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Mahmoud Sarsak rejette l’invitation du Barça à cause de la présence de Gilad Shalit

Le rapt de Mahmoud Sarsak, l’étoile montante du football palestinien, suivi de son incarcération, le 22 juillet 2009, puis d’une grève de la faim, longue de 95 jours, qui lui a fait frôler la mort, entamée avec quelque 1 600 à 2 000 détenus palestiniens, en signe de protestation contre l’arbitraire de la détention administrative, avaient ému la planète football à l’échelle internationale. De grands noms du ballon rond ont oeuvré à sa libération immédiate, tout en s’opposant publiquement à la tenue de la coupe d’Europe junior de football en Israël, en 2013.  

Relaxé le 10 juillet dernier, Mahmoud Sarsak, bien rétabli, a décliné l’invitation du prestigieux club Barça de Barcelone, et pour cause ! Il aurait dû partager l’affiche avec le soldat israélien Gilad Shalit, une présence pour le moins incongrue, à mille lieues de l’univers footballistique, et une perspective impensable pour Mahmoud Sarsak, victime de la cruauté de l’armée israélienne d’occupation.

Dans la vidéo ci-dessous, l’espoir du sport palestinien justifie son refus, alors même que l’annonce de la venue de Gilad Shalit a suscité une levée de boucliers, d’autant plus qu’il fut le premier à être approché par le Barça, Mahmoud Sarsak n’ayant été sollicité que pour équilibrer les choses ou « faire bonne mesure ».

Cette volonté de normaliser les relations entre colonisateurs et colonisés, entre les bourreaux de l’Etat hébreu et les victimes palestiniennes, les grandes laissées-pour-compte, par un club admiré qui bénéficie d’un immense capital sympathie dans le monde, et notamment en Palestine, est proprement sidérante.

Mahmoud Sarsak fait part de sa stupeur et de son indignation (source Capjpo-Europalestine)

L’équipe du Barça est de loin la plus vénérée par tous les jeunes Palestiniens qui apprécient son talent et ne rateraient pour rien au monde l’un de ses matches. Mahmoud se dit donc honoré de recevoir une telle invitation. "j’aurais bien aimé venir représenter la Palestine àcette occasion", dit-il.

Mais il ne peut en aucun cas l’accepter, car Gilad Shalit n’est pas un sportif mais un soldat qui a participé aux bombardements de populations civiles, à des massacres et à des destructions de maison.

"Comment, alors que j’ai été torturé par l’armée israélienne en tant que sportif palestinien, pourrais-je accepter de me donner en spectacle en compagnie d’un soldat israélien ?"

"Shalit est le symbole du fusil tourné vers nous, alors que moi le footballeur, je véhicule un message de paix et d’amour".

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