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Le Caire classé « pire capitale pour les femmes », selon une étude internationale

Il est des premières places peu glorieuses et des troisièmes places peu enviables, ce sont celles auxquelles pointe le Caire, la plus grande mégapole du monde arabe, dans un classement international qui désigne la fascinante cité phare d’Egypte, chargée d’histoire, comme la « pire capitale pour les femmes » sur le plan des mariages forcés et des mutilations génitales, et l’une des trois « plus dangereuses » (après Delhi et Sao Paulo), en matière de harcèlement sexuel de rue.

Bien qu’Al-Sissi, le despote ayant conquis le pouvoir par la force, ait décidé de célébrer le rôle clé joué par les femmes égyptiennes dans le développement du pays, tout au long d’une année 2017 proclamée « Année des femmes égyptiennes », rien n’y fait.

A l’issue de l’étude réalisée par la sérieuse Fondation Thomson Reuteurs, auprès d’experts faisant autorité dans le domaine des droits des femmes, à travers 19 mégapoles dans le monde, le Caire se hisse sur les premières marches d’un podium des plus anxiogènes, qui est loin de refléter « l’amélioration constante des droits des femmes observée au fil des ans » décrite par Naglaa el-Adly, une figure éminente du Conseil national égyptien pour les femmes.

                       Naglaa el-Adly

Face à ce noir tableau, Omaima Abou-Bakr, co-fondateur de Women and Memory Forum , une organisation non gouvernementale dont la vocation première est de combattre les idées fausses sur les femmes arabes, tente d’éclairer ce que d’aucuns qualifient de « onzième plaie nationale » à la lumière de la grave crise qui secoue l’Egypte : « L’économie est devenue si mauvaise depuis deux, trois ans, que les problèmes liés à la condition féminine ne sont pas une priorité », a-t-il déclaré.

Selon un rapport publié en 2013 par l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, l’écrasante majorité des femmes égyptiennes (99,3%) a eu à subir, au moins une fois dans sa vie, une forme de harcèlement sexuel, dans la rue ou au travail. Pourtant, ce n’est pas faute de disposer d’une législation qui punit cette violence ordinaire faite aux femmes, indépendamment de leur apparence, qu’elles soient voilées ou non, et même de leur attitude. Il faudrait juste que les lois en vigueur soient appliquées au pays des pharaons, un léger détail qui changerait tout…

Sur Twitter, le hashtag  التحرش_انتشر_ليه #   « Pourquoi le harcèlement sexuel généralisé ? » fait florès, chacun y allant de son analyse empreinte de consternation.

« La frustration sexuelle est le problème majeur »

« Nous enseignons aux femmes comment éviter le harcèlement mais nous oublions d’enseigner aux hommes à bien se comporter en premier lieu ! »

« Ne pas élever nos enfants correctement et ne pas respecter et apprécier les femmes en tant qu’êtres humains et partenaires égaux! »

« Notre industrie des médias et du cinéma dépeint les femmes de manière dégradante, en les présentant comme des éléments de séduction, encourageant les jeunes générations à les considérer comme de simples objets sexuels».

4 commentaires

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  1. “Il faudrait juste que les lois en vigueur soient appliquées”

    Le problème, c’est que les lois ne correspondent pas forcément à la mentalité de la population. Beaucoup d’Égyptiens ont travaillé en Arabie.
    Les traditions patriarcales ne peuvent pas être éradiquées du jour au lendemain.
    Les problèmes de l’Egypte ne peuvent que renforcer le conservatisme religieux qui est un refuge face à un monde extérieur qui change.

    1600.000 Égyptiens de plus chaque année, ça ne peut rien arranger, dans un pays qui est surtout un désert, et qui comptait 3 millions d’habitants au début du 19e siècle, contre 90 maintenant…

  2. Il fut un temps pas très loin ,où s’en prendre à une femme était une déclaration de guerre.
    En guerre, on ne parle pas , on tue ou on se fait tuer.

    Depuis que le monde musulman a été victime du syndrome républicain , tout va de travers.
    La république a désarmé l’homme et l’a rendu soit féminin , soit inhumain , et tout ceci au nom du principe de comparaison. C’est la femme , faute de protection , qui paye la note.

    La femme fait la famille, et puisqu’on on veut un monde fait d’individus , pas besoin de famille, tout est permis , c’est le libre marché.

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