Détenu à part, précédé par sa notoriété, les controverses qui l’entourent et l’ultra-médiatisation de l’affaire qui porte désormais son nom, Tariq Ramadan est incarcéré, depuis vendredi 2 février, dans un quartier particulier de la prison de Fleury-Mérogis, réservé aux prisonniers pas comme les autres, considérés comme « sensibles » par l’administration pénitentiaire.
Reclus dans une cellule de 9 mètres carrés, située dans une aile qualifiée de « spécifique », l’islamologue suisse, dont le comportement est décrit comme « très calme et respectueux envers le personnel, pas du tout dans la provocation », ainsi que l’a rapporté l’Express, vient de faire appel de sa détention provisoire.
Niant en bloc les accusations de viol proférées à son encontre par ses deux accusatrices, Henda Ayari et la dénommée « Christelle » (un pseudo attribué par la presse), son recours sera examiné jeudi prochain par la cour d’appel de Paris, apprend-on de l’AFP.
Rappelons que ses avocats, Mes Yassine Bouzrou et Julie Granier, ont lancé la contre-attaque dès la fin de la semaine dernière, dénonçant une procédure émaillée de dysfonctionnements qui a porté « gravement atteinte » à leur client. Ils ont aussitôt écrit à la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, afin de demander la saisine de l’Inspection générale de la justice.
Ils pointent notamment du doigt la transmission tardive aux enquêteurs d’un document qui pourrait s’avérer capital pour la défense de Tariq Ramadan, concernant la réservation d’un billet d’avion Londres-Lyon, à la date du 9 octobre 2009.
Un document qui n’a pas pu être vérifié avant la confrontation décisive avec « Christelle » et qui, si son authenticité était avérée, démontrerait que celui-ci a atterri à l’aéroport de Lyon à 18h35, alors que sa deuxième accusatrice, par ailleurs la seule à avoir accepté de l’affronter lors de sa garde à vue, prétend avoir été violée dans « l’après-midi ».

