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Des tracts appelant les musulmans à “ne pas voter” ont créé un vif émoi à Cardiff

A quelques encablures de l’élection suprême qui redessinera ou non le paysage politique britannique le 7 mai prochain, des tracts incitant les musulmans à bouder les isoloirs au nom de la Charia ont soudainement fleuri à Cardiff, la cité phare du pays de Galles, habillant ses réverbères, ses panneaux publicitaires, ses arrêts de bus et ses carrefours très passagers, en s’affranchissant de toute autorisation officielle.

Qui a orchestré cet affichage sauvage ? La question taraude les esprits, et notamment ceux de la communauté musulmane locale qui rejette violemment cet appel à ne pas remplir son devoir civique, affirmant haut et fort que ceux qui sont à la manœuvre ne reflètent en aucun cas l’opinion favorable au vote qui prédomine chez les Gallois de confession musulmane, et pire encore, les trahissent en contribuant à les diaboliser aux yeux du reste de la population.

Parmi ces voix qui tempêtent contre cette dangereuse tentative de semer le trouble et de leurrer l’immense majorité pacifique des musulmans, Akmal Hanuk, un cadre du Conseil islamique du pays de Galles, a battu en brèche le préjugé largement répandu et ravivé par la teneur de ces tracts, selon lequel les musulmans sont des citoyens séditieux par excellence et déloyaux envers leur terre d’adoption.

"Ces tracts ne représentent pas les positions de mes coreligionnaires. La plupart d’entre eux veulent voter le 7 mai prochain, et le Conseil islamique du pays de Galles les encourage dans ce sens afin qu’ils pèsent de tout leur poids dans la balance électorale, qu’ils aient leur mot à dire dans le système démocratique. Ils veulent être dans la société et pas en dehors", a-t-il clamé au micro de la BBC, en dénonçant l’ineptie et l’obscurantisme des slogans tels que « Nul musulman ne doit voter », ou encore « La démocratie est un système par lequel l'homme viole le droit d'Allah et décide ce qui est licite ou illicite pour l'humanité, fondée uniquement sur les passions ».

Craignant de voir le fantasme de la cinquième colonne verte ressurgir sur le devant de la scène publique et dans les chaumières très impressionnables, le président du Centre islamique, Daoud Salaman, a vivement critiqué les « garçons égarés » qui sont derrière cette campagne d’affichage délétère et des plus préjudiciables pour les musulmans au premier chef, en se félicitant que les autorités de Cardiff aient promptement réagi en la faisant disparaître du centre ville.  

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