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Une adolescente saoudienne déclenche un tollé lors de la Fête nationale en raison de son apparence extérieure

Du haut de ses 13 ans, la charmante Jinna Al-Shammari, tout de vert vêtue dans sa robe longue arborée pour les grandes occasions, n’imaginait pas, en ce 23 septembre fébrilement attendu, jour de la célébration du 82ème anniversaire de la Fête nationale en Arabie saoudite, que son apparition dans un groupe de jeunes chanteurs créerait l’événement, mais de ceux qui provoquent un tollé et non une pluie de compliments…

Captant tous les regards de l’auditoire masculin trié sur le volet, parmi lequel figurait aux premières loges le ministre saoudien de l'Éducation, le prince Khalid Al-Faisal Al Saud, la jeune fille en fleur, très légèrement maquillée et la tête nue, laissant détachés ses longs cheveux noirs, a davantage marqué les esprits par son apparence extérieure que par ses qualités vocales au moment d’entonner la chanson qu’elle avait répétée depuis plusieurs semaines.

Loin des ors des palais saoudiens et des festivités en grande pompe, c’est sur Twitter que la polémique a enflé et que les critiques assassines ont fusé, jusqu’à voir émerger le hashtag Spécial « Al-Shammari » pour débattre de ce que nombre de Saoudiens ulcérés ont qualifié « d’impudeur », la frêle adolescente devenant dès lors un sujet de discussion, houleux et d’ampleur nationale, à la consternation de son père.

Comptant au nombre de ses détracteurs féroces, le Dr Awaz Al-Shihri, un membre du corps professoral de King Khalid University, a eu la dent particulièrement dure, blâmant à la fois Jinna Al-Shammari pour son indécence et ses parents pour leur laxisme, tout en rappelant avec la plus grande fermeté que les collégiennes de son âge se doivent de porter l’abbaya. Guère plus indulgents, plusieurs twittos lui ont reproché vertement de s’être donnée en spectacle nu-tête et de n’avoir rien fait pour se protéger du regard du public masculin qui, pour appartenir à l’élite, n’en est pas moins des plus rétrogrades.

Sous ce flot de jugements à l’emporte-pièce et de condamnations sans nuances, des réactions plus mesurées ont heureusement pris et fait cause pour la malheureuse fillette jetée violemment en pâture, en insistant sur le fait qu’il ne s’agit que « d’une enfant innocente », tandis que l’acteur Fayez al-Maliki a tenu, de son côté, à l’assurer de tout son soutien.

Scandalisé et blessé, le père de Jinna Al-Shammari a publié un communiqué dans lequel il a menacé de poursuivre en justice tous les internautes qui se sont autorisés à salir l’honneur de sa fille, accusant ceux qui l’ont décrite comme « faible d’esprit » d’avoir cherché à embraser les esprits, en insinuant insidieusement qu’elle était bien plus âgée que ce qui avait été annoncé.

Face à cette controverse passionnelle, le ministre de l’Education a-t-il décidé de sonner la fin de la récréation, ou plutôt du Al-Shammari bashing ?  Toujours est-il que la jeune fille dans la tourmente s’est invitée dans les foyers saoudiens samedi dernier, dans le cadre de l’émission de débat très populaire « Ya Hala », au cours de laquelle elle a lu une déclaration, validée en haut lieu, en se disant heureuse des éloges reçus par le ministre et Prince Al Faisal, qui avait beaucoup apprécié sa prestation lors de la Fête Nationale.

Ce grand moment de télévision a été largement relayé sur les réseaux sociaux afin d’appeler les 2,4 millions de twittos saoudiens à cliquer à l’avenir plus intelligemment, et surtout à savoir raison garder en toutes circonstances.

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