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A propos de l’Iftar de l’Ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis

M. Michael Oren, ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis, a offert jeudi 25 Août 2011, un Iftar, le repas qui marque la rupture du jeûne du Ramadan, en l’honneur de responsables musulmans américains, une première dans les annales israélo-musulmanes.

Parmi les 65 convives figuraient, Akbar Ahmed, titulaire de la chaire des études islamiques à l’Université américaine et Abdullah Antepli, titulaire de la chaire d’’Islam à Duke University.

Soyons clairs : Un repas entre Juifs et Musulmans est de pratique courante. Des mariages mixtes aussi. Il s’en produit souvent et partout. Entre Musulmans, Arabes et Israéliens, moins fréquent, mais ne saurait être choquant en soi. En Israël-Palestine, un peu partout ailleurs entre militants pacifistes des deux bords, entre conjurés et comploteurs. L’exemple vient d’en haut : Le roi de Jordanie, le Roi du Maroc, les présidents égyptiens Anouar el Sadate et Hosni Moubarak.

A l’extrême rigueur qu’un ambassadeur israélien soit invité à un Iftar pourrait se concevoir sous certaines conditions. Peu nous en chaut ce genre d’agapes.

Mais dans le cas d’espèce, il ne s’agit ni d’hospitalité, ni de commensalité, ni de convivialité ni d’œcuménisme, encore moins de mondanité, mais d’un acte éminemment politique qui relève d’une opération de diversion destinée à suggérer dans l‘ordre subliminal une possible normalité entre le plus faucon des gouvernements israéliens et les Musulmans dans leur ensemble.

A coups de balivernes et de sornettes. S’il est vrai qu’Israël n’a certes pas interdit la Burka, il est non moins vrai qu’il s’est livré à une phénomène rare de l’histoire, le sociocide de la société palestinienne, démantelant ses structures, déracinant le palestinien de sa patrie et dénaturant son identité.

A un mois d’une offensive diplomatique palestinienne visant à la reconnaissance et l’admission de l’Etat palestinien à l’ONU, il importe de ne pas se laisser abuser par cette opération de relations publiques alors qu’Israël a annexé la quasi totalité de la Palestine, judaïser la quasi totalité de Jérusalem et asphyxié totalement Gaza, et que, parallèlement, son parrain américain occupe l’Afghanistan et l’Irak, démembre le Soudan, détruit la Libye, mais oppose son veto à la démarche palestinienne aux Nations-Unies ;

Que la puissance occupante des Lieux Saints musulmans et chrétiens convie à sa table des fidèles musulmans pour la rupture traditionnelle du jeûne a quelque chose de choquant. Que des Musulmans acceptent de cautionner cette opération est déplorable.

Que Benyamin Netanyahu, le fossoyeur des accords d’Oslo, le chef d’un gouvernement de la droite la plus radicale de l’histoire israélienne, l’homme qui a débaptisé le nom de près de trois mille villages arabes, qui prohibe l’usage du terme Naqba présente ses vœux aux Musulmans, relève de la provocation.

Que des notables musulmans planqués à des milliers de kilomètres du champ de bataille, à l’abri des vexations quotidiennes, des humiliations, des expropriations, cautionnent une telle démarche relève de l‘avilissement moral.

On ne rompt pas le pain avec son ennemi, sauf pour faire la paix ou faire progresser la paix. On ne devient pas co-pain avec son ennemi, sans contrepartie, gratuitement, comme une marque de servilité.

Il n’appartient pas à une minorité de dévoyer le combat légitime de tout un peuple car au delà de la religion intrinsèque des convives, au delà des croyances personnelles et des calculs égoïstes des uns et des autres, une religion universelle s’impose à tous, celle de la dignité humaine qui interdit d’être le commensal de son ennemi, particulièrement lorsqu’il vous crache au visage tous les jours et piétine vos droits.

Pitoyable ces reptiles qui desservent la paix, en abdiquant toute dignité. Tabban Aleyhom

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