Un clic pour aider le Pakistan

Solidarité. Un artiste américain, contacté par Oumma, propose à tout citoyen à travers le monde de venir

par

mardi 24 août 2010

Un clic pour aider le Pakistan

Solidarité. Un artiste américain, contacté par Oumma, propose à tout citoyen à travers le monde de venir en aide aux sinistrés pakistanais par un moyen simple : cliquer sur sa vidéo mise en ligne sur Youtube. Chaque visionnage ou commentaire se traduira en espèces reversées à une ONG présente sur place.

« Nous devons continuer. Le Pakistan va avoir de gros besoins pendant des semaines, des mois, des années », insiste Ban-Ki-Moon. Inquiet de l’étendue des dégâts provoqués par les récentes inondations, le secrétaire général de l’ONU, alarmé par ce qu’il qualifie de « tsunami au ralenti », continue de faire appel à la mobilisation de la communauté internationale. A juste titre : les 500 millions de dollars versés en aide d’urgence ne suffiront pas.

Environ 20 millions de Pakistanais ont été affectés par les conséquences du cataclysme. Parmi eux, 8 millions sont dans un état critique, se retrouvant sans eau ni nourriture. C’est un territoire de la taille de l’Angleterre qui s’est retrouvé englouti, comme l’a rappelé avec fougue et émotion le vice-Premier ministre britannique, le libéral-démocrate Nick Clegg. Celui-ci manifestait visiblement plus d’empathie que le lecteur moyen du Figaro : selon un sondage effectué auprès de ces derniers, plus des trois quarts avouent être insensibles à la tragédie qui se joue là-bas. Une indifférence qui s’explique en partie par l’amalgame Pakistanais/ musulman/ taliban/ terroriste.

Si la disparité de l’aide humanitaire révèle une générosité à géométrie variable de la part des pays donateurs, la sensibilisation au drame vécu par les sinistrés doit redoubler d’efforts et d’imagination pour atteindre son but : redonner espoir et réconfort aux victimes de la catastrophe.

C’est dans cette voie que s’est engagé Saad Omar, jeune Américain pour le moins atypique : chanteur de folk, inspiré à la fois par l’islam et Bob Dylan, l’homme âgé de 25 ans est membre fondateur d’un collectif musical, itinérant et spiritualiste, dénommé le « Poetic Vision Tour ».

Son idée, simple et ingénieuse, pour aider les Pakistanais : proposer de verser 10 cents par visionnage de son clip, et 25 cents par commentaire laissé sur la page Youtube, au Secours Islamique USA. Lui et son partenaire de scène, Raef, ont réalisé une vidéo en hommage aux sinistrés, à base d’images de rescapés défilant sur la reprise d’une chanson, composée par Dawud Whanrsby et intitulée « Ya Ummati ». Mise en ligne jeudi dernier, et promue uniquement au travers de blogs et de Facebook, la vidéo a déjà enregistré près de 9000 visionnages et plus de 400 commentaires.

Contacté par Oumma, Saad Omar nous a fait part des raisons qui expliquent son engagement en partenariat avec le Secours Islamique : « Quand je vois des gens souffrir, je peux ressentir leur douleur dans mes os et leur faim dans mon estomac. J’ai l’impression que l’homme moderne se doit de briser sa nature égoïste et matérialiste, sortir de sa bulle et contempler la Nature, les étoiles ainsi que les êtres magnifiques qui cohabitent durant ce court séjour sur Terre ».

Le jeune homme développe ainsi son approche particulière de la foi : « Spirituellement, je suis un Musulman qui croit que chaque aspect de la religion a une double dimension, interne et physique à la fois, comme l’âme et le corps. Les différentes religions se démarquent sur la forme mais le plus souvent, nous partageons énormément au niveau interne ou ésotérique. Si nos religions ne nous rendent pas plus beau, tolérant, aimant, serein et attentionné, cela signifie que nous avons corrompu quelque chose de pur à l’origine et transformé cette médecine de l’âme en poison ».

Une maturité singulière qui remonte à son adolescence, suite à un évènement déterminant : son pèlerinage à la Mecque. « J’avais 15 ans. Sur place, j’ai fait la rencontre d’un groupe de jeunes mendiantes originaires du Bengladesh, âgées d’environ 5 à 7 ans. L’une d’entre elles, prénommée Soumaya, parlait 4 langues et je me souviens encore de l’intelligence de son regard. Je les ai emmenées à déjeuner ce jour-là et je n’ai cessé de le faire durant mes deux semaines là-bas. J’ai tellement appris auprès de ces enfants que j’en suis retourné bouleversé aux Etats-Unis ».

8 cents d’euro par visionnage, 20 par commentaire laissé sur la page Youtube. Un don qui peut sembler dérisoire à tout un chacun mais qui, multiplié cent fois, mille fois par des internautes sensibles au drame pakistanais, fera une différence aux yeux des rescapés. A vous de cliquer.

Publicité

commentaires