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L’Arabie saoudite recrute 100 femmes au sein du ministère du Hajj : une première qui divise sur les réseaux sociaux

Quand des frémissements sont perceptibles dans l’autonomisation des Saoudiennes, à l’image de la décision, saluée en haut lieu comme une première historique, de recruter au sein du ministère du Hajj six femmes qui seront les interlocutrices privilégiées de leurs coreligionnaires venues en pèlerinage, ils font immanquablement débat dans la société, la divisant en deux clans irréconciliables. 

Cette avancée politique notable en faveur de l’implication des femmes dans la vie publique, dont certains estiment même qu’elle est frappée au coin du bon sens, à l’instar d’un blogueur saoudien qui a appelé à poursuivre dans ce sens "On devrait embaucher encore plus de femmes pour répondre aux attentes des pèlerins femmes", a-t-il écrit, n’échappe toutefois pas à la règle, ni aux jugements à l’emporte-pièce et encore moins aux archaïsmes qui ont la vie dure.

Faisant fi des joutes houleuses que la présence de ces six nouvelles recrues dans les bureaux du ministère à Médine a déclenchées sur le Net, les autorités saoudiennes ont annoncé une deuxième vague de recrutement, se félicitant d’intégrer prochainement 100 femmes au total à La Mecque.

Parmi les irréductibles opposants au changement, aussi minime et en douceur soit-il, nombre de Saoudiens, accros aux réseaux sociaux, ont cliqué sans retenue leur désapprobation la plus vive, se faisant plus royalistes que le roi…

"De tels emplois exigent un haut niveau d'endurance, que les femmes n’ont pas. Nous, nous avons besoin d'hommes pour aider les pèlerins et rectifier les erreurs et les idées fausses à propos de l’accomplissement du pèlerinage", a protesté un internaute, tandis qu’un autre lui faisait écho, mais l’argument avancé s'avérant au final peu flatteur pour la gent masculine : "Ces employées femmes vont bientôt se plaindre d’être victimes de harcèlement de la part de leurs collègues de travail ou des pèlerins."

"La place des femmes est à la maison, elles n’ont pas à chercher un emploi !", s’est emporté un autre, jouant les oiseaux de mauvais augure : "Une telle décision aura un impact  catastrophique pour les familles. Il est inacceptable que l’on autorise les femmes à se mêler aux hommes !".

Est-ce à dire que ce bastion du conservatisme religieux qu’est le royaume saoudien serait plus progressiste en matière de droits des femmes que ses propres sujets ? Alors qu’il campe sur ses positions d’une rare intransigeance sur la question des femmes au volant, il faut cependant lui reconnaître qu’il a envoyé quelques signes d’assouplissement encourageants, même s’ils restent élitistes et symboliques, comme la nomination en 2013 de 30 femmes à la Choura (Assemblée consultative), ou encore le droit pour les femmes de se présenter aux élections municipales 2015, voire même de s’inscrire sur les listes électorales pour prendre part au vote.

Un commentaire

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  1. C’est une bonne chose,
    Ceux qui sont contre doivent peut etre savoir que pendant toute la durée du hadj (pelérinage), le hadj homme ou femme est en liaison continue avec Ellah, il n y a plus de femme ni de homme, il y a créature et créateur.

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