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Sinead O connor ne jouera pas en Israël

 

Sinéad O'Connor a accordé une interview exclusive à Hot Press à propos d'un spectacle dont il a été annoncé qu'elle aurait dû le donner le 11 septembre à Césarée, une ville située à mi-chemin entre Tel-Aviv et Haifa.

The Hot Press Newsdesk, 24 juillet 2014, 14:24

"C'était une offre que j'étais prête à accepter seulement si les Arabes Israéliens, les Palestiniens, tout le monde, étaient les bienvenus au concert," explique-t-elle."Tout le reste dans le projet devait également venir des différents bords de tous ces clivages. C'était un peu une patate chaude et pas encore réglé quand quelqu'un qui n'avait aucune autorité pour le faire a sournoisement publié l'information que c'était confirmé, ce qui n'était jamais le cas. C'était subordonné à ces conditions.

En même temps, les musiciens sont des gens notoirement ignorants et je ne savais pas – et ni mon agent de réservation, ni personne d'autre ne me l'avait dit – que si je mettais les pieds là, je briserais ce boycott culturel et peut-être aussi que j'aurais l'air de chier sur le peuple palestinien. Ils étaient tout à fait au courant de la situation, mais ils ne m'en ont pas informée quand ils ont essayé de me convaincre pendant un an de donner le concert.

En tout cas, immédiatement je suis injuriée par tout le monde à gauche, à droite et au centre, parce que je serais en quelque sorte en train de cautionner ce qui arrive au peuple palestinien – ce que je ne fais pas. Je ne vais pas y aller parce que c'est une situation de merde, mais dans un sens, je suis désolée pour les jeunes de chaque côté qui, en raison d'un conflit qu'ils n'ont pas provoqué, ne peuvent avoir aucune sorte de vie normale, y compris la musique et les musiciens ".

Sinéad dit qu'elle n'a pas envie d'être entraînée dans la politique.c"Disons simplement que, sur le plan humain, aucune personne douée de bon sens, y compris moi-même, aurait autre chose que de la sympathie pour le sort des Palestiniens. Il n'y a pas une seule personne saine d'esprit sur terre qui cautionnerait en aucune façon le bordel que les autorités israéliennes sont en train de mettre".

Le concert de Césarée, s'il avait été maintenu, aurait été relativement lucratif pour la chanteuse dont l'album "I'm Not Bossy, I'm the Boss" ("Je ne suis pas autoritaire, je suis le patron") sort le 8 août. "Normalement, je suis payé dix mille dollars pour un concert, là on m'offrait cent mille", révèle-t-elle. "J'ai refusé et refusé pendant un an, et on a exercé un certain nombre de pressions sur moi et puis il est devenu évident il y a quelques mois que, franchement, j'avais besoin de l'argent. Nous sommes tous en difficulté financièrement et ce n'est pas différent pour moi. J'ai eu une réunion un peu inquiétante avec mon comptable et après, j'ai dit: 'Oh merde, faisons ce concert'". En 1997, O'Connor s'était retirée du concert "Sharing Jerusalem: Two Capitals For Two States" (Partageons Jérusalem : deux capitales pour deux États), après avoir reçu des menaces de mort.

"J'ai été accusée d'être en quelque sorte partisan des autorités israéliennes, ce qui est un non-sens – rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité", souligne-t-elle. "C'était un concert organisé par un groupe de femmes palestiniennes et israéliennes afin de faire campagne pour cette idée de partager le lieu, essentiellement, et des groupes juifs de droite ont menacé de nous tuer, moi et mon groupe. Je ne suis pas prête à mourir pour les conneries de quelqu'un d'autre, ni à mettre mon groupe en danger, donc nous n'y sommes pas allés".

Sinéad a en fait déjà donné deux concerts à Césarée, en juin 1995, lorsque, comme elle le dit, "Il n'y avait pas un boycott et ce n'était pas toute une affaire si vous y alliez, vous ne baisiez personne. En fait, j'ai sacrément détesté l'endroit. J'ai trouvé que c'était un des endroits les plus agressifs où je sois jamais allée. J'ai encore une cicatrice d'un photographe qui m'a flanqué son appareil photo directement dans la poitrine. C'est le seul endroit où j'ai jamais été et où je n'ai jamais voulu revenir. En conséquence, pendant les 25 dernières années, à chaque fois que quelque chose arrivait dans les nouvelles au sujet d'Israël, j'allais éteindre, littéralement. En ce qui me concernait, Israël n'existait pas. Donc, je n'ai pas suivi du tout ce qui se passait là-bas. C'est juste comme un gros mot pour moi, 'Israël'".

Nous reparlerons musique avec Sinéad dans notre prochain numéro.

BDS FRANCE

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