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Nouvelles de la guerre

16 octobre : l’excellent site Orient XXI analysait le discours de Ismaël Haniyeh, le dirigeant du Hamas, le 7 octobre. Un discours rapidement censuré en France. Haniyeh expose les raisons de l’attaque du 7 octobre : blocus de Gaza et les attaques israéliennes qui ont provoqué une « tragédie humanitaire », aggravation de la situation en Cisjordanie avec les raids de l’armée israélienne, les morts de civils innocents, les exactions de colons, les « deux millions » de colons prêts à s’implanter, les profanations des Lieux saints, le maintien en prison de 6 000 prisonniers palestiniens et le  blocage des négociations en vue de leur libération ; ce qui justifie la capture d’otages israéliens. Mais le Hamas ne ferme pas la porte à un règlement politique. Il n’identifie pas l’ennemi comme « juif » mais bien en tant qu’Israélien. Il n’appelle pas à la destruction de l’État d’Israël mais seulement au départ des colons des terres palestiniennes et laisse ainsi la porte ouverte à la solution à deux Etats. Quand il évoque les terres occupées en 1948, c’est pour dénoncer la discrimination dont sont victimes les Palestiniens. Le Hamas ambitionne-t-il la réouverture des négociations ?

30 octobre : lundi 30 octobre à la suite d’informations relayées par le Financial Times, on apprend que le premier ministre israélien Netanyahou aurait fait pression sur l’Union européenne pour qu’elle accepte l’idée d’expulser les Palestiniens de la bande de Gaza vers le Sinaï. Certains membres de l’Union européenne dont la République tchèque et l’Autriche, se seraient montrés réceptifs et auraient lancé l’idée lors d’une réunion des États membres la semaine dernière. Un diplomate européen anonyme a déclaré au FT : « Il est temps d’accroître la pression sur les Égyptiens pour qu’ils acceptent. »

2 novembre : Après la visite de Catherine Colonna, ministre des Affaires étrangères de la France à Beyrouth, c’est le ministre français de la Défense, Sébastien Le Cornu qui était au Liban. La France chercherait la mise en œuvre complète de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies de 2006, qui prévoit le retrait des forces du Hezbollah au nord de la frontière de la rivière Litani. Encore un petit service français pour Israël.

7 novembre : Amnesty international répond aux accusations dont elle fait l’objet depuis plusieurs jours pour ne pas avoir qualifié le Hamas de groupe « terroriste ». L’ONG rappelle qu’elle a condamné les massacres commis par le Hamas et appelé à la libération des otages. Mais elle « évite de qualifier un groupe de ”terroriste” car il n’existe aucune définition reconnue et communément adoptée en droit international. […] Notre mission : enquêter et dénoncer les violations des droits humains. Notre priorité absolue : la protection de TOUTES les populations civiles », conclut l’ONG.

8 novembre : L’armée israélienne a engagé des mercenaires étrangers, notamment un groupe espagnol de mercenaires professionnels, pour les utiliser dans sa guerre contre la bande de Gaza assiégée. Le journal espagnol El Mundo a interviewé Pedro Diaz Flores, un mercenaire espagnol notoire, qui a déclaré que « de nombreux » groupes de mercenaires ont rejoint l’armée israélienne. « Je suis venu pour l’économie, pour l’argent. Ils paient très bien, ils proposent du bon matériel et le travail est calme. C’est 3 900 euros par semaine, hors autres missions complémentaires », a-t-il expliqué à propos des raisons qui l’ont poussé à rejoindre les forces israéliennes. Pedro Diaz Flores a déjà combattu aux côtés des groupes néonazis en Ukraine après que la Russie a lancé une opération militaire dans la région du Donbass l’année dernière.

8 novembre : L’Allemagne a approuvé dix fois plus d’exportations d’équipements militaires vers Israël depuis le début de l’année que l’an passé, selon des données officielles publiées aujourd’hui. Berlin a affirmé donner la priorité aux demandes du pays après l’attaque du Hamas. Selon les données recueillies jusqu’au 2 novembre, les autorisations d’exportations ont été délivrées pour 303 millions d’euros d’équipements militaires vers Israël, soit près de dix fois plus que les 32 millions d’euros d’autorisations accordées il y a un an.

