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2022 : Et si Marine Le Pen devenait présidente de la République ?

Le ciel, bas et gris, se reflétait dans une Manche agitée et sombre. Des dizaines d’embarcations de pêcheurs tachetaient l’horizon de points noirs qui dansaient avec le mouvement ondulatoire de l’eau couleur émeraude. Une pluie fine et froide, dans une succession de gouttes très rapprochées les unes des autres, mourait à la verticale sur les personnes accoudées sur les rambardes du pont supérieur du paquebot. Leurs têtes encapuchées se penchaient en avant comme pour dénoter la lourde tristesse et le profond soulagement que ressentaient ces gens à l’idée de la traversée qu’ils allaient connaître.

N’ayant pas encore quitté le port de Ouistreham, Karim frémissait d’impatience dans l’attente du départ du navire de la Britanny Ferries. Respirant à plein-poumon en pensant à toutes les affaires qu’il n’avait eu d’autre choix que de laisser dans ce qui était désormais son ancien studio, il se dit que sa vie, sauvée du venin raciste instillé dans le pays, demeurait son seul trésor. Cette pensée le soulagea. L’appareillage se faisant attendre pour une raison obscure, et la rumeur parmi la foule devenant de plus en plus sourde, Karim, pris de panique soudaine de peur d’être empêché de partir, se força à diriger son esprit, afin de le calmer, vers une réflexion rationnelle. Il se mit alors à rejouer le film qui l’amena à vouloir précipitamment quitter, avec tant d’autres de ses coreligionnaires, le pays qui l’avait vu naître. Le cerveau humain étant construit de telle sorte que la mémoire, imparfaite, multiplie les confusions et oublie des pans entiers du passé, les épisodes peuplant les souvenirs de Karim ne pouvaient relayer de manière exhaustive tout ce qui était advenu, notamment les actions de ceux qui avaient protesté contre l’islamophobie de l’Etat, à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières du pays.

Moins de dix-huit mois auparavant, Marine Le Pen, du Rassemblement National, avait enfin réussi à enjamber la dernière marche du pouvoir. Elle était devenue, le 15 mai 2022, la neuvième présidente de la Vème République, en l’emportant de justesse au second tour face à Benoît Hamon. A 71 ans, elle connaissait enfin la consécration de sa stratégie de dédiabolisation et de normalisation du Front National adoptée en 2011 lors de son avènement à la tête de son Parti.

Un paquet d’évènements avaient alors petit à petit assombri l’avenir de millions de personnes. Tout de suite après 20h00, heure de la proclamation de sa victoire sur les écrans géants dans les salons des foyers français, des groupes d’hommes (et de quelques femmes), criant à tue-tête « on est chez nous », avaient envahi les centres-villes du pays. Des premières ratonnades avaient été rapportées par la presse, ainsi que la casse de kebabs. Bien que le discours de victoire de Marine Le Pen s’était voulu « rassembleur et rassurant », des municipalités RN avaient entrepris dès le lendemain, avec le soutien de foules en liesse et sans la moindre réaction de forces de l’ordre apeurées, de détruire au bulldozer des mosquées dont ils n’avaient pas réussi, les mois précédents, à empêcher devant les tribunaux la construction légale. Pendant les jours qui avaient précédé la passation de pouvoir, de nombreux appels à l’interdiction du voile dans la rue avaient été lancés dans les Réseaux sociaux. De fait, des femmes voilées ou des hommes barbus étaient interdits d’entrée dans un certain nombre de commerces. Dans les transports en commun, les gens, qui à l’accoutumée regardait le bout de leurs chaussures pour éviter de croiser des regards, se toisaient les uns les autres dans une atmosphère électrique. Plusieurs banlieues françaises se consumaient dans des émeutes matées avec la plus féroce des fermetés par la police. A l’évidence, une ambiance délétère s’était imposée dans le pays.

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Après la journée de passation de pouvoir et la nomination au poste de Premier ministre de Florian Philippot, rabiboché avec la patronne du RN en janvier 2022, plusieurs hommes et femmes politiques de tout bord, voulant déjouer les prédictions de raz-de-marée aux Législatives à venir, avaient lancé l’idée d’un Front républicain afin d’empêcher la nouvelle présidente de disposer d’une majorité à l’Assemblée. Mais Marine Le Pen, prenant exemple sur Nicolas Sarkozy en 2007, avait su déjouer leurs manœuvres en misant sur l’« ouverture ». Son premier gouvernement de seize membres avait laissé trois ministères clés à des personnalités issues de la « société civile » : le vieil Alain Finkielkraut, toujours énergique malgré ses plus de soixante-dix ans, avait accepté de prendre en charge l’Education, afin d’initier « le retour à l’exigence dans l’acquisition des savoirs à l’école ». L’académicien s’était défendu devant les cris d’orfraie de ceux qu’il appelait « les défenseurs du politiquement correct et de la bien-pensance » en légitimant le principe de sa participation à ce gouvernement par le fait qu’il l’empêcherait de s’arrimer aux faces les plus sombres du populisme. Gilles-William Goldnadel était devenu le nouveau Garde des Sceaux et avait promis une politique de « tolérance zéro » face à la moindre critique d’Israël, voulant l’assimiler à l’antisionisme devenu une part de l’antisémitisme depuis la réforme de Macron d’avril 2019. Quant à Philippe Val, il avait hérité de la Culture. L’ancien directeur de Charlie Hebdo avait promis de défendre la culture française « contre toutes les attaques des islamistes visant nos modes de vie et de penser ». En plus de ces trois-là, le Ministère de l’Intérieur, qui avait également en charge les Cultes, était tenu par Stéphane Ravier, membre historique du RN. Robert Ménard prenait la tête de celui de l’Immigration et de l’Identité nationale, remis au goût du jour depuis sa suppression en novembre 2010. Nicolas Dupont-Aignan héritait des Affaires Etrangères, accédant enfin au niveau de respectabilité dont il avait toujours rêvé.

