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Hunger Games à Gaza : mourir de faim ou sous les balles, selon Amnesty International

Amnesty International dénonce la situation catastrophique à Gaza, où des civils meurent en tentant d'accéder à de la nourriture sous un blocus israélien.

Pourquoi lire cet article :

  • Pour comprendre les conséquences tragiques du blocus sur la population de Gaza.
  • Pour prendre conscience des violations des droits humains en cours et des appels à l'action internationale.

Plus de 500 civils tués en moins d’un mois en tentant d’accéder à de la nourriture. Dans un article accablant publié jeudi 3  juillet , Amnesty International dénonce un système de distribution humanitaire militarisé, mis en place par Israël, qui expose les Palestiniens de Gaza à des violences systématiques. L’organisation appelle à la levée immédiate du blocus et à des sanctions internationales contre les responsables israéliens.

Un dispositif conçu pour exclure l’ONU et les ONG

Depuis le 2 mars 2025, date de l’imposition du blocus total sur Gaza, Israël a pris le contrôle intégral de l’aide humanitaire. Le système mis en place pendant la brève trêve de janvier – avec plus de 400 points de distribution coordonnés par l’ONU – a été démantelé. À sa place : quatre centres fermés, sous contrôle militaire, confiés à une entité privée, la Gaza Humanitarian Foundation (GHF), liée à une société américaine de sécurité.

Selon Amnesty, ce dispositif ne répond ni aux besoins des populations ni aux normes humanitaires internationales. Il vise avant tout à court-circuiter les acteurs humanitaires jugés critiques envers la politique israélienne à Gaza. Le résultat est catastrophique : des civils, épuisés, affamés, sont forcés de traverser des zones de guerre pour atteindre des centres où la distribution se fait dans des conditions chaotiques et violentes.

Des civils visés par des tirs

Les abords des centres de distribution sont devenus, selon Amnesty, des zones de danger extrême. Des témoignages recueillis par le journal Haaretz confirment que l’armée israélienne a donné pour consigne de tirer sur les foules, même lorsqu’il n’existe aucune menace.

Les chiffres sont alarmants : au moins 500 morts et environ 4 000 blessés en l’espace de quelques semaines. Parmi les victimes figurent de nombreux enfants, des orphelins, des personnes âgées. « Ce système ne sauve pas des vies, il les détruit », résume Amnesty.

Une stratégie de famine assumée

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La crise humanitaire s’aggrave de jour en jour. 852 camions de nourriture et de biens de première nécessité restent bloqués à la frontière égyptienne, faute d’autorisation israélienne. Dans le même temps, les forces israéliennes interdisent l’accès aux terres agricoles et détruisent délibérément les serres, les fermes et les stocks alimentaires.

Selon l’ONG, cette stratégie relève clairement de l’usage de la faim comme arme de guerre, ce que le droit international interdit explicitement. L’article II de la Convention sur le génocide considère comme crime le fait de « soumettre intentionnellement un groupe à des conditions d’existence entraînant sa destruction physique ».

Des enfants meurent de malnutrition

Depuis octobre 2023, 66 enfants sont morts de malnutrition aiguë sévère à Gaza. Près de 19 000 ont été hospitalisés depuis le début de l’année. Le taux de mortalité infantile a plus que doublé en deux ans. Les nourrissons sont particulièrement vulnérables. Le lait infantile est quasiment introuvable, et de nombreuses mères ne peuvent plus allaiter à cause de la sous-alimentation et du traumatisme. « L’absence de lait adapté, c’est parfois une condamnation à mort », témoigne Susan Maarouf, spécialiste en nutrition à Gaza.

Un appel à l’action, pas à la compassion passive

Pour Amnesty, le constat est sans appel : la communauté internationale a échoué à protéger les civils de Gaza. Pire, elle continue à fournir un soutien militaire, diplomatique et économique à un État qui multiplie les violations du droit international.

« Non seulement la communauté internationale a échoué à stopper ce génocide, mais elle a aussi permis à Israël d’inventer constamment de nouveaux moyens de détruire des vies palestiniennes et de piétiner leur dignité humaine. »
— Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International

L’ONG appelle les États à cesser toute assistance militaire à Israël, à imposer des sanctions ciblées contre les responsables israéliens impliqués dans les crimes internationaux, et à coopérer avec la Cour pénale internationale, notamment en exécutant les mandats d’arrêt émis.

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