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Les cours d’auto-défense, spécial femmes voilées, conçus par une Américaine musulmane font recette

La New-Yorkaise Rana Abdelhamid est loin d’être une novice en arts martiaux. Très tôt, dès l’âge de sept ans, elle montra des dispositions innées pour les sports de combat, sur des tatamis qu’elle n’a cessé depuis de fouler avec une passion qui ne s’est jamais émoussée, voire même qui s’est renforcée à l’adolescence, lorsqu’elle a été sauvagement agressée…

Les années ont passé, mais l’émotion est toujours aussi forte quand elle se remémore ce jour funeste qui lui a fait perdre l’insouciance de ses 15 ans, au détour d’un chemin qui lui était familier, alors qu’elle se promenait, seule et tranquillement, dans le quartier du Queens.

Sans qu’elle le pressente, le danger la guettait au coin d’une rue, en plein cœur d’une mosaïque de cultures et de religions où elle aimait se fondre et d’où, ce jour-là, aux yeux du plus redoutable des prédateurs, elle s’est démarquée par le hijab qui lui couvrait la tête, faisant d’elle une proie facile et toute désignée.

« Je me souviens que j’étais en train de marcher dans une rue du Queens que j’empruntais régulièrement, dans l’un des endroits les plus colorés et multiculturels du monde » a-t-elle relaté récemment, avant de donner plus de détails : « Brusquement, j’ai senti que quelqu’un, derrière moi, appuyait une arme sur ma tête. Puis, tout s’est très vite enchaîné, mon agresseur a essayé d’arracher mon voile avec une violence extrême, au point de m’étrangler. Je me suis débattue, je n’arrivais plus à respirer, et je me suis évanouie sur le trottoir ».

Meurtrie dans sa chair et son âme, d’autant plus que son agresseur n’a jamais été retrouvé, Rana Abdelhamid n’est pas ressortie indemne de sa première et terrible confrontation avec l’islamophobie violente. Mais plutôt que de se laisser envahir par la peur paralysante, la jeune passionnée de karaté qu’elle était alors a réussi à vaincre progressivement le sentiment de vulnérabilité qui la fragilisait, en le combattant dans sa salle de sport, grâce à des cours de self-defense parfaitement adaptés aux « crimes de haine » anti-voile.

Au fil du temps, à mesure qu’elle excellait dans cette discipline, l’élève a fini par dépasser le maître, au point de l’enseigner à son tour quelques années plus tard, sous la bannière de l’Initiative internationale en faveur de l’autonomisation des femmes musulmanes, dont elle est tout à la fois la fondatrice et la figure de proue.

Dans une Amérique où plus de 42% des citoyennes de confession musulmane ont été les cibles de menaces et d’actes d’intimidation à caractère islamophobe ou, pire encore, sont tombées sous les coups d’islamophobes de la pire espèce, les formations que dispense Rana Abdelhamid à ses coreligionnaires pour ne plus subir les attaques haineuses et s’extraire des griffes de leurs agresseurs font recette.

« Notre objectif principal est de donner aux femmes musulmanes les outils pour pouvoir faire face à la violence anti-musulmane, à la violence sexiste et à la violence d’Etat », a souligné la créatrice de la fameuse technique du « hijab-grab », ou comment opposer une belle résistance à l’arrachage de hijabs en pleine rue et en plein jour, ce véritable sport national qui a traversé allègrement les frontières et les océans.

Dans ses cours d’auto-défense conçus pour insuffler la confiance en soi aux femmes voilées, en les convainquant qu’elles ont non seulement le droit de se défendre mais qu’elles en ont aussi la capacité, Rana Abdelhamid leur apprend également comment crier pour déstabiliser leur(s) assaillant(s) et alerter les passants.

Si vous lui demandez si l’administration Trump porte l’entière responsabilité de l’hémorragie des actes islamophobes dans une Amérique où les suprémacistes blancs et les néo-nazis sont sortis du bois, cette farouche opposante au 45ème président des Etats-Unis vous répondra, en le regrettant amèrement, que le racisme anti-musulmans est, hélas, monté en puissance crescendo sous tous les gouvernements, de Clinton à Bush, en passant par Obama.

 

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