Quelques semaines plus tard, le Rassemblement National avait emporté haut la main les Elections Législatives, permettant à Marine Le Pen de dérouler sa politique identitaire. Dès l’été 2022, la République française interdisait par le vote d’une Ordonnance le port de tout vêtement islamique sur la place publique, en arguant du fait qu’une telle liberté d’accoutrement causait des troubles à l’ordre public. Le hijab avait ainsi totalement disparu de l’espace public (sauf dans les banlieues dans lesquelles les femmes voilées, avec l’appui des autorités religieuses, s’étaient généralement imposées de ne quitter sous aucun prétexte, sauf en cas d’urgence). Le Ministre de l’Intérieur avait en outre lancé en septembre un audit sur toutes les mosquées de France, afin de vérifier la teneur des prêches de leurs imams qui devaient respecter « les principes républicains », la légalité de leur comptabilité, ainsi que leur respect des normes de sécurité dans les lieux accueillant du public. A l’issue de cette enquête qui avait duré six mois, plus d’un tiers d’entre elles avait dû mettre la clé sous la porte pour non-application d’au moins l’une de ses trois obligations.

Cette fermeture forcée était arrivée à la Mosquée d’Hérouville-Saint-Clair, ville de la banlieue caennaise. La raison invoquée par la Préfecture tenait en ce qu’il n’existait aucune indication de sortie de secours en cas d’incendie. Elle était celle que fréquentait Karim. Si l’on voulait ressentir autour de soi, le temps d’une prière, l’ardeur vivifiante d’une communauté, il fallait emprunter le tramway et se rendre de l’autre cote de l’agglomération, dans la commune d’Ifs. Au moins, se réconfortait Karim, pouvait-il longuement apprécier la meilleure qualité de ces nouvelles rames récemment rénovées par rapport aux anciennes qui, fonctionnant avec des pneus, étaient devenues dans la cité la risée de tous, et ce, sans exception aucune liée à la religion.

Début novembre, Karim avait reçu un courrier de la Préfecture lui accordant un délai d’un mois pour ne garder qu’une seule de ses deux nationalités, la française ou la tunisienne. Cette injonction avait émané d’une nouvelle disposition du Code de la Nationalité adoptée en octobre à la suite des appels incessants lancés par Eric Zemmour dans sa nouvelle émission diffusée sur Canal Plus, « Sans Tabou », qui dominait le PAF dans la case stratégique de l’access prime-time. Après quelques jours, Karim avait choisi à contrecœur d’abandonner la nationalité de ses parents, de peur d’être expulsé au cas où les autorités l’avaient décidé par une nouvelle réforme attentatoire aux libertés.

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Un jour d’hiver, il avait retrouvé ses amis dans une chicha du centre-ville. Le patron de l’établissement était gonflé à bloc. Il venait de recevoir la visite d’un fonctionnaire lui indiquant que, selon une disposition supplémentaire complétant le décret du 15 novembre 2006 sur l’interdiction de fumer dans les lieux collectifs, fumer le narguilé allait dorénavant être prohibé dans les lieux clos. Pour continuer à servir des chichas, il devait, dans un délai de six mois, aménager un espace ouvert, à l’air libre, et ne pouvant être protégé de la pluie ou du soleil que par des supports amovibles. Le commerçant était paniqué. Il ne tenait plus en place, gigotait comme un enfant et tournait en rond entre les tables de son bar. Sa fureur était tellement aveuglante qu’il n’arrêtait pas de taper de ses genoux le bord de celles-ci, manquant de faire vaciller les narguilés. Il faisait penser, dans l’esprit de Karim, au Schtroumpf à lunettes qui, ne trouvant plus ses binocles, est incapable de se diriger sans foncer sur divers obstacles. Paniqué à l’idée d’être ruiné à cause de ces coûteux réaménagements forcés, il répétait sans cesse : « Comment je vais faire pour m’en sortir ? Comment je vais faire pour m’en sortir ? Comment je vais faire pour m’en sortir ? … »

Walid, l’un des potes de Karim, avait rompu la tirade du patron en évoquant son propre cas. Son fils avait été puni à l’école après s’être battu et avoir « dégommé » un autre élève vers la fin de la récréation. La raison de cette bagarre ? Son camarade de classe avait insulté l’islam et avait annoncé la fin de cette religion en France, mots qu’il avait tirés de son propre père. Pendant qu’il racontait comment son fils ne comprenait pas pourquoi il avait été puni seul alors que son camarade avait été épargné, Karim voyait que le regard naturellement en cloche de son ami s’illuminait à tel point qu’y rayonnait une haine cruelle.