13 novembre : Depuis le 7 octobre, les Israéliens, des Européens et des Américains comparent le Hamas à Al-Qaida et ‘OEI. Le 18 octobre, Biden, en visite à Tel-Aviv, déclarait que « le Hamas est pire que Daesh » ; quelques jours plus tard, Macron proposait que la communauté internationale montée contre l’OEI se mobilise contre le Hamas. Yassine Slama, politologue et islamologue, démontre que le Hamas n’a rien à voir avec un groupe terroriste. D’abord, parce qu’il n’entreprend aucune action violente hors de Palestine et Israël. D’ailleurs, le Conseil de Sécurité de l’ONU a refusé de classifier le Hamas comme organisation terroriste, à l’inverse de l’OEI et du Djihad islamiste. Ensuite, le Hamas n’a aucune ambition califale pour unifier la communauté musulmane mais s’inscrit dans le cadre d’un projet nationaliste. Ensuite, alors que les mouvements djihadistes rejettent toute élection, le Hamas a participé aux élections de 2006 qu’il a d’ailleurs gagnées. Il affirme qu’il n’existe pas en islam de notion de théocratie qui prétendrait représenter la volonté de Dieu sur terre. Et, à la suite de sa victoire aux élections de 2006, il a corrigé sa charte qui datait de 1987. Par le document dit « des prisonniers », le Hamas reconnaît la frontière de 1967. (Source : Orient XXI).

22 novembre : réunis à Ashod, des milliers d’Israéliens réclamaient le rétablissement de colonies juives dans la bande de Gaza, ce qu’on appelait le Gush Katif. Le leader de ce mouvement qui réunit 11 organisations est Yossi Dagan, chef du « Conseil régional de Samarie » (sic).

23 novembre : Vingt étudiants juifs de l’université Brown (Etat de Rhode Island), membres du groupe « étudiants juifs pour un cessez-le-feu immédiat », après un sittting de cinq heures devant le bureau de la direction, ont été arrêtés par la police. 

Fin novembre : les dirigeants de trois grandes universités des Etats-Unis ont été interrogés par une commission de la Chambre des Représentants pour avoir laissé des étudiants exprimé leurs opinions antisémites (sic). Interrogée, la directrice de l’universités de Pennsylvanie, Elizabeth Magill, fut accusée pour ne pas avoir interdit, cet été, un festival de littérature palestinienne au cours duquel des propos antisémites furent prononcés. Elle répondit qu’elle défendait la liberté d’expression. Quand on lui a demandé si elle était antisémite, elle a répondu que « cela dépend du contexte ». Elle a dû démissionner. Précision : les riches donateurs qui subventionnent ces universités ont menacé de couper leurs fonds.

5 décembre : le ministre de la Défense israélien Yoav Gallant a rencontré les dirigeants locaux des villes frontalières du nord et leur a promis que leurs communautés – 80 000 personnes évacuées depuis le début des escarmouches frontalières – ne seront pas renvoyées chez elles tant que le Hezbollah ne sera pas repoussé au nord du fleuve Litani, soit 30 km au nord de la frontière israélo-libanaise ; c’est d’ailleurs ce que prévoyait la résolution 1 701 du Conseil de Sécurité de l’ONU. Et Gallant a ajouté que s’il n’y a pas accord pour appliquer la résolution 1 701, « lorsque nous aurons terminé les combats à Gaza, nous serons dans une réalité différente, dans laquelle les efforts militaires seront réorientés en grande partie vers le nord ». Israël serait-il prêt à porter ensuite la guerre contre le Hezbollah ?

6 décembre : Plus de 70 journalistes, pour beaucoup palestiniens, ont été tués par l’armée israélienne depuis le début de la guerre. Le 6 décembre, c’était un journaliste d’Al Jazeera qui apprenait en direct que sa famille, restée dans le Nord de Gaza avait été tuée dans sa maison : sa mère, son père, ses frères et sœurs et des cousins, soit 19 personnes ; la bombe était si puissante que les corps ont été enfouis dans le cratère et qu’il est impossible de les retrouver pour les enterrer dignement. C’est un méfait de plus de l’Intelligence artificielle qui permet de cibler exactement les familles des journalistes.

6 décembre : Il y a deux ans, lors d’une attaque précédente contre Gaza, les responsables militaires israéliens ont admis pour la première fois qu’un ordinateur leur fournissait des cibles potentielles. Les lanceurs d’alerte confirment que, compte tenu des nouveaux paramètres de qui et de ce qui peut être attaqué, le système d’intelligence artificielle, appelé “évangile”, génère des listes de cibles si rapidement que l’armée ne peut pas suivre. Les intrants d’Israël sont maintenant si larges qu’ils permettent les bombardements sans avertissement des immeubles d’appartements de grande hauteur, tant qu’on peut prétendre qu’une personne qui y réside est censée avoir un lien avec le Hamas. Comme le Hamas a non seulement une aile militaire, mais dirige le gouvernement de l’enclave, la nouvelle politique élargit potentiellement le cercle des cibles pour inclure les fonctionnaires, la police, les travailleurs de la santé, les éducateurs, les journalistes et les travailleurs humanitaires. Cela contribue à expliquer comment, selon les chiffres des Nations Unies, quelque 100 000 foyers à Gaza ont été rasés ou rendus inhabitables et que 1,7 million de Palestiniens ont été déplacés, soit environ les trois quarts de la population de l’enclave. (Source : Jonathan Cook, MEE).

