis posés par une adversité sans pareil ?
La jeunesse palestinienne aura-t-elle la force de s’engager dans une nouvelle intifada généralisée aussi bien à Gaza qu’en Cisjordanie sans laquelle il est difficile d’envisager le futur immédiat d’un peuple qui a eu le malheureux de se retrouver plongé au cœur d’un conflit géopolitique et culturel mondial qui le dépasse de loin ?
En tout état de cause, l’humanité est avertie. Moins d’un mois après son investiture, le président de la plus grande puissance internationale vient de montrer combien est dangereux et explosif pour la paix mondiale le mélange entre l’appât du gain, l’ivresse que procure la force et le messianisme religieux aux relents apocalyptiques qui risque de renvoyer l’humanité aux âges sombres que l’on croyait à jamais révolus.



Que dire? Faut-il critiquer Trump ou Israël ou bien les 20 pays arabes qui n’arrivent pas à se mettre d’accord sauf quand il s’agit de maltraiter leurs populations et de les fourrer en prison?
La solution aurait été que les pays arabes déploient une occupation militaire par la mer afin de sécuriser la bande de gaza , ce qui aurait empêcher cette catastrophe. Mais bon , les musulmans eux mêmes te traitent de fou quand tu annonces cela.
Et bien tant pis , soyons des spectateurs.