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Royaume-Uni : un chirurgien musulman pardonne à l’islamophobe qui l’a poignardé devant sa mosquée

« Je n’ai absolument aucune colère, ni haine ni rien de négatif envers lui. Il n’est pas représentatif de la population de ce pays. Je le répète, je lui ai totalement pardonné son acte ».

L’indulgence faite homme, Nasser Kurdy, 58 ans, un chirurgien britannique de confession musulmane, a marqué les esprits de l’autre côté de la Manche, en exaltant les vertus du pardon quelques heures à peine après avoir subi une agression à l’arme blanche, aussi lâche qu’effrayante, dimanche 24 septembre.

Cruelle ironie du sort, c’est un orthopédiste de renom qui, n’écoutant que son devoir, s’était précipité, en mai dernier, au chevet des victimes de l’attentat meurtrier de Manchester pour sauver des vies, qui a été poignardé au cou par un islamophobe mû par une fureur implacable, sur le parvis du Centre islamique d’Altrincham à Hale, dans le comté du Cheshire.

Pris en traître par un individu qui a surgi dans son dos, proférant des insultes racistes tout en le frappant de toutes ses forces, le très estimé Nasser Kurdy, une figure éminente de la communauté musulmane de cette région rurale du nord-ouest de l’Angleterre, qui se fait un honneur de prononcer périodiquement le sermon du vendredi, a réussi à se réfugier à l’intérieur de la mosquée, la main posée sur sa plaie qui saignait.

Alors que son agresseur a rapidement déserté le lieu du crime, qualifié de « crime de haine » par les forces de l’ordre à ses trousses, le chirurgien, soutenu par des fidèles terrifiés, a été conduit d’urgence à l’hôpital où il travaille.

C’est depuis le centre hospitalier, dont il connaît bien les couloirs, qu’il a confié ignorer tout sentiment de haine envers son assaillant, allant même jusqu’à lui accorder son pardon pour avoir commis un acte criminel, hautement blâmable, qui aurait pu lui être fatal.

« Dieu m’a été miséricordieux hier. Il pourrait s’agir d’un nerf, d’une artère, d’une veine. Le cou est le contact entre le corps et la tête, mais heureusement seul le muscle a été touché », a-t-il déclaré, visiblement soulagé, même si la vive frayeur et la vulnérabilité qu’il a éprouvées au moment de cette attaque surprise l’étreignent encore.

« Il n’y a pas plus intégré que moi. Je suis souvent convié à assister à des offices religieux au sein de  la synagogue ou de l’église All Saints », a renchéri Nasser Kurdy, l’homme en blouse blanche dont le métier est un véritable sacerdoce, qui se fait le chantre du dialogue interreligieux dès qu’il quitte le bloc opératoire. Un dialogue interreligieux dont il prône les bienfaits avec une ardeur renouvelée, depuis ce dimanche funeste de septembre.

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