Elle est entrée par la grande porte dans l’histoire du Royaume-Uni, Preet Gill, 44 ans, la première députée britannique d’origine sikh, ne décolère pas depuis qu’elle a appris qu’un de ses pairs malintentionnés souhaitait faire le tour des écoles primaires de Birmingham pour soumettre les petites écolières musulmanes à un véritable interrogatoire.
Parmi les questions tendancieuses qui taraudent ce parlementaire des West Midlands, celle de savoir pourquoi des petites filles revêtent le voile l’obsède littéralement…
Une question que la directrice académique, Amanda Spielman, ne trouve absolument pas déplacée, pas plus qu’elle ne s’offusque d’une telle initiative auprès de jeunes enfants fort impressionnables, car elle nourrit elle aussi une obsession contre le voile et considère que, porté très tôt, il est le signe de « la sexualisation des jeunes filles ». Dans une société décadente de consommation, où l’hypersexualisation des jeunes filles en fleurs s’est banalisée de manière alarmante, celle-ci serait bien avisée de balayer devant sa porte…
Mais c’était sans compter la vive indignation générale que cette démarche déplorable a suscitée à l’échelle de la région, teintée d’écoeurement en ce qui concerne Preet Gill, la députée travailliste d’Edgbaston. Très impliquée dans la protection de l’enfance, elle s’est aussitôt insurgée contre une chasse aux sorcières qui ne dit pas son nom.
Cette fille méritante d’un chauffeur de bus, sortie victorieuse des urnes après avoir siégé au Conseil municipal, s’est fendue d’un courrier de protestation auprès de Justine Greening, la secrétaire générale de l’Education nationale, afin de lui faire part de « la consternation d’un grand nombre de ses électeurs » et de lui demander instamment d’agir dans le seul intérêt des enfants, en l’occurrence des écolières musulmanes du comté.
« Il est intolérable que des enfants puissent subir des interrogatoires inutiles et préjudiciables », a-t-elle écrit en préambule. « Je suis sûre que vous serez d’accord avec moi sur le fait que les enfants devraient être libres de pratiquer leur religion sans interférence indue. Je souhaiterais que vous puissiez vous assurer que les jeunes filles musulmanes de la région sont en mesure de pratiquer leur religion sereinement, sans souffrir de discrimination », a exigé Preet Gill, fermement résolue à se dresser contre ceux de ses pairs islamophobes qui se sentent l’âme de grands inquisiteurs.

