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Appelé Antoine au travail pendant 20 ans, Mohamed Amghar porte plainte pour “discrimination et harcèlement moral”

Cela paraît inconcevable, intolérable, d’une rare ignominie et s’avère parfaitement illégal, mais c’est sans doute cela le racisme anti-Arabes et anti-Musulmans poussé à son paroxysme…

Pendant 20 longues années, de 1997 à 2017, sans le moindre état d’âme et avec un cynisme confondant, les employeurs de Mohamed Amghar, ingénieur commercial de son état, l’ont purement et simplement forcé à opter pour un prénom d’emprunt moins typé ou plus « neutre », comme ils se plaisaient à lui répéter, pour avoir le privilège de travailler au sein de leur entreprise.

Un bien redoutable privilège en réalité, car il s’est accompagné de la terrible humiliation, face au fléau des discriminations à l’embauche qui frappait et frappe toujours aussi durement les Français d’origine maghrébine, de n’avoir d’autre choix que d’accepter un reniement de soi inacceptable : gommer le prénom Mohamed et sa consonance arabo-musulmane qui heurtait les oreilles, au profit d’Antoine et sa fameuse francisation plus audible.

Confronté à un néo-colonialisme, sournois et plein de morgue, au sein même de l’entreprise, le Franco-Algérien Mohamed Amghar, 63 ans, aujourd’hui à la retraite et libéré de ses chaînes aliénantes, a décidé de livrer bataille pour recouvrer sa dignité odieusement bafouée.

Il a ainsi porté plainte contre la direction d’Intergraph France, une entreprise de logiciels basée à Rungis (Val-de-Marne), pour « discrimination et harcèlement moral », soutenu dans sa démarche par la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA).

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« Au-dessus de moi, il y avait des gens pas très malins, qui ne pouvaient pas concevoir qu’un Arabe travaille dans la haute technologie et traite avec des boîtes comme EDF ou Areva. Ces gens me méprisaient », a-t-il vivement déploré dans un entretien accordé au Parisien.

Alors que ses employeurs, sur la sellette, considèrent ces « accusations » comme « injustifiées », Me Galina Elbaz, l’avocate de Mohamed Amghar, juge pour sa part son cas « emblématique » des discriminations raciales au travail. Même si de nombreuses preuves tangibles corroborent les allégations de son client, le bras de fer judiciaire qui se profile à l’horizon sera rude et pénible.

Mais rien ne saurait entamer la détermination farouche de Mohamed Amghar de mener à bien ce combat essentiel pour « la dignité » dans le prétoire. « Dès le premier jour, je savais que je demanderais réparation », a-t-il confié, en laissant désormais éclater une indignation ô combien légitime, qu’il s’est trop longtemps astreint à refouler au tréfonds de lui-même.

 

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14 Comments

  1. Les discriminations a l’ école, au travail, au logement, devant la justice… Celle-ci s est immiscé dans toutes les sphères publiques et privées, un cancer rampant dont il ne faut pas trop parler, chut ! . Le pire, c’ est quand elle est assumée par ceux-là même qui la pratiquent. Réfuter le prénom, c est réfuter la personne; comme Sarah, je pense que 20 ans à supporter le manque de considération de ses employeurs, ses collègues… Ça fait un peu long.

  2. Cette histoire paraît un peu curieuse. On ne voit pas ce qui l’obligeait à entrer et rester 20 ans dans une société qui l’aurait “forcé” à changer de prénom, surtout qu’un spécialiste dans le domaine des logiciels n’a en général aucun souci pour trouver un bon job ! Ne serait-ce pas plutôt une “accommodation” demandée vis à vis de la clientèle et acceptée par l’intéressé ? C’est en tout cas, une révolte bien tardive…

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