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Une étudiante américaine voilée élue « jeune femme la mieux habillée » de son université

Elle ne prétendait à aucune couronne de beauté, ni à aucune distinction particulière pour son élégance naturelle, la très raffinée Abrar Shahin, une étudiante américaine voilée du New Jersey, n’en revient toujours pas d’avoir été consacrée la « jeune femme la mieux habillée » de la Clifton High School, se croyant hors concours sur un campus universitaire où les tenues affriolantes des pompom girls et des fashionistas remportent habituellement la mise.

Pourtant, c’est bien elle qui s’est vu décerner la palme de l’esthétisme là où le culte du corps et du paraître est sacralisé, et le port du voile jugé éliminatoire… Le soin particulier apporté au choix de ses vêtements dissimulant les formes, à la fois chics et modestes, mariant harmonieusement tradition et modernité, a contrasté heureusement avec le monde environnant aux yeux du jury conquis de l’Université, qui en a fait, à son insu, sa reine incontestée du bon goût en matière d’habillement.

"C’est incroyable !", s’est exclamée Abrar Shahin à l’annonce de son titre de gloire. "Comment aurais-je pu m’attendre à cela, alors que je suis voilée et que je porte des vêtements couvrants, et que l’on sait pertinemment que ce sont les pompom girls et les filles très  populaires qui sont chaque année en concurrence pour ce titre. Oui, c’est une très grande surprise, et j’y vois surtout une formidable évolution des mentalités envers les filles qui portent le hijab", a-t-elle commenté à chaud dans un entretien accordé à la presse locale.

  

"Nous apprécions par-dessus tout ses toilettes soignées et pleines de pudeur, alors qu’une certaine désinvolture et tendance à l’exhibitionnisme règnent parmi les jeunes filles. Elle méritait d’être citée en exemple", a déclaré Lindsey Cinque, un professeur de français, membre du jury, qui estime que le port du voile n’est nullement rédhibitoire.

Elle ne briguait aucun diadème convoité par d’autres, et n’était en concurrence avec personne, mais son style unique, inimitable a fait toute la différence, surclassant des étudiantes très en vue qui étaient loin de la considérer comme leur plus sérieuse rivale, Abrar Shahin fait aujourd’hui figure d'égérie pour nombre de femmes musulmanes américaines, notamment celles qui évoluent dans le monde de la mode. Comme Sonya Nasser, gérante de Arabelle Couture, elles sont nombreuses à déceler dans son élection un bon présage : "Cette élection inattendue est une fort agréable surprise qui prouve que les temps changent. Elle envoie un signal fort, selon lequel nous, femmes musulmanes, sommes en mesure de définir les tendances et d’être respectées pour ce que nous représentons", a analysé cette dernière, en se projetant confiante dans l'avenir.

 

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