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Pour le préfet du Rhône, les tags islamophobes à Lyon sont comparables “aux méthodes nazies qui conduisirent à la Nuit de Cristal”

L’analogie historique se veut frappante, à l’aune des tags islamophobes qui, dans une France épouvantée par la tragédie de Nice, ont menacé de mort les musulmans à Lyon, choquant profondément les esprits : le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Michel Delpuech, a comparé sans mots couverts les actes anti-musulmans « ignobles » aux « méthodes nazies qui conduisirent à la Nuit de Cristal ».

Ce parallèle, à la forte résonance, a été établi vendredi par le représentant de l’Etat dans l’enceinte de la Grande Mosquée de Lyon. Après avoir condamné avec la plus grande fermeté ces inscriptions racistes, abjectes et hautement inflammables, devant des fidèles habités par la peur, comme l’a souligné Kamal Katbane, le recteur des lieux, le préfet s’est engagé à lutter contre la spirale de la haine et de la violence, de sinistre mémoire, avant qu’elle n’emporte tout sur son passage, et en premier lieu la concorde nationale. Il a également appelé la communauté musulmane à combattre les « dérives radicales » dans l'islam.

"Je condamne […] ces actes ignobles qui, en désignant à la vindicte votre communauté, rappellent, ni plus ni moins, les méthodes qui conduisirent les nazis à la Nuit de Cristal », a déclaré Michel Delpuech avec solennité, en faisant référence à la nuit de représailles antisémites en Allemagne, orchestrée par les nazis du 9 au 10 novembre 1938, au cours de laquelle une centaine de juifs furent assassinés, plusieurs milliers de magasins pillés et environ 200 synagogues et lieux de cultes détruits. Cette "Nuit de Cristal", selon les nazis, se voulait être la réponse populaire spontanée à l'assassinat d'un diplomate allemand par un juif polonais à Paris. En réalité, cette escalade de violences visait à chasser les juifs d’Allemagne et présageait la funeste « solution finale ».

"Je vois pour la première fois des propos de mort écrits sur les murs de nos mosquées, sur les murs de la ville", a vivement déploré Kamel Katbane devant la presse, avant de proclamer une vérité par trop occultée : "Les musulmans sont victimes de la double peine. D'un côté Daech qui les menace et qui les tue et de l'autre des extrémistes qui veulent attenter à nos vies.

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