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Chine : une campagne institutionnelle contre le port du voile

Incarnation du « péril jaune » pour l’Occident qui court après sa splendeur d’antan, la toute-puissante Chine fantasme-t-elle, elle aussi, sur un péril sans frontières, celui du « péril vert » ?

Tel un arc-en-ciel d’origines qui brille sous toutes les latitudes, l’islam compte 23 millions de fidèles en Chine, répartis dans plus de 20 provinces et régions autonomes.

Créant le buzz sur l’immense toile médiatique chinoise, une campagne publique de dénigrement ciblant le port du voile et de la barbe a été élaborée et lancée par une municipalité du Xinjiang, province de l’ouest de la Chine où réside une importante communauté musulmane.

La directive institutionnelle qui a enflammé le Net est depuis passée à la trappe du site officiel de la Ville, mais sa manière de piétiner la liberté de culte et de conscience a eu le temps de défrayer la chronique. Exhortant à « édulcorer la conscience religieuse » dans un raffinement de préjugés décidément universels, ses leitmotivs appelaient à « en finir avec le phénomène anormal du port du voile et autres pratiques religieuses ».

Marchant sur les traces de l’Occident, à qui elle dame le pion par ailleurs sur l’échiquier mondial, la Chine se laissera-t-elle griser par le vent mauvais de la stigmatisation de ses concitoyens musulmans, à l’image de cette campagne d’insalubrité publique, dont les relents nauséeux ne nous sont que trop familiers ?

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