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Hosni Moubarak blanchi par la justice égyptienne

C’est ça l’effet Sissi ! En ce samedi 29 novembre d’un dénouement judiciaire très attendu et non moins très prévisible, l’ancien rais, Hosni Moubarak, ressort plus blanc que blanc d’un procès fleuve et retentissant, voyant sa condamnation à perpétuité levée comme par enchantement par une justice égyptienne, bras armé de la junte militaire au pouvoir, qui l’a lavé de toutes ses fautes.

Jetée aux oubliettes de l’histoire l’accusation de complicité de meurtre de 846 manifestants durant la répression sanglante de l’insurrection populaire de 2011, qui l’a fait vaciller de son trône et mis un terme à son règne sans partage ! Annulée celle de corruption dans le cadre de la vente de gaz naturel à Israël !

Hosni Moubarak, 86 ans, délivré de l’épée de Damoclès qui pesait lourdement sur ses épaules, a salué la clémence des juges d’un geste de la main, derrière la cage des accusés où il attendait de savoir à quelle sauce il serait mangé, alité sur une civière et le regard dissimulé par des lunettes de soleil.

Alors que l’issue du premier procès en 2012 l’envoyait croupir derrière les barreaux pour le reste de sa vie, le nouveau procès ouvert en 2013, suite à l’annulation de la sentence pour des raisons techniques, était placé sous de bien meilleurs auspices, grâce aux témoignages de hauts responsable de la police et de l’armée en poste sous son ère qui plaidaient tous en sa faveur.

Emportée par son élan de magnanimité, la justice a également disculpé les fils de l’autocrate, Alaa et Gamal, et acquitté cinq éminents responsables de la sécurité de l’ancien régime, dont l'ex-ministre de l'Intérieur, Habib el-Adly, tous étant déclarés "innocents".

Même si, pour l’heure, Hosni Moubarak ne serait pas encore libéré de toutes ses chaînes, et devrait rester à l’ombre pour y purger une peine de trois ans d’emprisonnement consécutive à une autre sombre affaire de corruption, cette petite ombre au tableau ne saurait gâcher l’ambiance de fête qui règne parmi ses partisans, heureux de cet épilogue qui ne doit rien au hasard…

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