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“Réserver le RSA et le RMI aux Français”, la phrase du conseiller de Sarkozy remaniée à la hâte par Paris Match

Le printemps politique n’a ni la laïcité chaleureuse, ni la rime heureuse. Son éclosion tumultueuse voit fleurir une prose peu fraternelle, qui ne favorise guère que l’épanouissement d’une cacophonie populiste.

Ce bourgeonnement de la « préférence nationale » marque l’avènement de la parole décomplexée de droite, qui a cru pouvoir tout dire, et surtout le pire, jusqu’à ce que les urnes de dimanche dernier parlent à leur tour…

Depuis, le verbe haut Umpiste semble ravaler ses formules indigestes, le langage fleuri de l’électoralisme est décrié par certains caciques qui lui préfèrent « les fondamentaux », et au détour d’un article paru dans Paris Match “Rencontre avec l’éminence grise de Sarkozy“, une nouvelle phrase malheureuse prononcée par Patrick Buisson a été subitement gommée et remaniée sur le site de l’hebdomadaire.

Réserver le RSA et le RMI aux Français“, telle est la formule, d’une limpidité parfaite, attribuée au précieux conseiller du locataire de l’Elysée, devenue soudainement inaudible. La rédaction de Paris Match s’est en effet empressée de la qualifier “d’erreur“, et en un tour de main, a substitué le mot « bénéficiaire » au vocable « français », pour éviter qu’elle ne fasse trop frontiste…

Un mot mis pour un autre, voilà un rafistolage à la hâte qui n’abusera personne en ce printemps qui fleure les thèses d’extrême-droite, d’autant plus que Patrick Buisson y puise ses racines profondes. Ancien directeur de la rédaction du journal d’extrême-droite Minute, le cerveau du pouvoir ne peut renier un passé qui a laissé des traces indélébiles, et que Marine Le Pen s’est fait un malin plaisir de rappeler sur Canal + : “Patrick Buisson vient de chez nous, par conséquent, il en a conservé un certain nombre de convictions. Le problème c’est qu’il n’arrive pas à les faire appliquer par Nicolas Sarkozy, manifestement“.

A défaut de revivifier un débat démocratique qui en aurait pourtant cruellement besoin, le résultat des cantonales et son abstention record devraient inviter la classe politique à revoir urgemment tous ses cris de ralliement, harangues, et autres slogans nauséeux, qui semblent se perdre devant l’immensité des vrais problèmes des vrais gens…

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