Lui-même, Karim, était dépourvu de cette haine. Ce n’était pas qu’il ne ressentait pas l’injustice faite à sa communauté par la suite des événements qui l’avait atteinte depuis l’élection de Le Pen. Mais la peur de l’avenir qui le tétanisait (et qu’il n’exprimait jamais) empêchait son cœur de se libérer de lui-même pour identifier dans la nauséabonde humeur du pays les acteurs de cette descente aux enfers. Cette crainte semblait même chez lui avoir une puissance accommodante, puisqu’il continuait, malgré les signes évidents que tout allait devenir plus grave pour les musulmans comme lui, de conduire sa vie quotidienne comme si de rien était. Bien que pratiquant, il se laissait toujours autant envahir par ses contradictions, entre le rappel qu’il s’obligeait à avoir sur l’existence et la bonté de Dieu, et ce qu’il savait être des pêchés, notamment dans ses fréquentations avec la gent féminine.

Un mois après cette journée à la chicha, il avait d’ailleurs presque glané une nouvelle conquête, du nom de Gwendoline, mais avait dû renoncer à cause des effets de la situation dans le pays.

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Sur le trajet du domicile de la jeune femme juste après leur rencontre à la bibliothèque municipale, Karim et Gwendoline avait été interrompus dans leur discussion par l’effrayant dérapage d’une voiture de police, surgie de nulle-part et s’étant arrêtée nette à leur niveau. Deux de ses trois occupants, un homme grassouillet avec une grosse moustache et une femme au corps petit et sec, avaient bondi devant le couple. Le policier avait demandé ses papiers à Karim tandis que la policière tentait, par un rappel à l’ordre, de « vacciner » Gwendoline de toute attirance vis-à-vis des Maghrébins, et ce, menace à peine voilée, pour sa propre sécurité à l’avenir. Se rappelant qu’il avait laissé sa Carte d’identité chez lui, et apeuré de ce fait, Karim avait, paniqué, fouillé ses poches en lambeaux pour en ressortir des clés et une boule de feuilles à rouler chiffonnées. A la vue de celles-ci, l’homme gras l’avait agrippé et plaqué contre un mur afin de procéder à une fouille. La femme maigre avait quant à elle éloigné Gwendoline qui voulait aider Karim. Les protestations de cette dernière n’avaient pu empêcher le gros policier de menotter puis d’embarquer le jeune homme afin, selon ses dires, de s’assurer de son identité et de la régularité de son séjour en France. Sa collègue maigrichonne avait abandonné Gwendoline tombée à terre de désespoir et avait suivi le policier. Karim s’était toujours souvenu depuis, alors qu’il était assis sur la banquette arrière du véhicule de police qui avait démarré en trombe, et qu’il s’était contorsionné malgré ses menottes pour la voir s’éloigner à travers le pare-brise arrière, du regard triste et impuissant de Gwendoline et, surtout, de la frustration qui l’avait envahi face à cette nouvelle injustice.

Placé en garde-à-vue à son arrivée au Poste de police, Karim avait vécu l’une des pires expériences de sa vie. Sujet à la claustrophobie, il avait insisté pour voir un médecin. Mais l’agent de garde avait fait la sourde oreille et avait fermé la porte vitrée de sa cellule, en lui disant que des « bicots comme lui ne méritaient pas que l’on accentue le trou de la Sécurité Sociale ». L’extrême petitesse de sa cellule et l’absence de fenêtre avaient fait naître une extrême tension l’irradiant le long du corps, de sa mâchoire qu’il ne pouvait s’empêcher de serrer comme si seul ce geste aurait favorisé un retour au calme, au trait formé par la limite de ses côtes au-dessus de son estomac, dont il avait l’illusion inouïe qu’il se déplaçait de haut en bas, mouvement pour lui d’une terreur sans nom.

Par un effet psychosomatique dont la science n’a pas encore délivré tous les secrets, son cœur était monté en rythme jusqu’à atteindre une cadence infernale, tandis que ses paupières, la force de la gravité en décuplant le poids, étaient devenus plus lourdes qu’à la suite d’une nuit blanche. Les ongles des doigts de ses mains, surtout des majeurs, avaient oublié leur permanente absence et demandaient à ressentir une force les empoignant afin de leur interdire toute manifestation physique. Sa vue s’était brouillé à intervalles irréguliers au départ, puis de plus en plus fréquemment, allant jusqu’à souffrir des rayonnements dégagés par l’ombre elle-même !