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Le 6 décembre : le Congrès des Etats-Unis a adopté une résolution assimilant l’antisionisme à l’antisémitisme. Par les temps qui courent, nous voilé tous antisémites !

Le 6 décembre : la Knesset commença à se pencher sur les priorités du budget. Une député de l’opposition a remarqué que  des « services vitaux », la santé, les affaires sociales et les services sociaux étaient réduits par l’effort de guerre, mais « des milliards pour les institutions de la Torah » sont toujours alloués. La semaine dernière, Smotrich avait déclaré que le budget contenait environ 390 millions de shekels pour les priorités de sécurité visant à protéger les résidents d’implantations en Cisjordanie. La finalisation du budget ouvre la voie à ce que les fonds dits de coalition, actuellement gelés, soient affectés aux priorités des ultra-orthodoxes et des résidents d’implantations de Cisjordanie, entre autres. (Source : Times of Israël).

Le 8 décembre : Le maire adjoint de Jérusalem, Aryeh Yitzhak King, a appelé l’armée israélienne à enterrer vivante les centaines de civils palestiniens capturés à Gaza, des civils qu’il qualifiait de « nazis musulmans ». On pense que ces hommes que l’armée israélienne a montré agenouillés, en sous-vêtements ont été arrêtés à Beit Lahia, dans l’extrême Nord de la bande de Gaza.

Le 9 décembre : selon l’armée israélienne, 470 soldats israéliens ont été tués depuis le 7 octobre. Plus de 5 000 soldats israéliens ont été blessés dans des combats à Gaza. Des spécialistes du ministère israélien de la Défense ont déclaré que son département de réhabilitation avait reçu 60 soldats blessés chaque jour depuis le début de la guerre à Gaza. Limor Luria, chef du département de réadaptation du ministère, a déclaré au journal Yedioth Ahronoth qu’au moins 2 000 soldats israéliens avaient été déclarés handicapés, les responsables de la santé “se dépêchant de libérer les blessés afin de pouvoir admettre de nouveaux patients”. Près de 60 % des blessés ont subi de graves blessures aux mains et aux pieds, y compris ceux qui ont eu besoin d’amputations. Environ 12 % des blessures consistent en des dommages à la rate, aux reins et à une rupture des organes internes, a déclaré le responsable. Les responsables israéliens mettent en garde contre une crise de santé mentale qui aura un impact sur les soldats israéliens revenant de Gaza, affirmant que les cas de trouble de stress post-traumatique et d’autres problèmes liés aux traumatismes « monteront en flèche » au cours des prochains mois. (Source : RFI)

10 décembre : Eli Cohen, ministre des Affaires étrangères israélien a déclaré :  « Un cessez-le-feu aujourd’hui empêcherait l’effondrement de l’organisation terroriste du Hamas, qui commet des crimes de guerre et des crimes contre l’Humanité, et lui permettrait de continuer à gouverner la bande de Gaza. » Au début de la semaine, suite à l’invocation de l’Article 99 [ par Guterres à l’ONU], Eli Cohen avait noté que le mandat du chef des Nations unies était « un danger pour la paix mondiale ».

10 décembre : « La déshumanisation des Palestiniens est autorisée par la communauté internationale pour soutenir les attaques israéliennes à Gaza » a déclaré Philippe Lazzarini, le chef de l’UNWRA, l’agence pour les réfugiés palestiniens.

11 décembre : 18 205 Palestiniens ont été tués et 49 645 blessés. Mais on n’oubliera pas tous les Gazaouis enfouis sous les décombres, sans doute plusieurs milliers. Israël affirme avoir « éliminé » environ 7 000 combattants du Hamas mais cela ne représente sans doute qu’à peine un quart des membres du Hamas. Des bataillons intacts seraient toujours présents surtout dans le sud de la bande de Gaza. D’ailleurs, des tirs de roquettes continuent et, le 11 décembre, la banlieue de Tel-Aviv a encore été atteinte causant des dégâts matériels et blessant une personne.

11 décembre : quatre pays de l’Union européenne ont écrit à Charles Michel, président du Conseil européen, pour demander d’appeler à un cessez-le-feu immédiat. Il s’agit de l’Espagne, l’Irlande, Malte et la Belgique. En revanche, trois pays demandent des sanctions visant le Hamas : l’Allemagne, l’Italie et… la France !

Dernières nouvelles (12 novembre) :

Ce sont 86 journalistes qui ont été tués à Gaza et le père du dernier l’a été aussi, hier, « grâce » à l’Intelligence Artificielle. Encore un médecin de Médecins sans Frontière tué dans l’hôpital al-Awda, dans le nord. Le Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires (OHCA)  annonce que les habitants de Rafah ont « désespérément besoin de nourriture, d’eau, d’abri, de santé et de protection ».

Martine Sevegrand

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