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Les images d’un harcèlement sexuel à l’université du Caire créent une vive controverse

Le harcèlement sexuel en Egypte, cette « 11ème plaie » nationale pour certains et tabou difficile à briser pour d'autres, est devenu la triste marque de fabrique d’un pays en proie à des frustrations de tous ordres, touchant toutes les femmes sans distinction, voilées ou non voilées, dont plus de 90% d’entre elles ont eu à subir sa forme la plus commune, les mains baladeuses, souvent sous les quolibets vulgaires ou les injures.

En dépit des initiatives efficaces prises par les victimes elles-mêmes pour tenter d'enrayer un fléau grandissant que les autorités échouent, sciemment ou non, à éradiquer, comme c’est le cas au Caire avec la création de la carte interactive « Harassmap.org » qui permet aux proies potentielles de témoigner en temps réel de leur agression, les nouveaux cas de harcèlement sexuel continuent de surgir régulièrement, noircissant un tableau déjà bien sombre.

Dans une université de la capitale Cairote, ce n’est pas tant la tenue d’une jeune femme voilée, vêtue d’un pantalon moulant et d’un haut rose fushia, qui a provoqué un tollé, que les propos tenus à chaud par le doyen de l’Université, Gaber Nassar. En effet, celui-ci a d’abord critiqué l’apparence de l’étudiante, cautionnant ainsi l’émeute qu’elle a déclenchée sur son passage, avant de se raviser face à l’ampleur de la controverse.

La vidéo mise en ligne, et qui a enflammé les réseaux sociaux, montre la jeune femme entourée de vigiles, après que ceux-ci soient parvenus à l’exfiltrer des toilettes où elle s’était réfugiée, tentant de se frayer un chemin, sous les huées, vers la sortie la plus sûre. Comble de l’ironie ou de l’horreur, cette scène d’un autre âge a eu lieu le dimanche 16 mars, journée symbolique dédiée à la femme égyptienne !

Lors de la première phase de sa réaction en deux temps, le doyen de l’Université avait reproché à l’étudiante sa trangression vestimentaire :  "Cette étudiante est entrée dans l'enceinte de l'Université vêtue d'une abaya par-dessus ses habits parce que la sécurité ne laisse pas entrer d'étudiants portant des tenues extravagantes", a-t-il déclaré à la télévision privée ONTV. La jeune fille aurait retiré son abaya une fois à l'intérieur, selon lui, ce qui lui a fait dire : "Nous n'imposons pas de tenue particulière mais il faut respecter les coutumes et les traditions de la société". Or, en Egypte, où la grande majorité des femmes sont voilées, l'abaya n'est pas la norme, tandis que les étudiantes sont majoritairement habillées à l'occidentale. 

Fustigé par des militantes égyptiennes des droits des Femmes, parmi lesquelles Mariam Kirollos a appelé sur Twitter  à son "limogeage", tout en exigeant de sa part des "excuses publiques à l’endroit de l’étudiante traumatisée", et que soit diligentée une "enquête immédiate", Gaber Nassar est revenu, sous la contrainte, sur ses déclarations intempestives pour blâmer les agresseurs de la jeune femme et demander qu’ils soient traduits en justice, tout en exonérant la victime de toute faute ou responsabilité.

Les images du harcèlement qui ont embrasé les réseaux sociaux en Egypte

L'ONU Femmes (ou Nations Unies pour l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes), dans le cadre de son programme "Villes sûres: Zéro violence à l’encontre des femmes et des filles", a publié une vidéo, en décembre 2013, "Mets-toi à sa place, au lieu de trouver des façons de la blâmer!".

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