Suite à cet enfermement, Karim avait mis des jours à sortir de ce tourbillon de sensations désagréables. Pour ne pas accentuer son désordre intérieur, il avait fait l’impasse sur le shit. Il avait passé le plus clair de sa journée enfoncé dans son lit, isolé dans un silence à faire perdre les pédales. Il s’était senti comme au fond d’un puits asséché, par temps caniculaire, pendant une nuit noire sans étoiles. Silence total et noir absolu au fond d’un puits asséché : il n’y avait rien à quoi s’accrocher, ni à la fraîcheur salvatrice d’une eau claire lavant le corps de la crasse qu’il avait accumulée, ni même à la lumière du jour éclairant les champs de vision de chaque être et permettant, ainsi, la continuation de la vie.

Cet épisode s’était déroulé à la fin mars 2023. Depuis, chaque semaine ou presque voyait l’annonce par les actualités d’une action alarmante visant, à des degrés divers, des musulmans ou des prétendus comme tels. Quelques péripéties de cette longue attaque contre les principes républicains avaient marqué Karim.

Par exemple, Marine Le Pen avait tourné le dos à la politique étrangère traditionnelle de la France. Paris avait en effet décidé, le 21 avril 2023, date choisie comme un symbole le jour de la Fête du ramadan, le déplacement de son ambassade en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem, qu’elle reconnaissait depuis comme capitale réunifiée de l’Etat juif. La semaine d’après, la présidente avait décidé la rupture unilatérale des relations diplomatiques avec l’Autorité palestinienne tant que celle-ci, comme devait l’expliquer plus tard Nicolas Dupont-Aignan, n’acceptait pas de retourner à la table des négociations avec le gouvernement israélien sans imposer de préalables (l’exigence de la fin de la colonisation, de la fin du blocus à Gaza, et du retour des ambassades de la France, des Etats-Unis, de l’Australie, de l’Inde, de la Pologne, de l’Ukraine, de la Slovaquie, de la République tchèque, de la Hongrie, du Guatemala et du Brésil à Tel-Aviv).

Le 6 juin 2023, lors d’un discours prononcé à l’issue de la commémoration du Débarquement du 6 juin 1944, Marine Le Pen avait annoncé un moratoire sur le versement des pensions aux anciens combattants qui ne possédaient pas la nationalité française. Elle avait visé par cette mesure les vétérans des anciennes colonies qui avaient obtenu une réforme de leur situation injuste suite à la sortie du film « Indigènes » en 2006. Cette décision, avait-elle dit, était la conséquence de la Préférence nationale, inscrite quelques semaines plus tôt dans la Constitution de la Vème République.

De fait, Florian Philippot avait animé, en sa qualité de Chef du gouvernement, la mise en place dans toutes les actions publiques de cette notion de Préférence Nationale. Ce nouvel aiguillon de l’action gouvernementale avait, pêle-mêle, justifié la suppression de l’Aide médicale d’Etat, introduit de manière massive le rôle positif de la colonisation dans les programmes d’Histoire à l’école, imposé aux bibliothèques publiques un quota de 1% à ne pas dépasser pour les livres traitant de l’islam, rendu obligatoire la délivrance de prénoms francophones aux nouveau-nés, durci le droit d’asile en élargissant le nombre de pays d’origine sûrs et en imposant cette liste à l’OFPRA (des Etats comme la Syrie ou le Yémen, où les affres de la guerre continuaient de jeter sur les routes de l’exil des centaines de milliers de personnes, étaient considérés comme sans danger au regard de la procédure de demande d’asile).

Dans une sorte de dialectique terrifiante, s’était jouée en Karim pendant le printemps et l’été 2023 une relation dévastatrice entre les nouvelles du pays, de plus en plus effrayantes, et son état intérieur, de plus en plus problématique. S’arrimant à la religion et étant désormais libéré du cannabis, il avait passé de longues heures à la mosquée d’Ifs, tentant de trouver dans des recueil de hadiths des paroles du prophète devant l’aider à affronter sa douleur et son époque. Un jour de fin septembre 2023, alors qu’il était à la mosquée entre les prières du Maghreb et de l’’Icha, son mal intérieur avait soudainement muté.

Karim avait entendu d’un coup sa tête résonner. La fureur était rapidement montée en crescendo. Il s’était cru au petit matin, après une très courte nuit, dans un temple bouddhiste au moment où l’on invite en tapant sur une cloche géante les fidèles au premier service de la journée. Le bruit était infernal, irrésistible. Rien ne semblait pouvoir l’arrêter. Karim était à bout. Il souhaitait la mort, clé d’un silence éternel devant le protéger de cet écho diabolique.

Le gong était puissant. Des mots, décousus, forçaient son esprit à rester éveillé, ce qui rajoutait une horrible souffrance à un état plus qu’assombri. « Suède » pensait-il. Il n’y était pourtant jamais allé. « Manger du chocolat », « se rincer la bouche », « fumer des cigarettes et les éteindre toutes dans un cendrier ». Il délirait. Il était devenu fou. Il brûlait d’un feu dévastateur. Il voulait s’éteindre lui-même dans un cendrier énorme.

