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Un juif américain, suspecté d’être converti à l’islam, refoulé d’Israël

Si jamais il y avait une moralité dans le bannissement qui a frappé sans prévenir le juif américain Harald Fuller-Bennett, ce serait de mettre son libre arbitre dans sa poche quand on est en Israël, et de présenter à la sécurité intérieure des passeports vierges de toutes destinations à hauts risques…

Deux ans après avoir participé au Taglit-Birthright Tour, une opération qui vise, à travers un retour aux sources au cœur de la « mère-patrie », à renforcer le sentiment d’appartenance auprès de la diaspora juive disséminée aux quatre coins du globe, Harald Fuller-Bennett, 30 ans, qui avait intégré le programme « Paix, pluralisme et Justice sociale », s’est vu classé persona non grata à Jérusalem, au motif qu’il aurait embrassé l’islam.

Une suspicion née dans l’esprit tortueux de la sécurité intérieure israélienne, le Shin Bet, dont le sang n’a fait qu’un tour lorsqu’ont été découverts sur son passeport les visas de ses séjours en Syrie et au Soudan. Il n’en fallait pas plus pour noircir le portrait, et lui prêter des sympathies terroristes.

En mai 2010, son comité d’accueil, loin d’être aussi avenant et chaleureux que la première fois, avait les visages de deux avocats de Tel Aviv, Omer Shatz and Iftach Cohen, et du Juge du district de Yoram Noam qui lui ont signifié son interdiction d’entrée pendant 10 ans.

Mis sur le grill d’un interrogatoire poussé, Fuller-Bennett, employé du ministère américain de l’agriculture, qui a toujours eu à cœur de préserver son regard critique, a dû se repasser le film de son merveilleux séjour de 2008, riche en échanges avec les israéliens, certains étant militaires, face à ses censeurs. « J’étais très nerveux pendant l’enquête, surtout quand le ton de l’inspecteur devint accusateur et soupçonneux en raison de mes voyages en Syrie et au Soudan. Je n’avais jamais été traité ainsi, je n’étais pas préparé à cela, et forcément mon comportement en a été complètement déstabilisé » a-t-il déclaré.

De retour aux Etats-Unis, et après moult tergiversations, l’affaire s’est dégonflée comme une baudruche, puisque que ses liens présumés avec des terroristes ont été reconnus fallacieux, et son interdiction de fouler le sol israélien a finalement été levée.

Quant à l’ex-proscrit Harald Fuller-Bennett, qui n’est pas ressorti indemne d’une deuxième immersion en Israël virant au cauchemar, ce dernier a dissipé toute ambiguïté sur sa conversion à l’islam en assurant ne jurer que par… l’athéisme. Autant dire que les objectifs du Taglit-Birthright Tour ont fait chou blanc…

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