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Gaza : MSF accuse Israël de priver la population d’eau, de nourriture et de soins

À Gaza, la population continue de payer le prix d’une destruction méthodique des infrastructures essentielles. Selon Médecins Sans Frontières (MSF), près de 90 % des installations d’eau et d’assainissement ont été détruites ou endommagées par Israël. Les usines de dessalement, les réseaux d’égouts, les canalisations et plusieurs forages ont été mis hors service, privant des dizaines de milliers de Palestiniens d’un accès à l’eau potable. Cette situation a des conséquences directes sur les conditions de vie des habitants déplacés. Faute de latrines, de nombreux Palestiniens sont contraints de creuser des trous dans le sable à proximité de leurs tentes. L’absence de produits d’hygiène de base, de couches ou de protections périodiques touche particulièrement les femmes, les enfants et les personnes en situation de handicap.

Dans les camps surpeuplés, les maladies évitables se multiplient. Les infections respiratoires, les maladies de peau et les diarrhées aiguës figurent aujourd’hui parmi les principaux motifs de consultation dans les structures de soins soutenues par MSF. La faim s’installe également dans la durée. Au cours du premier trimestre 2026, 383 enfants ont été admis dans les centres nutritionnels de l’organisation, dont 35 % souffraient de malnutrition aiguë sévère. Parmi les 5 996 femmes enceintes suivies dans les hôpitaux Nasser et Al Helou, près d’un quart présentaient des signes de malnutrition.

Alors que le chômage atteint 80 % selon l’ONU, les prix des produits alimentaires de base ont doublé. Les protéines et les produits frais restent hors de portée pour la majorité des familles. D’après le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), un ménage sur cinq ne dispose que d’un seul repas par jour et dépend largement des distributions alimentaires. MSF dénonce également les obstacles persistants à l’entrée de l’aide humanitaire. L’épuisement progressif des stocks de médicaments menace la prise en charge des malades chroniques, tandis que l’interdiction des camions frigorifiques compromet l’acheminement de produits nécessitant une chaîne du froid, comme l’insuline ou certains vaccins.

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Les réserves de carburant et d’huile moteur arrivent elles aussi à leur limite. Sans ces ressources, les générateurs hospitaliers, les réseaux d’eau et les moyens de transport risquent de s’arrêter, avec des conséquences immédiates pour les patients les plus fragiles. Malgré le retrait par Israël de son autorisation d’opérer dans les Territoires palestiniens occupés depuis le 1er janvier 2026, MSF affirme poursuivre ses activités médicales dans la bande de Gaza aussi longtemps que les conditions le permettront.

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