Le gong était devenu surpuissant. Il avait eu l’impression que le son dans sa tête, à une vitesse folle, se déplaçait de gauche à droite, puis de bas en haut, enfin dans toutes les directions imaginables. Il avait physiquement ressenti ces ondes sonores construire des figures qu’il pouvait mentalement reproduire. Son cerveau s’était ainsi transformé en une nef d’une église orthodoxe, sombre sauf en quelques points grâce aux bougies allumées par les fidèles.

Puis le gong était monté jusqu’à un niveau de décibels assourdissants. Il avait fini par sortir Karim de sa torpeur. Des gouttes de sueur avait inondé son front. Il était faible. Il avait été aidé par un des frères de la mosquée qui l’avait relevé et soutenu jusqu’à une chaise posée à droite du minbar.

Ce jour-là, Karim avait décidé de quitter ce pays d’intolérance. Après la dernière prière de la journée, il avait accompli le rite de la consultation pour demander à Dieu de l’aider à choisir le pays de son exil. Le lendemain matin, suite à une nuit agitée par un cauchemar étrange dominé par le visage de Marine Le Pen dominant ses songes en grandeur nature, il s’était porté sur l’Angleterre. Ce pays, depuis le Brexit et l’installation des travaillistes au pouvoir, s’était contre toute attente ouvert au monde extra-européen en comprenant que sa logique impériale passée, si elle se transformait en une mission pacifique de partage avec les autres civilisations, pouvait jeter les bases d’un nouveau développement.

Grâce à sa nationalité française qu’il avait eu la justesse salvatrice de ne pas abandonner, et qui lui donnait le droit de séjourner au Royaume-Uni grâce à l’Accord de Bruxelles du 17 septembre 2019 liquidant les effets du Brexit, Karim avait pu embarquer dans un paquebot en partance pour Portsmouth.

On était le 16 octobre 2023. Le ciel, gris et bas, se reflétait dans une Manche sombre et agitée. Des dizaines d’embarcations de pêcheurs tachetaient l’horizon de points noirs qui dansaient avec le mouvement ondulatoire de l’eau couleur émeraude. Une pluie froide et fine, dans une succession de gouttes très rapprochées les unes des autres, mourait à la verticale sur les personnes accoudées sur les rambardes du paquebot. Leurs têtes encapuchées se levaient vers le ciel comme pour implorer Dieu de hâter le départ. Un nuage fut alors d’un coup percé par un rayon de soleil qui, au contact de la mer, dessinait une lueur rosâtre, marque de l’espoir en un avenir meilleur. Subitement, le puissant gong du navire explosa dans un lourd bourdonnement, apeurant les mouettes qui papillonnaient au-dessus de la côte et qui s’éloignèrent, en s’égosillant encore plus fort de leur cri reconnaissable, vers la lointaine île britannique. C’était là le signal du départ définitif vers une terre de liberté…

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21 commentaires

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  1. Laïcité en hausse sondage mars 2019

    https://www.marianne.net/societe/sondage-les-francais-et-l-electorat-de-macron-plus-laiques-que-jamais?_ope=eyJndWlkIjoiMmQwODRmZTU5YjQ2YjcwYWI0ZjNmZTY5MjAxOTVhMzEifQ%3D%3D

    Ce sondage fait ressortir explicitement l’opinion des électeurs de Macron sur la laïcité. Ce sont donc les électeurs qui ont refusé de voter Le Pen aux dernières présidentielles.
    Le résultat est sans appel : trois Français sur quatre sont hostiles à l’assouplissement des règles en faveur de l’Islam.

    Ce que les Français “moyens” (dont je fais partie !!! ) contestent ce n’est pas l’existence de l’Islam c’est sa VISIBILITÉ INTEMPESTIVE.
    Eh oui. En France, c’est comme ça ! Et ça fonctionne plutôt bien (fonctionnait ?) depuis plus d’un siècle pour toutes les religions représentées.

    D’où ma critique du port du hijab dans la rue.
    Ne donnez pas du grain à moudre aux petits fachos.
    Merci d’avance.

  2. @M. Taamalli,
    merci pour votre réponse mais j’ai été obligé de conclure ainsi que je l’ai fait par le ton trop favorable que vous donnez à ce Karim puisqu’il est présenté en tant que victime !

    @patrice
    je ne vous imaginais pas si âgé lol
    après, je ne vois pas de crime à analyser une peinture (techniques de peinture employées) si on a été touché.
    on devrait un jour avoir une profonde réflexion sur la cause qui fait que tant et tant préfèrent le monde imaginaire.

  3. @ Souaréba DIABY GASSAMA

    Je ne répondrai que sur une chose, le reste appartenant aux commentateurs dont vous faites partie et qui ont noué un debat riche et intéressant. Karim, dans ce texte, n’est pas moi mais un personnage de fiction que j’ai créé.

