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Une mosquée pillée et profanée en Italie

Deuxième religion du pays, mais la seule et unique à pâtir de l’absence d’une légitimité officielle qui creuse une disparité criante avec les autres cultes, et championne toutes catégories des confessions à être stigmatisée et calomniée, l’islam qui s’est toutefois fait sa juste place en Italie au fil des décennies, se retrouve plus que jamais dans le viseur de ses farouches détracteurs, dont le profil type et le mode opératoire sont tristement universels : ultra-nationalistes, viscéralement islamophobes, l’âme de vandales ou de pyromanes, c’est selon, saccageant et profanant les lieux de culte dans l’épaisseur de la nuit.

Les fidèles de la localité de Rieti, située à 80 km de Rome, dans la province de Latium, ont eu un réveil douloureux en découvrant, lundi matin, aux premières lueurs de l’aube, leur mosquée entièrement dégradée, des exemplaires du Saint Coran réduits en cendres, et nombres d’ouvrages, de peintures et autres biens précieux détruits par une fureur raciste déchaînée.

"Des inconnus ont brûlé le Livre Saint ainsi que des écrits relatifs à l’islam, volé de l'argent, ravagé des peintures, pillé et  ruiné l’enceinte sacrée de notre mosquée" a détaillé, en proie à une vive émotion, un responsable du lieu de culte dans une interview au quotidien italien Ilmessaggero.

Le maire de la ville a immédiatement exprimé sa solidarité avec ses administrés musulmans, appelant les fonctionnaires locaux à mettre tout en oeuvre pour "répondre collectivement aux provocations de ceux qui cherchent à saper la paix et de la tolérance dans la ville."

Une paix et une tolérance d'autant plus fragiles que les tribuns de la Ligue du Nord, farouchement séparatistes et xénophobes, s'emploient à les faire voler en éclats dans chacune de leurs harangues électrisantes, tandis qu’ils tonnent actuellement, en prédisant le pire, contre le futur musée des arts islamiques de Venise. Cette vitrine de prestige, qui se veut être un pont culturel unique, les a fait sortir de leurs gonds, au grand dam du maire de la Cité des Doges et fervent promoteur de cette belle réalisation, Giorgio Orsini en personne, qui se heurte de plein fouet à leur haine inextinguible.

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