- Analyse des politiques israéliennes en Cisjordanie.
- Impact sur les communautés palestiniennes.
- Appel à la communauté internationale pour des sanctions.
Selon un rapport publié par Amnesty International le 10 juin 2026, Israël mènerait en Cisjordanie occupée une politique systématique visant à déplacer la population palestinienne, en particulier les communautés bédouines et pastorales de la zone C. L’organisation affirme que cette stratégie constitue une campagne de « nettoyage ethnique » destinée à faciliter l’annexion progressive du territoire par Israël.
Le rapport soutient que les violences exercées contre les Palestiniens ne relèvent pas d’initiatives isolées de colons extrémistes, mais s’inscrivent dans une politique organisée, financée et soutenue par les autorités israéliennes. Depuis l’arrivée au pouvoir de la coalition dirigée par Benyamin Netanyahou, associée aux partis ultranationalistes d’Itamar Ben-Gvir et de Bezalel Smotrich, l’annexion de la Cisjordanie serait devenue un objectif politique assumé. Amnesty relève notamment une accélération sans précédent de la colonisation, avec la création de 102 nouvelles colonies entre janvier 2023 et avril 2026.
L’organisation décrit plusieurs mécanismes utilisés pour renforcer le contrôle israélien sur la zone C, qui représente plus de 60 % de la Cisjordanie. Parmi eux figurent la confiscation des terres sous divers statuts administratifs (« terres d’État », réserves naturelles ou archéologiques), la multiplication des avant-postes de colons, ainsi que des restrictions drastiques imposées aux constructions palestiniennes. Alors que presque aucun projet de logement palestinien n’a été approuvé ces dernières années, les démolitions d’habitations et d’infrastructures se sont multipliées, provoquant le déplacement de milliers de personnes. Le rapport souligne également que les violences des colons constituent aujourd’hui le principal facteur de déplacement forcé des Palestiniens. Ces violences prennent différentes formes : attaques contre les habitations, agressions physiques, intimidations, destruction des moyens de subsistance, vols de bétail ou encore entraves à l’accès à l’eau et aux pâturages. Amnesty estime que ces actes sont souvent commis avec la protection ou la passivité des forces de sécurité israéliennes.
Le cas du village de Zanuta est présenté comme emblématique. Cette communauté bédouine, qui comptait environ 250 habitants, aurait été contrainte de quitter ses terres après des années de harcèlement et de violences exercées par des colons installés dans un avant-poste voisin. Malgré une décision de la Cour suprême israélienne ordonnant la protection des habitants et leur retour, Amnesty affirme que les autorités n’ont pas appliqué cette décision, permettant la poursuite des intimidations.
L’organisation met également en avant le soutien matériel accordé aux colons. Selon ses recherches, l’État finance des équipements de sécurité, des infrastructures et diverses organisations de colons. Des millions de dollars auraient ainsi été consacrés à l’équipement des avant-postes en véhicules, systèmes de surveillance et matériel de communication.
Enfin, Amnesty dénonce un climat d’impunité quasi totale. La très grande majorité des plaintes déposées par des Palestiniens contre des colons seraient classées sans suite, tandis que certaines victimes se retrouveraient elles-mêmes poursuivies ou arrêtées. L’organisation considère que ces pratiques constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité au regard du droit international. Elle appelle la communauté internationale à adopter des sanctions contre les responsables israéliens impliqués, à suspendre toute coopération contribuant à l’occupation et à exiger la fin des déplacements forcés, du système d’apartheid dénoncé par l’organisation et de l’expansion des colonies israéliennes en Cisjordanie.



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