Son prénom signifiait “Espoir”, mais il s’est brisé sur le récif de la guerre au Yémen et de sa crise humanitaire effroyable. La petite Amal Hussain, 7 ans, s’est éteinte le 27 octobre, vaincue par la terrible famine qui frappe son pays. Elle n’avait plus que la peau sur les os lorsque sa photo, insoutenable, a fait le tour du monde.
Elle est morte le jour même de son exposition à la Une du New York Times, entourée des siens, dans un camp de réfugiés. Dans un Yémen ravagé par un conflit long de 3 ans, l’espoir de sauver la petite fille s’est envolé à jamais.
Son visage de souffrance est devenu le symbole de l’enfance yéménite (plus de 1,8 millions d’enfants) atteinte d’une malnutrition sans précédent. Effondrée, sa mère Mariam Ali a confié : « Mon cœur est en mille morceaux. Amal souriait tout le temps. Maintenant, je m’inquiète pour mes autres enfants ».
Le Yémen paye un lourd tribut à cette sale guerre qui a engendré la « plus grave crise humanitaire au monde », selon l’ONU. Le bilan est lourd – plus de 50 000 morts – et l’épidémie de choléra qui sévit est l’une des plus « grandes des temps modernes ». La photo de la petite Amal agonisante devait éveiller les consciences. Saura-t-elle faire renaître l’espoir de voir la paix l’emporter et la souffrance des Yéménites s’apaiser ?
