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Des bancs publics supprimés à cause des Arabes

 Il ne faut pas s’y tromper, le beau soleil de Provence ne réchauffe pas tous les cœurs, il peut aussi darder les rayons du racisme, à travers les platanes qui ornent une place de village, jusqu’à des bancs publics qui se sont mystérieusement évanouis dans la nature.

 L’histoire, véridique, et contée sur le ton d’une fable sur le site des Echos, ne dit pas où se situe ce si charmant petit village, d’où monte le chant des cigales, mais aussi l’air plus grinçant de l’islamophobie, avec en toile de fond la rénovation du cœur névralgique du hameau, qui s’anime, tous les jours, en fin d’après-midi, quand la chaleur se fait plus clémente.

 « Mais où sont donc passés les bancs publics ? » Difficile de faire abstraction de ce mobilier urbain, utile et convivial, qui a bizarrement disparu du paysage, la question alimentant toutes les conversations, notamment chez les personnes âgées.

 « Il n'est pas prévu de les remettre », a rétorqué l’agent municipal aux administrés venus s’informer à la mairie, sans plus de précision. Guère avancés, certains sont allés s’enquérir là où les brèves de comptoir vont bon train, et c’est au café de la place que la vérité cruelle a éclaté : « Avant les travaux, les bancs étaient toujours occupés par les Arabes ; ça gênait les riverains. Alors la mairie a décidé de supprimer les bancs. Ca règle le problème. »

Terre de conquête du FN depuis des décennies, la douceur de vivre provençale a été contaminée en profondeur par la préférence nationale, sous un soleil de plomb qui échauffe les esprits. Le plus absurde dans tout cela, c’est qu’au nom d’un sectarisme anti-musulmans viscéral, ce sont les pauvres vieux du bourg qui sont pénalisés par une décision municipale radicale, et se retrouvent injustement privés d’espaces de convivialité si précieux.

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