    Cordialement
    Adel Taamalli

  4. @Souaréba

    Merci pour votre intelligente réponse.
    Mais l’art ne convoie que le ressenti. Il réside hors logique. Dès qu’il cherche à analyser, il se perd. J’ai mis 50 ans à comprendre celà. Les américains parlent de feeling, et j’adore ce mot, qui décrit parfaitement un autre mode de communication. On pige mieux le concept dans des caves de jazz, dès que l’on comprend qu’une simple grimace du spectateur influe sur la musique.
    Tout comme vous, j’ai reçu une éducation rationnelle, avant de découvrir l’expression artistique. Je sais que ça n’apparaît guère dans les textes que je publie sur Oumma, mais je passe quand même la moitié de mon temps dans l’autre monde. …Celui que les années 60 avaient éradiqué. Make a walk on the wild side… Comme disait Ribéry. (Morin? )

  5. @patrice
    il faut que je m’exprime bien.
    je ne méprise pas l’Art si tant est qu’il conduit au Vrai, c’est-à-dire qu’il dévoile certains aspects de la Réalité que nous ne voyons pas/plus. en cela, l’Art nous grandit car il nous ramène à notre «nature». et il est diverses façons d’être un artiste : peinture, littérature, philosophie, musique…
    mais comment voulez-vous que je voie de l’Art en la fiction de M. Taamalli avec tant de fautes et un texte qui, dans le fond, bien qu’il ait été rédigé par un supposé musulman, aurait très bien pu provenir d’un individu d’extrême-droite si tant est que nous retirions les connotations favorables ? car je vois -et je ne suis pas seul- que l’auteur ne se sent Français que par intérêt : exactement ce que tient l’extrême-droite en parlant de «Français de papier».
    l’Art n’interdit donc pas que l’on s’y penche analytiquement si tant est que la condition première que j’évoquai, à savoir dévoiler la Réalité, y soit, puisqu’en fin de compte, c’est la seule chose qui importe.
    d’ailleurs, c’est plutôt à vous que je suggère de relire Schopenhauer car il opère EFFECTIVEMENT une analyse profonde de la musique TOUT EN TENANT qu’elle est un moyen d’atteindre cette Réalité.

    @mistigris
    il serait fort bon que nous ayons un véritable débat sur la question du voile, en effet ! quant à moi, j’ai un problème avec ceux qui s’imaginent qu’il serait nécessaire au vu de ses effets néfastes sur la psychologie des hommes qui en viennent à considérer les femmes parfois à la façon d’objets sexuels dangereux. et le corrélat obligatoire est donc qu’une femme dévoilée serait une pute qui mériterait qu’on la violât. c’est très choquant ; et pourtant, c’est le discours que j’entends quelques fois. il serait donc fort bon que l’on retrouvât des relations hommes-femmes dignes et saines et j’ai l’impression que le voile n’y contribue pas ou plus.

  6. @Daniel

    Merci pour votre commentaire.
    Mais je ne vois pas le héros de cette histoire comme un héros, façon antique. Sur que ça n’est pas le vaillant Achille. C’est tout sauf une critique, vu que, s’il a existé, c’était sans doute une brute épaisse.
    Il va sans dire que les héros n’existent pas trop, ce sont généralement des déments, ou des mythomanes.
    A part ça, le héros de l’histoire a quand même un mobile intelligible: L’Appât du gain. Mais qui est désintéressé à part la fameuse Bépierre? (Toujours pas canonisée, car hétéro)

  7. @Souaréba

    Remarque liminaire. Tout comme vous je ne lis que de la littérature classique. En revanche, j’écris des romans de fiction dont le style vous heurterait probablement. Non que je ne sache m’exprimer à la manière des classiques… C’était ma grande spécialité en Hypokhâgne. J’étais même capable de pondre du La Bruyère crédible, ou du Montesquieu, du Boileau, du Voltaire, à la demande, un peu comme ce peintre faussaire qui défraya un temps la chronique.
    Sauf que, quand on passe de la copie à la création, le style échappe instantanément aux règles apprises par imitation. En fait, le secret de la création littéraire est la spontanéité. Quand on commence un roman, on n’a pas la moindre ide de ce q’il va advenir. On écrite l titre, et le reste suit. On n’écrit pas un roman. Un roman s’écrit. On démarre absent de plan, d’idées, ou de convictions. On n’est que la main de dieu. C’est là le secret de la cohérence absolue d’œuvres comme La Chartreuse. L’auteur ne décrit pas l’aventure de l’extérieur. Il la vit. Il est dedans. Il voit les acteurs d’une sorte de film intérieur dont il n’a jamais rédigé le scénario.
    Votre mépris pour la création artistique est au final assez moderne. A la mi vingtième siècle, on a voulu remplacer la création par l’analyse. … Et à chercher des intentions dans les œuvres littéraires. …Ou une relation avec le vécu de l’auteur. Bref, après avoir disséqué des œuvres majeures, comme La Chartreuse, ou Madame Bovary, on avait tout compris du roman, sauf le roman. On s’en était mécaniquement expulsé, de la même manière que les musicologues qui décryptent les sonates de Beethoven perdent tout ressenti.
    La vérité est que art et logique procèdent d’univers quasi opposés.
    Sinon, puisque vous êtes un fan de logique, relisez Schopenhauer. Ca vous permettra de comprendre que la logique ne sert que la folie. C’est juste un outil inféodé à des pulsions absurdes.
    Bref.
    Merci de m’avoir répondu.

