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Nucléaire iranien : le chercheur Thierry Coville démonte la version américaine sur l’échec des négociations

Le chercheur spécialiste de l’Iran Thierry Coville affirme que les responsabilités dans l’échec des négociations entre Téhéran et Washington sont largement déformées par le récit dominant américain et israélien. Dans un entretien accordé au Figaro, le chercheur de l’IRIS estime que la levée des sanctions reste la condition indispensable à toute amélioration de la situation économique iranienne, mais que la lecture occidentale des discussions nucléaires est souvent trompeuse.

Contrairement à l’idée largement diffusée selon laquelle l’Iran aurait fait preuve d’intransigeance, Thierry Coville affirme que Téhéran avait formulé des propositions. Selon les éléments qui ont émergé sur les négociations, les autorités iraniennes auraient proposé de suspendre l’enrichissement d’uranium jusqu’à la fin du mandat de Donald Trump, avec la possibilité ensuite de reprendre un enrichissement limité à 20 %, un niveau très inférieur au seuil militaire de 90 %. Les États-Unis auraient, de leur côté, exigé une suspension de l’enrichissement pendant dix ans. Une demande que Téhéran a refusée, estimant qu’elle remettait en cause son droit reconnu dans l’accord nucléaire de 2015 conclu sous Barack Obama, qui autorisait un enrichissement civil.

Pour Thierry Coville, la présentation du refus iranien comme une preuve d’obstruction relève d’une lecture biaisée des négociations. « On ne peut pas dire non plus que les Iraniens n’avaient rien à proposer », souligne-t-il. Le chercheur s’interroge également sur la volonté réelle de Washington de parvenir à un accord. Selon lui, l’administration américaine aurait rapidement abandonné la voie diplomatique, sous l’influence de responsables néoconservateurs et de la pression israélienne, persuadés que l’Iran se trouvait dans une position de faiblesse inédite. Dans ce contexte, Thierry Coville estime que l’idée selon laquelle Téhéran aurait volontairement fait traîner les discussions relève davantage d’un récit politique que d’une analyse fidèle des faits.

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