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Etats-Unis : l’imam Omar Suleiman, odieusement diabolisé, après avoir prononcé une prière au Congrès

En montant à la tribune de la Chambre des représentants, jeudi 9 mai, sur l’invitation de Nancy Pelosi, sa présidente démocrate et ennemie jurée de Trump, le très estimé imam Omar Suleiman, un éminent érudit musulman du Texas, était loin d’imaginer que sa belle prière qui s’est élevée sous la coupole du Congrès déchaînerait les passions les plus viles.
Est-ce pour ne pas mâcher ses mots envers Donald Trump, dont il dénonce avec vigueur l’indignité et l’islamophobie érigée en système de gouvernance, que le président de l’Institut Yaqeen de recherche islamique, basé à Irving, dans le comté de Dallas, s’est à ce point attiré les foudres du camp républicain et des pro-sionistes ?
Respecté de tous (ou presque…) dans une Amérique qui voit en lui un bâtisseur de ponts entre les religions, et lui voue une reconnaissance éternelle pour avoir été au chevet des victimes de l’ouragan Katrina, l’un des plus dévastateurs de l’histoire des Etats-Unis, à la tête des « Muslims for Humanity », Omar Suleiman a toutefois prêché dans le désert pour des oreilles particulièrement hostiles… Des oreilles échauffées, telles que celles de Lee Zeldin, le fulminant parlementaire de New York.

Sourd à son hymne à la tolérance et à la concorde nationale, ce fiévreux partisan de Trump est sorti de ses gonds quelques heures plus tard, critiquant vertement Nancy Pelosi, tout en calomniant outrageusement l’imam qui a osé promouvoir « l’amour et la paix » sous les ors du temple législatif, à Washington.
Il faut dire qu’à l’heure où l’impérialisme américain est reparti de plus belle sur les sentiers de la guerre, non pas pour imposer la démocratie mais plutôt son diktat implacable, les paroles éclairées et rassembleuses de Omar Suleiman ont heurté bien des oreilles…
« Il est totalement inacceptable que Nancy Pelosi ait demandé à Omar Suleiman de faire la prière d’ouverture hier à la Chambre ! Il compare Israël aux nazis et les appelle terroristes, soutient les Frères musulmans, incite à la violence en appelant à une intifada palestinienne et à la fin du sionisme », a fustigé Lee Zeldin, sous une plume trempée dans l’encre noire de l’anathème.
Ce dernier avait ouvert les hostilités. Elles allèrent crescendo au fil des jours, amplifiées par les articles au vitriol parus dans le Jérusalem Post, le site d’extrême droite Breitbart et un certain nombre d’autres sites ultra-conservateurs et pro-sionistes, tous vouant aux gémonies l’imam Suleiman, traité de « militant antisémite ».
Scandalisée par la tournure des événements, une association interconfessionnelle de Dallas a tenu à réhabiliter l’honneur sali de Omar Suleiman et à rétablir la vérité devant autant de mensonges éhontés : « L’imam Suleiman est un dirigeant de confiance. C’est une voix spirituelle et morale qui plaide pour la paix et la justice ! À la suite de sa belle prière prononcée à l’ouverture d’une session de la Chambre des représentants, il a été odieusement diffamé et livré à la vindicte, alors qu’il mériterait nos louanges et nos prières. Quand tant d’autres cherchent à diviser, il appelle à l’unité avec force ! ».
Interviewé par le Dallas News, Omar Suleiman a laissé éclater son indignation : « Cela fait clairement partie d’une manœuvre visant à discréditer les dirigeants musulmans américains et à les faire disparaître de la scène publique, sous le poids de l’opprobre et de l’accusation fallacieuse d’antisémitisme. C’est déplorable ! ».
« Quand j’ai prononcé cette prière jeudi dernier au Congrès, toutes mes pensées émues sont allées aux juifs de Pittsburgh et de San Diego, aux chrétiens du Sri Lanka et aux musulmans de Christchurch, pour lesquels je ne cesse de faire des invocations », a-t-il insisté, avant de marteler avec émotion : «  Je n’ai jamais attaqué la communauté juive. Alors imaginez ma stupeur d’être accusé d’antisémitisme sur Fox Business par le pasteur de Dallas, Robert Jeffress, par l’animateur Lou Dobbs, ainsi que par ce Lee Zeldin, un républicain de New York qui ne me connaît absolument pas ».
Et de constater avec inquiétude : « Cette haine cherche à intimider et au final à réduire au silence les dirigeants musulmans américains, notamment ceux qui sont les plus en vue ».
Près d’une semaine après avoir eu l’insigne honneur de prendre la parole devant la représentation nationale, Omar Suleiman peine à se remettre de la violente campagne de diabolisation qui s’est abattue sur lui. Il se dit d’autant plus affecté qu’il la pensait inconcevable, même dans l’Amérique de Trump, source d’un amer désenchantement et d’une anxiété grandissante…

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