  8. Le débat sur les qualités ou les défauts de l’écriture permettent d’éviter de parler du fond. J’ai aimé ce texte (y compris les possibles outrances) parce qu’il pose la loupe sur un aspect de ce qui ( ou, pour Souaréba … ce QU’IL … se passera en France si LePen arrive au pouvoir.
    J’y ai fait allusion dans deux de mes commentaires sur (ou plutôt CONTRE) le port du hijab dans les lieux publics. Chaque incident est pain bénit pour la fachosphère sur les réseaux sociaux et les médias.
    Le port du voile donne de l’urticaire à la plupart des Français. Ceux qui — euh … comme moi … — sont bien élevés ! se gardent soigneusement de manifester leur agacement en présence des personnes concernées. Mais cette ESSENTIALISATION revendiquée est perçue comme crier dans la rue : “Je suis musulmane et je veux que ça se sache”.
    Ce signe ostentatoire visible dans un rayon de 300 mètres ou plus par temps clair … passe mal. Et pourtant les mêmes Français n’ont rien en soi contre la présence de l’Islam en France.
    Les Mormons des États-Unis ont dû renoncer à la polygamie pour vivre en paix.
    Les cathos de France ont dû renoncer à la loi contre le blasphème etc. J’aimerais que les musulmanes et surtout les musulmans comprennent que (1) la vertu ça ne s’affiche pas, (2) ça ne protège pas les femmes des bonhommes frustrés même pendant le pèlerinage à la Mecque et (3) ça donne à l’extrême- droite des occasions ininterrompues pour titiller les Français qui cherchent à rester neutres.
    Et ces Français-là, nous aurons besoin d’eux aux prochaines présidentielles.
    Alors, faites un effort.
    En toute amitié.

  9. @patrice. Vous avez bien résumé votre posture : Karim c’est l’autre, vous, vous faites une incursion imaginaire dans un monde que vous ne connaissez pas, comme un touriste, à distance. Ce n’est pas mon cas cher monsieur. Ma famille est multi ethnique. Je sais ce qu’est le racisme et aussi ce qu’il n’est pas et surtout qu’on n’a pas besoin d’être blanc pour être raciste. Vous, vous laissez à penser que la France est raciste et antisémite. Bravo !
    Mais revenons au texte. Pourquoi Karim ne part pas en Tunisie ? Al Massoud a apporté une réponse curieuse mais intéressante : le califat autonome pakistanais de Londres. Pourquoi une des “conquêtes” de Karim est une Gwendolyne ? Peut être parce qu’une musulmane ne pourrait pas “sortir” avec Karim, sans provoquer le déshonneur de sa famille. Quand j’étais gamin, j’ai écrit une carte de Noel à une amie d’origine algérienne en lui faisant plein de bisous. J’avais 13 ans. L’un de ses frères a débarqué chez moi et ma demandé des comptes. Elle s’était faite tabasser par tous ses frères et son père. Le communautarisme est une plaie qui enferme des Karim ou des Leila dans des postures ethniques ou religieuses, les coupe de la France. Libre à vous de voir Karim comme un héros des temps modernes, éternel victime des français racistes. Sauf que je travaille avec des français d’origine maghrébine, de confession musulmane qui ne se voient pas comme ça. Et c’est tant mieux. Je me retrouve en eux pas en Karim, désolé pour l’auteur. En espérant que Oumma ne me censure pas à nouveau.

  10. @patrice
    nous en avions déjà parlé.
    il s’agit de conceptions de la vie différentes ! certains se complairont à la lecture médicamenteuse de romans (et assimilés) de la même façon que d’autres, pour le même objectif consistant à “s’évader” de ce monde qui ne les pousse qu’à cela, se mettront à la drogue, au jeu vidéo, etc.
    il m’arrive de lire quelques romans mais seulement à la condition qu’il y ait un BUT UTILITAIRE, à savoir améliorer mon français, par exemple.
    ici, ce but n’est pas ; davantage : dans le récit même, on voit la posture inconfortable et fausse dans laquelle est empêtré l’auteur (à savoir le “maghrébin” ni Français ni Tunisien mais qui, devant la force des choses ou certainement l’attrait de la THUNE, se dira Français tout en trouvant liberticide la “préférence nationale” à laquelle il a POURTANT droit mais qu’il trouve raciste, tant pour lui, la considération ethnique est supérieure), sans même parler des évidentes lourdeurs dans la formulation. tout devient plus clair lorsqu’on lit la présentation que fait de lui-même l’auteur : “En tant que membre de la deuxième génération de l’immigration musulmane en France (…)”.. il n’est pas étonnant que l’on lise de sa plume cette fiction, donc !

    d’où le fait que je lise davantage de philosophie : au moins, il s’agit (normalement) d’aiguiser son intelligence.

