Ambiance, samedi, à Monastir…
Alors qu'un meeting, orchestré par Béji Caïd Essebsi, battait son plein, l’équipe d’Al Jazeera a été copieusement conspuée par une salle comble, qui a scandé à l’unisson : « le peuple tunisien est libre, non au Qatar, non aux USA ». Sous la clameur de protestation, Lofti Hajji, correspondant de la chaîne satellitaire, a dû quitter les lieux sous bonne escorte, et il aura fallu l’appel au calme de l’ancien Premier ministre du gouvernement provisoire de l’après Ben-Ali, lequel a insisté sur le fait que tous les médias étaient habilités à couvrir l’événement, pour que les esprits s’apaisent.
Cet embrasement du public à la vue des caméras d’Al Jazeera n’a pas été du goût des journalistes étrangers, qui ont exprimé leur désapprobation, en signe de solidarité avec la chaîne rudoyée, en menaçant de partir.

