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Dania Nour, le rêve d’une nageuse palestinienne aux Jeux Olympiques de Tokyo

Dania Nour est une Palestinienne de 17 ans de Beit Jala (Bethléem). Elle est l’une des deux nageurs de l’équipe olympique en compétition aux Jeux de Tokyo. Elle et le lanceur de poids Mohammad Hamadail ont été les porte-drapeaux de l’équipe de Palestine à la cérémonie d’ouverture. Elle a parlé à SIR de ses sentiments personnels et des sacrifices qu’elle a faits pour apporter « trente secondes de gloire à son pays ». Dania sera en compétition sur le 50 M. free style le vendredi 30, dans la troisième épreuve de qualification.

« Porter le drapeau palestinien lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Tokyo a été un moment spécial que je n’oublierai jamais. Ce sentiment m’a donné la détermination et la motivation pour gagner en dépit des difficultés » a dit Dania Nour, nageuse palestinienne olympique de 17 ans originaire de Beit Jala (Bethléem), membre de l’équipe olympique qui comporte quatre autres athlètes : la sprinteuse Hanna Barakat, le judoka Wesam Abu Rmilah, le lanceur de poids Mohammad Hamadail, originaire de la bande de Gaza et le nageur Yazan al-Bawwab.

Dania Nour, souriante sous ses lunettes, au milieu de la délégation palestinienne aux JO de Tokyo

Dania était visiblement émue de porter le drapeau de son pays, rongé par des tensions, des conflits et des divisions politiques. La participation de la Palestine aux Jeux est assez récente : la première apparition date des Jeux d’Atlanta, aux USA, en 1996, suite à la création de l’Autorité Nationale Palestinienne en 1994 sous l’égide des Accords d’Oslo entre Israël et l’OLP, l’Organisation de Libération de la Palestine.

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De Tokyo, Dania a dit à SIR qu’elle « serait en compétition pour l’épreuve du 50 mètres free style le vendredi 30 juillet ». Dania mettra toutes ses forces et l’exubérance de ses 17 ans pour améliorer son meilleur temps, actuellement 30,46’’, espérant se qualifier parmi 16 demi-finalistes en compétition pour la finale. « Je n’ai pas réussi à me préparer de façon adéquate au cours de cette dernière année à cause de la pandémie » a-t-elle dit. « Mais cela n’a pas d’importance ». Ces Jeux sont durs pour tous les athlètes. Je vise un bon résultat pour la Palestine ». De toute façon, ce seront 30 secondes de gloire.

Tokyo est aussi le point d’orgue des sacrifices de toute une vie. « J’ai commencé à nager à l’âge de six ans, lorsque ma mère m’a encouragée à m’inscrire à un cours de natation d’été. C’est ainsi que j’ai nagé pour la première fois. J’ai aussi eu besoin de perdre du poids. Quand j’ai atteint 11 ans, j’avais développé une véritable passion pour la natation, avec une participation à un championnat au Qatar où j’ai remporté deux médailles d’argent et de bronze. Je me suis engagée dans de longues séances d’entraînement pour établir de nouveaux records nationaux ». Le rêve olympique devenait réalité, poursuivi avec grande détermination et persévérance. Même la pandémie n’a pas empêché Dania de réaliser son rêve. « Les confinements imposés par la pandémie mondiale de COVID-19 m’ont mise dans l’impossibilité de partir à l’école Bolles en Floride (USA), un terreau de champions, dont des champions olympiques, où j’avais réussi à me qualifier et à être admise. « J’ai alors réalisé », dit-elle sans mâcher ses mots « que ce rêve dépendait seulement et exclusivement de ma volonté et de ma passion. J’étais bien consciente que pour moi, une jeune fille palestinienne, ce serait encore plus difficile mais,

J’ai décidé de ne pas renoncer, de rester positive et de poursuivre mon rêve.

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J’ai commencé l’entraînement dans une piscine de 25 m., avec pour coach Mohammad Halman, huit fois par semaine avant et après l’école. Toutefois, la piscine est fermée en hiver et j’ai été obligée de trouver une autre piscine. De plus, pendant la pandémie, j’ai arrêté de nager pendant plus d’un an, ce qui a eu un effet négatif sur ma performance. Après une période d’entraînement dans une piscine de 17 m., je suis partie à Berlin pour un mois d’entraînement avant Tokyo. Ce fut une grosse émotion parce que nous n’avons pas de piscines de 50 m. avec des starting blocks et pas de coaches expérimentés. Je me suis entraînée pour la première fois dans une piscine olympique avec le coach Sven Spannekrebs.

À quelques jours à peine de la compétition, Dania tient à exprimer sa gratitude à ses parents : « ils m’ont constamment soutenue, malgré les nombreuses difficultés auxquelles nous sommes confrontés dans ce pays à cause du manque d’équipements sportifs. Je veux les remercier parce qu’ils ont placé toute leur confiance en moi et m’ont permis de participer à de nombreux championnats internationaux, en particulier au World Aquatics Championships en Corée du Sud en 2019 et aux Jeux asiatiques de 2018 en Indonésie. Et maintenant aux Jeux Olympiques.

L’athlète n’est pas dissuadée par cette « énorme responsabilité », suivie par sa famille, des amis et des fans sur les réseaux sociaux. Ses comptes sur les réseaux sociaux sont noyés de bons vœux, d’acclamations et de souhaits. « Je suis très fière de faire partie de l’équipe palestinienne ».

Tokyo est une vitrine qui nous offre l’opportunité de montrer au monde qui nous sommes. Nous avons des athlètes forts et ambitieux même si nos équipements sportifs ne sont pas au niveau des normes en vigueur dans d’autres pays. 

En attendant de plonger dans la piscine, Dania a passé son temps libre dans le village olympique à faire connaissance avec des athlètes d’autres pays.  « Nous sommes tous centrés sur nos objectifs » a-t-elle dit, mais ça ne nous empêche pas d’échanger nos impressions et nos expériences. Nous sommes tous d’accord sur un point :

L’absence de spectateurs sur place donne une touche de tristesse à des Jeux ».

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Le rêve de Dania ne se limite pas au Japon. Elle sait que le temps est de son côté et que d’autres Jeux Olympiques suivront. Elle pense à l’avenir : « Je viens de passer le bac. Après Tokyo, j’aimerais entrer dans une université aux USA qui ait une équipe de natation. Je veux étudier et m’entraîner pour des objectifs nouveaux et importants ». Son rêve continue sur les starting blocks d’une piscine olympique.

Source : Agensir

Traduction SF pour l’Agence média Palestine

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