Alors que le Conseil de la Choura, l’organe consultatif officiel de l’Arabie saoudite, planche sur l’élaboration d’une nouvelle loi criminalisant « l’indécence », une première série d’infractions punissables d’amendes pouvant s’élever à 700 euros ou de peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à cinq mois ferme a été rendue publique dimanche dernier, dans les colonnes du journal gouvernemental Okaz.
Parmi les 45 « offenses antisociales » aux bonnes mœurs qui ont été recensées pour être durement sanctionnées, les odeurs nauséabondes dans les mosquées laissent flotter l’étrange parfum du « racisme contre les travailleurs étrangers » pour un grand nombre de Saoudiens qui s’en sont émus.
Si le Dr Fayez al-Shahri, membre du Conseil de la Choura, s’est félicité de ce durcissement de la loi en vigueur, ses concitoyens ont été en revanche nombreux à protester sur Twitter, via le hashtag # تجريم_الفنيله_والسروال “La criminalisation des vestes et des pantalons “, contre ce qui est désormais considéré comme un véritable « crime » : se rendre dans les mosquées en ne sentant pas la rose, ou revêtus de vêtements pas très propres ou jugés inappropriés.
Aux yeux des twittos saoudiens en colère, cette discrimination à peine voilée vise les ouvriers immigrés qui, une fois leur dur labeur accompli sous un soleil de plomb, vont se recueillir à la mosquée en fin de journée.
Hormis cette infraction qui fâche, les premières mesures phares du projet de loi sur la protection de la décence publique ont été, dans leur ensemble, très bien accueillies par la population saoudienne, notamment celles qui répriment les violations des droits des personnes handicapées, le vandalisme, le jet de détritus, les nuisances de tous ordres, la maltraitance animale, ou encore la musique près des mosquées, les prises de vue immortalisant les accidents de voiture sur les téléphones portables, sans oublier la nudité dans l’espace public.

