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Alexis Corbière : défendre les musulmans contre la stigmatisation et rassembler la gauche face au RN

Invité d’Oumma, Alexis Corbière, député de Seine-Saint-Denis et cofondateur de L’Après, défend une laïcité protectrice des libertés et dénonce la dégradation des services publics. À l’approche de la présidentielle de 2027, il plaide pour une union de la gauche incluant La France insoumise, malgré ses désaccords avec sa stratégie.

Pour Alexis Corbière, la défense de la République commence par celle de l’école publique. Évoquant les mobilisations lycéennes en Seine-Saint-Denis, l’ancien enseignant insiste sur les classes surchargées, les professeurs non remplacés et le manque de personnels de santé scolaire. Il refuse que l’attention portée aux incidents en marge des manifestations efface les revendications des jeunes.

« Quand vous attaquez l’école, vous attaquez la République », affirme-t-il. Derrière les inégalités entre établissements, il dénonce un « séparatisme scolaire » : selon leur lieu de résidence et les ressources de leur famille, les enfants ne bénéficient pas des mêmes conditions d’apprentissage. Il voit dans l’affaiblissement des services publics une dynamique qui favorise le développement du privé, dans l’éducation comme dans la santé.

Une laïcité qui protège la liberté de croire

Interrogé sur la place des musulmans dans le débat public, Alexis Corbière dénonce une « obsession » médiatique qui les présente régulièrement comme responsables des difficultés du pays. Il explique utiliser désormais le terme d’islamophobie pour désigner le racisme antimusulman, tout en restant attaché à la liberté de critiquer les religions.

Sa conception de la laïcité repose sur la liberté de conscience : chacun doit pouvoir croire, ne pas croire ou changer de religion. Il rejette ainsi les propositions visant à interdire le foulard dans la rue, qu’il considère comme une « perversion de la laïcité ».

À ceux qui assimilent le port du voile à un rejet de la République, il oppose son expérience d’élu à Bagnolet. Des mères portant le foulard, souligne-t-il, sont en première ligne des mobilisations pour l’école publique et accompagnent les sorties scolaires. Défendre leurs droits ne suppose pas de partager leurs convictions religieuses : il s’agit de garantir leur liberté et leur égalité.

Combattre le racisme sans ambiguïté

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Sur l’antisémitisme, le député affirme une exigence tout aussi nette : « On ne peut pas être de gauche et antisémite. » Il conteste l’idée d’un antisémitisme devenu « résiduel » et critique la première réaction de LFI aux attaques du 7 octobre, notamment l’absence du mot « terrorisme ».

Pour lui, le soutien au peuple palestinien et la dénonciation de la politique du gouvernement israélien doivent s’accompagner d’une condamnation claire des massacres de civils. Il met également en garde contre ce qu’il décrit comme une stratégie de l’extrême droite visant à faire oublier son propre héritage antisémite en retournant l’accusation contre la gauche.

Cette exigence de clarté concerne aussi la violence politique. Alexis Corbière distingue la protection des manifestations et des réunions publiques de la recherche de l’affrontement physique. Il condamne sans détour les coups portés à une personne à terre et défend un engagement antifasciste fondé sur la mobilisation collective et démocratique.

Une rupture avec LFI qu’il présente comme stratégique

Revenant sur sa non-investiture aux législatives de 2024, Alexis Corbière affirme avoir été « purgé » de La France insoumise. Il insiste néanmoins sur la permanence de ses convictions : partage des richesses, transition écologique et VIe République.

Son désaccord, explique-t-il, porte d’abord sur la stratégie. Face à la progression du Rassemblement national, il défend le prolongement de l’union construite avec la Nupes puis le Nouveau Front populaire. Ses critiques visent aussi les responsables de gauche qui refusent toute alliance avec LFI, qu’il considère comme une composante indispensable du rassemblement.

À ses yeux, arriver en tête de la gauche au premier tour ne suffit pas : il faut construire une majorité capable de battre l’extrême droite au second. L’Après entend contribuer à cette union, plutôt que défendre un espace partisan supplémentaire. Alexis Corbière résume ainsi son objectif : « Sortir du macronisme et ne pas entrer dans le lepénisme. » Un appel adressé à l’ensemble de la gauche, qu’il invite à mesurer le risque d’une victoire du RN et à retrouver le chemin d’un combat commun.

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