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« Finir 48 », disent-ils

Le vieux rêve de Theodore Herzl est plus que jamais d’actualité.

Ils se sont faits conciliants en 1917 pour obtenir la déclaration de lord Balfour en faveur d’une immigration juive qui, naturellement, ne ferait rien « qui puisse porter atteinte aux droits civiques et religieux des communautés non juives en Palestine ».

En 1947, ils ont accepté que l’ONU ne leur accorde que 57,5 % du territoire (alors qu’ils ne sont que 600 000 tandis que les Palestiniens sont 1 200 000) et que Jérusalem reste sous contrôle international.

Pendant la guerre de 1948-49, ils ont conquis et annexé 20 % supplémentaire du territoire dont la partie ouest de Jérusalem que la communauté internationale ne leur a pas contestée.

Pendant cette guerre, ils ont multiplié les massacres et expulsé de chez eux 750 000 Palestiniens et détruit leurs villages pour qu’ils ne reviennent pas. Ils ont tiré et tué les Palestiniens qui rentraient clandestinement pour tenter de faire la récolte dans leurs champs. Ils ont inventé la fable d’un appel des radios arabes à quitter la Palestine pendant les combats.

L’historien Benny Morris qui a étudié avec précision la guerre de 48-49 dans son livre Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste paru en français en 2003 n’a plus nié les massacres et l’expulsion perpétrés par les sionistes comme le faisaient les vieux historiens israéliens. Mais répondant, le 9 janvier 2004 à des questions du journal Haaretz, il affirmait : « Il y a des circonstances dans l’histoire qui justifient la purification ethnique. […] L’État juif n’aurait jamais vu le jour sans le déracinement de 700 000 Palestiniens. On n’avait pas le choix, il fallait expulser la population ».

Qui osera prétendre que les Européens et les Américains ne l’ont pas compris ? Ils n’ont d’ailleurs rien fait pour appliquer la résolution 194 de l’ONU décidant « qu’il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent, de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins ».

En juin 1967, ils ont déclenché la guerre pour conquérir le reste de la Palestine qui leur échappait encore, démontrant l’incapacité des Etats arabes à faire plus que des discours enflammés. Ils ont dit que c’est leur Dieu qui leur avait donné la victoire alors qu’ils avaient soigneusement préparé leur agression.

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Après 1967, tous les gouvernements de gauche, comme de droite, ont favorisé la colonisation de la Cisjordanie ; c’est le cas de Shimon Peres, si apprécié des Européens, prix Nobel de la paix, qui de surcroît, soutint les groupes nationalistes religieux (comme l’ont révélé des archives israéliennes récemment disqualifiées). Cette fois, il s’agit de conquérir la Cisjordanie, Gaza restant une prison pour plus de deux millions de Palestiniens.

Aujourd’hui, avec 700 000 colons armés en Cisjordanie, est-il difficile de deviner les intentions du gouvernement israélien ? Dès son interview de 2004 par Haaretz, Benny Morris avait déclaré : « Je ne suis pas d’accord avec Ben Gourion. Je pense qu’il a commis une grave erreur historique en 1948 alors qu’il avait bien compris la question démographique et la nécessité de fonder un Etat juif sans minorité arabe, il a eu peur pendant la guerre. […] Oui, c’est une erreur de ne pas avoir achevé le transfert »

A la question concernant le sort des Palestiniens de Cisjordanie, Benny Morris répond : « Pas en ce moment [nous sommes en 2004]. Un jour peut-être ? Dans des circonstances apocalyptiques qui pourraient se présenter dans cinq ou dix ans ». Donc, « finir 48 ».

Serrions-nous proches de ce jour ? Aujourd’hui, des hommes comme Smotrich et Ben Gvir, devenus ministres, ne font qu’accélérer la politique de nettoyage ethnique menée depuis 1948 par l’État d’Israël. D’ailleurs, Smotrich qui dirige les territoires occupés a déclaré que c’était à l’État et non aux colons d’attaquer les villes palestiniennes « sans pitié avec des chars et des hélicoptères ». D’autres ont repris le slogan de la droite fasciste contre les Palestiniens : « Que votre village brûle ». 

Mais les soutiens d’Israël dans le monde croient que Ben Gvir et Smotrich sont la cause des problèmes d’Israël pour continuer à soutenir un Etat qu’ils croient toujours démocratique ; il suffirait de ne pas toucher aux pouvoirs de la Cour suprême ! C’est pourquoi le journaliste britannique Jonathan Cook qui vit à Nazareth vient de publier sur l’excellent site Middleeasteye un article intitulé : « Ce ne sont pas seulement les colons ou Israël responsables de l’incendie de Huwwara ». Les responsables sont aussi les responsables occidentaux qui se contentent de lancer des appels à la « retenue » et au « calmes » sans envisager des mesures concrètes contre Israël, sans supprimer les contrats qui favorisent l’économie israélienne, qui continuent à recevoir Netanyahu comme l’a fait Macron le 3 février et Meloni, après le pogrom d’Huwwara. Concrètement, Macron et son ministre de l’Intérieur vont-ils permettre à Smotrich de venir en France, le 19 mars, pour un meeting de soutien aux fascistes sionistes ?

Les Palestiniens ont besoin plus que jamais de la solidarité des peuples pour interdire toute forme d’épuration ethnique ou de génocide en Palestine.

Martine Sevegrand

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