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Municipales : naufrage du PS et abstention record

Pour ce deuxième et ultime round des municipales, marqué par une nouvelle abstention record (38,5%) qui a maintenu son cap, loin des urnes, le naufrage de la gauche, dominante institutionnellement, est historique, ne trouvant aucune bouée de sauvetage providentielle pour maintenir la tête hors de l’eau, alors que nombre de ses fiefs sont passés sous pavillon UMP et UDI,  et que 14 villes ont été conquises par le FN.

Au total, ce sont 155 villes de plus  9 000 habitants qui ont changé de couleurs, délaissant le rose de la désillusion pour le bleu ciel de la revanche, reste à savoir si les six ans qui viennent verront poindre une éclaircie politique à l’horizon…

La Bérézina socialiste et « Hollandaise » c’est maintenant, et à l’heure de faire l’autopsie de cette déroute politique, le remaniement ministériel, c’est pour quand ? Telle est la question obsédante qui met en ébullition la microsphère médiatique, sans que l’on sache réellement si elle est inscrite à l’ordre du jour de l’agenda très fluctuant du président disqualifié, critiqué pour son indécision. Et quand bien même changerait-on cette équipe gouvernementale qui perd, est-ce véritablement là l’essentiel ?

En Seine-Saint-Denis, les enjeux de ce dimanche 30 mars ont échoué à mobiliser des électeurs en pleine crise de défiance face aux manquements et errements de la classe politique et notamment de leurs élus locaux, la désaffection des bureaux de vote ne faiblissant pas d’un pouce par rapport au 1er tour.

Si la gauche a coulé à pic à l’échelle nationale, elle a aussi pris l’eau et sombré dans certaines communes du 93, bien qu’étant solidement amarrée depuis 95 ans, comme c’est le cas à Bobigny. En cette trêve dominicale de toutes les fins de règne, la victoire éclatante de l’outsider Stéphane de Paoli a fait basculer la ville rouge dans le camp du centre droit, l’UDI, détrônant la mairesse sortante, Catherine Peyge, et infligeant une claque cinglante à l’Union de la gauche (PC et PS) qui se croyait insubmersible, convaincue, dans son aveuglement, que l’électorat musulman lui était acquis. Un électorat qui, comme tous les autres, n’hésite pas à faire usage de la seule once de pouvoir dont il dispose pour manifester sa colère, ses désillusions, son ressentiment, quand on lui dénie, par ailleurs, la légitimité de s’investir politiquement : le vote sanction.

Notre site Oumma.com a récemment diffusé une vidéo édifiante, dans laquelle Stéphane de Paoli était violemment interpellé par un partisan de la gauche laïcarde au pouvoir, lui reprochant d’avoir mis sur sa liste une jeune femme voilée en position éligible.

Ce sentiment d’invicibilité, très répandu à gauche comme à droite dans des fiefs réputés imprenables, animait également l’arrogant et très paternaliste Eric Raoult, jusqu’à ce que le verdict des urnes le déloge enfin de sa forteresse. Battu à plate couture par la liste divers droite menée par Jean-Michel Genestier, l’ex-seigneur du Raincy a finalement été emporté par les violents courants contraires d’affaires sulfureuses qui ont mis en lumière son règne sans partage et peu glorieux.

Oumma.com et OummaTv avaient dernièrement dénoncé la gestion opaque du « Neuilly du 93 », ainsi que l’acharnement, teinté de racisme, de son désormais ex-maire contre le club de fitness Orty Gym. Nous avions alors donné la parole à Me Brigitte Kadri, avocate de l’établissement, et à sa cliente, Linda Ellabou, afin de faire éclater au grand jour les graves dérives d’un harcèlement politicien qui a franchi la ligne jaune, après avoir enfreint allègrement les limites de la légalité en matière de « discrimination religieuse et de trafic d’influence ».

A Montreuil, le grand retour dans l’arène politique de Jean-Pierre Brard a fait un flop magistral, contraint de s’incliner devant le communiste Patrick Bessac et son front de gauche qui ont supplanté l’ancien maire, connu comme le loup blanc pour son dogmatisme laïc, sauf, manifestement, par l’Union des associations musulmanes du 93 qui l’a soutenu de manière inconditionnelle. Erreur stratégique, manque de discernement, à moins qu’elle n’ait été prise d’amnésie, l’UAM du 93 aurait-elle effacé de sa mémoire certaines prises de position peu propices au vivre-ensemble qui ont émaillé le mandat de son candidat favori, telles que l’arrêté municipal pris en 2004 pour interdire un défilé de « prêt à porter des femmes musulmanes » ?

Enfin, pour conclure sur une note plus rose, sans qu’elle soit pour autant aux couleurs du parti de la rose, la commune de Stains a créé l’événement en élisant son premier maire issu de la diversité, Azzédine Taïbi, 49 ans, d’origine algérienne, représentant l’Union de la gauche, lequel peut se targuer d'avoir été plébiscité par 50,33% des suffrages. Une victoire symbole, à marquer d’une pierre blanche, même si elle ne doit pas occulter la très forte abstention (56%) qui, là encore, jette une ombre sur ce scrutin majeur de la politique locale, par ce qu’elle révèle du profond désenchantement qui a gagné l’ensemble du corps électoral.

  

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