  11. @Souaréba

    J’ai eu grand plaisir à lire une fiction sur ce site voué habituellement au débat. Je persiste à estimer que le récit est bien construit, et très vivant, entre autres du fait du recours aux petits détails qui font vrai. Si vous n’écrivez jamais de fictions, normal que vous soyez passé à côté.
    Pour ce qui concerne le style, ça n’est certes pas du Balzac ou du Maupassant, mais la musique des mots est bien présente.
    Quant aux fautes d’orthographe, on n’en a tout de même pas des wagons. Mettons les sur le compte de l’inattention. Il m’arrive aussi d’en commettre.

    @Daniel
    Et si vous tentiez de loin en loin de vous mettre à la place des autres? C’est ce que l’auteur nous incite à faire. Il cherche à nous faire pénétrer dans son univers, et vous réagissez en déclarant: “Retourne dans ton pays de cons, abruti”. (Je résume). Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir, comme disait Ribéry.

  12. c’est quand même assez mal écrit avec un grand nombre de fautes de français…
    quant au contenu, il me paraît être assez banal, en somme, et pas mal faux quand même. Philippot, revenir ?
    je suis assez choqué que certains y voient de la qualité d’écriture, franchement ! et c’est un jugement qui me paraît objectif, je n’attaque pas la personne.

    exemple : “Il s’était cru au petit matin, après une très courte nuit, dans un temple bouddhiste au moment où l’on invite en tapant sur une cloche géante les fidèles au premier service de la journée.”

    à croire que l’on tapait les fidèles qui seraient comme positionnés sur une cloche.

    un bon écrivain eût écrit : “Il s’était cru au petit matin, après une très courte nuit, dans un temple bouddhiste au moment où sont invités les fidèles pour le premier service de la journée par le son de la cloche géante.”

    il y en a bien d’autres…

    “tandis que ses paupières, la force de la gravité en décuplant le poids, étaient devenus plus lourdes”
    -> faut savoir ; “les paupières sont devenuES plus lourdes” ou “sont devenus plus lourdes” ?

    “tentant de trouver dans des recueil de hadiths des paroles du prophète”

  13. Bonjour à tous,

    Tout d’abord, je remercie oumma.com de me donner cetre tribune.

    Par ailleurs, je souhaitais signaler une erreur. Marine Le Pen n’aura pas 71 ans en 2022, comme indiqué par inadvertance dans le texte, mais 53 ans (dans n’approche de ses 54 ans).

    Cordialement
    Adel Taamalli

  14. Ce qui est également stupéfiant dans votre fiction qui est, au demeurant bien écrite, c’est que votre héros n’est en définitive pas français. Vous alignez tous les clichés du communautarisme : il s’appelle Karim, il est nécessairement musulman, le voile, la barbe vont de soi comme la suspicion à l’égard de la gent féminine, il se rend dans un bar à chicha, son pote s’appelle Walid (Paul c’était visiblement impossible), il prend de la drogue, il ne peut pratiquer sa religion que dans une mosquée. En revanche sa conquête s’appelle Gwendoline. Pourquoi pas Leila pendant que vous y étiez ? Mais surtout le fin du fin : il a la double nationalité et ne se rend pas en Tunisie mais dans un autre pays européen. C’est quoi la morale de l’histoire ? On est bien mieux en Europe pour vivre dans une communauté dont les mœurs sont extra européennes que dans son pays d’origine ? Bref l’Europe doit se plier à vos us et coutumes sinon vous êtes des victimes. Aberrant !
    Je peux vous faire le même récit avec un immigré d’origine asiatique qui s’appellera Eric et sera catholique. Ses ancêtres sont donc aussi extra européens. Mais ses parents ont décidé de respecter leur pays d’accueil et ont fait en sorte de s’intégrer en s’assimilant. Il ne prend pas de drogue. C’est un élève brillant qui a fait une école de commerce. Il célèbre aussi le nouvel an chinois, fait de la cuisine asiatique appréciée par ses amis français comme lui. Sa meilleure amie s’appelle Djemilla. Elle ne veut pas porter le voile malgré la pression de son entourage et en a marre qu’on la voit d’abord comme une musulmane …

  15. Je ne crois que c’est le bon moment pour la famille Lepen,mais une chose est sur on aura un president de l’extreme droite au regard de ce qui se passe en Europe et ailleurs cela ne sera pas une surprise,premiere decision perte de citoyennete pour beaucoup de gens venant de l’immigration c’est sur ce point principalement que le nouveau president sera elu…..

  16. @Adel

    Si le point de vue d’un (autre) romancier vous intéresse, sachez que j’ai beaucoup aimé. C’est enlevé, dynamique, bien rythmé, et pas ennuyeux du tout.
    J’aurais juste rajouté quelques dialogues, pour amplifier le réalisme.
    Mais toutes mes félicitations.
    A part ça, je vois arriver ce que vous décrivez depuis une vingtaine d’années. Seule divergence avec votre point du vue: Vous n’avez pas vu revenir l’antisémitisme de droite. C’est mal connaitre la mentalité française.
    Mais bon.
    On verra, si on est encore vivant en 2022.
    En attendant, persévérez dans l’écriture. Même si c’est dur de se faire éditer.

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